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Imbroda sollicite Rajoy pour renforcer l’«espagnolité» de Melilla

Dans quelques heures, le chef du gouvernement espagnol accordera une audience au président de Melilla, qui prévoit de demander les aides de Madrid. Arguant que l’Espagne commence à sortir de la crise, il considère nécessaire de renforcer l’«espagnolité» de la ville.

 
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Juan José Imbroda, président de Melilla / Ph. DR.
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Juan José Imbroda, président de Melilla, se réunira en fin d’après-midi ce mardi avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Il s’est déjà préparé à ce rendez-vous qu’il espère décrocher depuis l’été dernier. Au cours de cette rencontre, il compte plaider pour davantage de moyens financiers au profit de la ville, durant les cinq années à venir.

Pour lui, l’heure est plus que jamais propice à demander des aides. A la veille de son déplacement à Madrid, cité par la presse et relayé par le site Melillahoy, Imbrola a déclaré ainsi : «L’économie de ce pays va crescendo. L’Espagne enregistre une croissance et désormais, il y a des possibilités pour, enfin, solliciter plus d’argent et réaliser plusieurs choses.»

Une économie locale qui marche grâce au Maroc

Dans sa plaidoirie, Imbroda ne s’appuie pas uniquement sur la situation économique. Il y ajoute une forte dose de nationalisme. Une tactique qui pourrait porter ses fruits, sachant que son interlocuteur partage largement les mêmes idées. En effet, Imbroda et Rajoy appartiennent tous deux à la même famille politique, à savoir le Parti populaire (PP). Aussi le président de Melilla affirme que l’aide madrilène ne fera que renforcer l’«espagnolité» de l’enclave : «Je crois que cette ville a un avenir, mais je suis convaincu que celui-ci se fera sous le drapeau de l’Espagne.»

L’enthousiasme de Juan José Imbroda est toutefois mesuré. En exercice depuis 17 ans, il est parfaitement conscient que la marge de manœuvre du chef de l’exécutif est étroite. Pour cette raison justement, il déplore l’absence d’un parti hégémonique en Espagne, reconnaissant qu’il s’agit là d’«une malchance». D’ailleurs, le gouvernement de Rajoy est minoritaire à la Chambre basse du Parlement. Il est contraint donc de gouverner avec cette épée de Damoclès sur la tête. C’est également l’une des raisons pour laquelle l’adoption de projets de loi capitaux pour le pays accusent du retard, en témoigne le PLF de 2018.

Par ailleurs, l’économie de Melilla est complètement tournée vers le Maroc. Elle évolue grâce aux flux quotidiens des colporteurs venus de Nador et aux touristes marocains, notamment durant la période des soldes (deux fois par an), ce qui reste insuffisant. A Melilla, le chômage affecte 24,6% de la population active, 20,5% chez les hommes et 30,7% chez les femmes. Son PIB est estimé à 1 494 millions d’euros, occupant ainsi l’avant-dernière place dans le classement des régions et des villes autonomes d’Espagne.

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