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Economie Publié

L’OCP suspend temporairement tout acheminement de cargaisons vers le Kenya

Près d’une semaine après la médiatisation du bras de fer opposant les autorités kényanes à l’OCP Kenya, l’Office chérifien des phosphates annonce la suspension de l’acheminement de cargaison vers ce pays. Une décision qui intervient après un incident survenu cette semaine, relatif à une autre cargaison transportée par le MV Mykonos Bay. Détails.

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Photo d'illustration. / DR

Alors que de «graves accusations» sont portées contre OCP Kenya, l’Office chérifien des phosphates nous indique ce vendredi qu’il a «suspendu temporairement tout acheminement de cargaisons vers le Kenya». Une décision qui «devra permettre à OCP Kenya de consacrer l’ensemble de ses ressources pour fournir, en priorité, un soutien total aux autorités kenyanes mandatées, jusqu’à ce que cette affaire soit entièrement résolue», nous dit le groupe marocain.

Un embargo imposé au navire de l’OCP à Mombasa ?

A l’origine de cette affaire, plusieurs articles parus jeudi dans la presse kényane, faisant état d’un «navire transportant 10 000 tonnes d’engrais marocain à Mombasa [ayant] fui en haute mer pour éviter que sa cargaison soit testée avant d’être déchargée». Le journal kényan Daily Nation a également rapporté jeudi que «le directeur des enquêtes criminelles, George Kinoti, a déclaré qu’il saisira Interpol pour s’assurer que ce navire n’accostera pas» avant son arrivée au Maroc.

Rappelant que l’OCP Kenya «a été accusé par le gouvernement d’importer des engrais contaminés au mercure», le journal indique que les autorités portuaires de Mombasa ont refusé d’autoriser le navire à accoster et auraient demandé des échantillons de la cargaison pour effectuer des tests.

Le navire MV Mykonos Bay. / Ph. DRLe navire MV Mykonos Bay. / Ph. DR

«D’autres tests auraient obligé le navire à accoster à Mombasa pour deux semaines supplémentaires en attendant l’autorisation. OCP y voit des méfaits pour ses produits et soupçonne ses concurrents de tenter de saboter ses opérations au Kenya», confie Alfred Ng’ang’a, qui «s’exprime au nom de l’OCP Kenya».

Le navire dérouté sur décision de l’OCP

De son côté, le groupe affirme qu’il «respecte scrupuleusement les normes éthiques les plus strictes dans ses pratiques commerciales et ses activités de production. Notre gouvernance repose sur des valeurs fortes ancrées dans l’intégrité, l’éthique et un engagement conforme aux plus hauts niveaux de qualité».

«Dans ce contexte, OCP a pris la décision de dérouter le navire MV Mykonos Bay. Il est important de signaler qu’il a été dérouté dans les eaux internationales.»

Groupe OCP

Un «imprévu causé à [ses] valeureux clients» que l’OCP qualifie de «fortement regrettable». «Mais [il] ne remet pas en question notre engagement envers le développement agricole du Kenya», conclut le groupe.

Le 23 juin dernier, l’OCP Kenya a exprimé son «étonnement quant aux accusations portées à son encontre et à celles de ses collaborateurs concernant l’importation au Kenya d’engrais jugés non conformes à la réglementation locale». Réfutant «catégoriquement les accusations adressées à son encontre», l’OCP Kenya a affirmé, dans un communiqué relayé par la MAP, que «la conformité de la cargaison a été attestée par plusieurs expertises indépendantes», et que le groupe OCP a «toujours opéré dans la plus stricte conformité aux standards nationaux et internationaux les plus élevés».

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