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Grand Angle

Le boycott de trois marques marocaines appelé à durer jusqu’à nouvel ordre ?

Lancée vendredi 20 avril par des pages Facebook, la campagne du boycott qui concerne trois entreprises marocaines se poursuit au lendemain des excuses officielles de l’une d’elles. La réussite de la campagne est parallèlement confirmée par un sondage du cabinet Averty. Détails.

Publié Temps de lecture: 3'
Photo d'illustration. / DR
Photo d'illustration. / DR

Au Maroc, la campagne de boycott de trois entreprises nationales, lancée le 20 avril dernier par des pages Facebook et relayée par les internautes se poursuit. Mercredi soir, quelques heures seulement après la sortie médiatique de Centrale Danone, l’une des trois entreprises boycottées, et de Khalid Benkirane, son directeur d’achat, plusieurs internautes ont rompu le silence, affirmant ne pas accepter les excuses de la filiale marocaine de la multinationale française Danone.

Sur Facebook, principal réseau social utilisé par les Marocains, ces derniers déclarent aussi vouloir continuer la mobilisation, «jusqu’à ce que le prix du lait atteint 2,5 dirhams». Centrale Danone a déclaré auparavant qu’elle «n’a pas augmenté le prix du lait», qui a été maintenu «inchangé (…) depuis juillet 2013». Son communiqué de presse étant plutôt destiné à apaiser la colère des consommateurs.

La réussite de la campagne confirmée par Averty 

Pour le moment, Miriem Bensaleh-Chaqroun, à la tête de la société «Eaux Minérales d’Oulmès» et présidente sortante de la Confédération générale des entreprises du Maroc n’a pas réagi à la campagne de boycott visant pourtant l’une de ses marques, à savoir l’eau minérale Sidi Ali. Pourtant, Aziz Akhannouch, propriétaire majoritaire de Akwa Group qui détient Afriquia s’était exprimé sur le sujet. «Les produits marocains continuent d’évoluer et la réalité sur le terrain ne sera pas stoppée par le web», a-t-il lancé en marge de sa participation, sous sa casquette de ministre de l’Agriculture, au Salon international de l'agriculture de Meknès (SIAM). Une fuite en avant puisqu’à la clôture de la Bourse de Casablanca, lundi 30 avril, les titres de son entreprise Afriquia gaz et de Centrale laitière, ont figuré parmi ceux ayant fait face à une baisse, avec respectivement -5,97% et -5,69%. 

De plus, «le web» aurait démenti les propos tenus par Aziz Akhannouch. Mardi soir, le cabinet d’études de marché et de sondages d’opinion Averty a publié les résultats d’un sondage mené en ligne les 28 et 29 avril auprès des Marocains. Selon les résultats du sondage rendus publics, 89% des internautes sont au courant de cette campagne de boycott, dont 79.8% qui ont entendu parler de l’appel au boycott à travers les réseaux sociaux, 15.1% à travers les amis et connaissances, 4.3% à travers la presse puis 0.8% via d’autres sources. Averty indique aussi que «79.8% des répondants ont confirmé leur support à cette campagne» et 24% seulement des 20.2% restants refusent d’y adhérer.

«Par ailleurs, 90.1% des répondants estiment que cette campagne peut avoir un impact sur les sociétés ciblées dont 69.8% considèrent que l’impact sera très grand, 20.3% considèrent que l’impact sera moyen alors que 9.9% seulement estiment que l’impact sera faible ou inexistant.»

Des objectifs qui se précisent mais des liens qui demeurent flous

Sur la question relative aux origines de la campagne, 76.7% des répondants, qui sont au nombre de 1072 personnes représentant toutes les tranches d’âge et de l’ensemble des 12 régions du Maroc, déclarent que la campagne émane d’un mouvement purement populaire. Seulement 16.6% considèrent que des acteurs politiques serait à l’origine de la campagne de boycott.

D’ailleurs, sur cette question, plusieurs pages ont prétendu être à l’origine de cette campagne virtuelle, très vite soutenue par les Marocains. Au final, trois pages Facebook se distinguent : la page «Wavo», la page «Casa Bel Visa» ainsi que la page «Kifaa7». Sur cette dernière, une vidéo attribuée au Marocain qui serait derrière cette campagne de boycott revient sur les questions posées par les Marocains depuis le lancement le 20 avril dernier.

L’occasion pour la page de justifier le choix de trois marques seulement, les rapports flous entre la campagne et le PJD ainsi que ses objectifs. «Nous combattons les entreprises monopolistes qui détiennent plus de 60% de leurs marchés. Nos objectifs sont de briser cet accaparement et de créer une concurrence», affirme-t-on dans un commentaire sur une vidéo.

Quant à la présumée implication du PJD, la même voix est tranchante : «Nous ne nous intéressons pas aux personnes, si elles sont les ennemis du PJD, du diable ou de Dieu. Si Centrale Danone appartenait à (Abdelilah) Benkirane, nous l’aurions boycotté parce que notre campagne est destinée à pousser les consommateurs marocains à changer leurs habitudes de consommation en favorisant les petites entreprises.»

