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Mohamed Abbadi : L’expérience du PJD au gouvernement est «un échec retentissant»

De la participation d'Al Adl Wal Ihsane aux Hirak du Rif et de Jerada, à l'évaluation de l'action du gouvernement du PJD, Mohamed Abbadi a fait le point à l'occasion d'une interview accordée au site qatari Aljazeera.net.

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Mohamed Abbadi évalue sévèrement l'expérience du PJD à la tête de l'exécutif. DR
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Le secrétaire général d'Al Adl wal Ihsane (AWI) a accordé une interview au site de la chaîne d'information qatarie Al Jazeera. L’occasion pour Mohamed Abbadi de répondre, via un média international reconnu, à ceux qui accusent son association d'être derrière les mouvements de contestation que connaissent certaines régions du Maroc.

AWI «participe» à ces marches et sit-in «parce qu’elles sont parties intégrantes du peuple (...), mais ne conduit pas ces protestations», a-t-il reconnu. Il a également admis que la Jamaâ «encadre d'une certaine manière» ces actions, «mais nous ne conduisons pas cet encadrement. Nous participons à ces protestations et nous veillons à ce qu'elles ne dérapent pas. Nos frères représentent la soupape de sécurité» lors de ces formes de contestation.

Les disciples d'AWI ont activement pris part à la mobilisation du Rif. Abbadi a même révélé, dans une interview à la Web TV de son mouvement, avoir participé «à titre personnel à des marches à Al Hoceima». Une implication couronnée par l'organisation de la grande marche de solidarité avec le Hirak du Rif, le 11 juin à Rabat.

Abbadi évalue sévèrement l'expérience du PJD au gouvernement

L'interview a permis également au secrétaire général d’AWI d'évaluer les six années du PJD, depuis janvier 2012, à la tête des gouvernements Abdelilah Benkirane I et II, et désormais avec celui dirigé par Saâdeddine El Othmani.

«Nous sommes face à un échec majeur et retentissant» de cette phase qui est toujours en cours, juge Abbadi. Et de tacler sévèrement le slogan soulevé, non sans euphorie, par les islamistes de la Lampe depuis 2012, en l’occurrence «la réforme sous la stabilité».

«La stabilité est une conséquence de la justice (...) C'est la justice qui garantit la réelle stabilité.»

Malgré cette évaluation sans concession de l'expérience PJDiste, Mohamed Abbadi a souligné que AWI «ne refuse pas le changement qui s'opère à l'intérieur des institutions», une fois que les conditions «d'une réelle démocratie» seront réunies. «Chez nous, la démocratie est juste un accessoire présenté à l'étranger, mais ce sont les instructions qui sont en vigueur à l'intérieur et qui n'obéissent à aucune loi, crédibilité ou légitimité», a-t-il déploré.

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