Des arguments qui, chiffres à l’appui, continuent de convaincre encore plus de Marocains. Et en l’absence donc d’actions concrètes des entreprises concernées face à ce boycott, ce dernier ne peut que durer jusqu’à nouvel ordre…

Moha_jeune
Date : le 04 mai 2018 à 01h59
Effectivement la compagne de boycott ciblee est anti-democratique et fausse l'esprit de concurrence. Mais personne n'a pousse Monsieur Akhennouch ni Madame Bensalh a s'engager en politique, d'autant plus qu'ils n'ont pas de projet democratique a proposer. La maniere avec laquelle les parlementaires d'Akhennouch sont elus est loin d'etre democratique. J'en ai vu certain depenser des fortunes utiliser des mokaddems et assemblees ethniques comme rabatteurs d'electeurs. Je suis une personne allergique aux islamistes, mais force est de constater que sur les 30% d'electeurs marocains qui n'avaient pas boude les urnes le PJD a rafle une majorite de voix qui ne s'est pas traduite par un ras de marree au parlement a cause du mode de scrutin proportionnel a liste. C'est etonant qu'un candidat puisse gagner un siege avec 7 000 voix alors qu'un islamiste du PJD qui rafle 30 000 voix ne peut elire ni son deuxieme ni son 3eme de la liste. Et les candidats du PJD sont pauvres pour la plupart et n'ont depense que quelques millions de centimes en compagne elecorale. Il suffit d'une renault express et un megaphone pour gagner une election. Tant que Monsieur Akhennouch ne defend pas un projet democratique, pire il utilise sa proximite politique avec les hautes spheres pour faire fructifier ses affaires il ne pouvait pas s'attendre a recevoir des fleures du peuple d'en bas. A sa place je serai l'ami des politiciens, mais je reste dans l'ombre pour proteger mes affaires. Enfin en tant que sympatisant de la cause berbere, l'objectivite m'empeche de soutenir par relexe ethnique ni Akhennouch ni Bensalh parceque ils sont berberes. Pour moi le Maroc est pluriel et la nation nous unit dans notre diversite. Je constate agreablement tout de meme que le souverain depuis quelques annees promeut les personalites bereberes dans toutes les spheres de l'etat pour equilibrer la ballance des pouvoirs economiques et politiques qui jusqu'a recemment est dominee sans partage par les descendants de refugies andalous ainsi que ceux qui se revendiquent de la descendance cherifienne
Citation
FATEM95 à écrit:
Cette campagne est absurde. Il n'y a qu'une chose qui casse les monopoles dans un économie de marché où les clients sont libres: c'est la concurrence. Or en matière d'eau il y tellement de marques que je serai incapable de les citer et elles sont toutes au même prix si mes souvenirs sont bons. En tout cas pour les eaux minérales. Pour le lait il y a Centrale, marque phare et mythique mais il y en a d'autres. De même pour Afriqia, là aussi ils sont ils ne sont pas en situation de monopole mais ils sont les meilleurs. Je rentre occasionnellement au Maroc et je ne m'arrête jamais ailleurs que chez, pas parce que je ne suis pas admirateur de Akhannouch mais parce qu' ils sont aux standards internationaux. Je crois que les marocains ont hérité quelque chose des Français, ils n'aiment pas la réussite des autres. En boycottant des fleurons de l'Industrie Nationale, c'est l'Industrie nationale qu'on affaiblit. Autre absurdité: on défend le peuple et on boycotte l'eau minérale, le yaourt et le carburant. Une question: Est-ce des produits de consommation populaire ?
bouloulou4
Date : le 03 mai 2018 à 19h15
Ce n'est pas pour défendre le consommateur mais une action politique pour nuire aux intérêts de certaines personnalités politiques. On ne sait même pas qui a coordonné cet appel.
moss_26176
Date : le 03 mai 2018 à 16h48
Le problème au Maroc c'est que même les gardiens de parking s'entendent entre eux et pourtant ils sont nombreux et se battent entre eux pour chaque coin de rue... Le prix des eaux embouteillés est exorbitants comparer à l'Europe, y a sûrement entente, et en même temps l'eau du robinet est potable et casi-disponible dans la totalité du territoire.
FATEM95
Date : le 03 mai 2018 à 14h42
Cette campagne est absurde. Il n'y a qu'une chose qui casse les monopoles dans un économie de marché où les clients sont libres: c'est la concurrence. Or en matière d'eau il y tellement de marques que je serai incapable de les citer et elles sont toutes au même prix si mes souvenirs sont bons. En tout cas pour les eaux minérales. Pour le lait il y a Centrale, marque phare et mythique mais il y en a d'autres. De même pour Afriqia, là aussi ils sont ils ne sont pas en situation de monopole mais ils sont les meilleurs. Je rentre occasionnellement au Maroc et je ne m'arrête jamais ailleurs que chez, pas parce que je ne suis pas admirateur de Akhannouch mais parce qu' ils sont aux standards internationaux. Je crois que les marocains ont hérité quelque chose des Français, ils n'aiment pas la réussite des autres. En boycottant des fleurons de l'Industrie Nationale, c'est l'Industrie nationale qu'on affaiblit. Autre absurdité: on défend le peuple et on boycotte l'eau minérale, le yaourt et le carburant. Une question: Est-ce des produits de consommation populaire ?
Dernière modification le 04/05/2018 01:59
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