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Société Publié

France : Le gouvernement dévoile son plan de lutte contre la radicalisation

L'exécutif français suggère d’investir en premier lieu l’école, en l’occurrence le collège et le lycée, et de renforcer le contrôle des établissements hors contrat.

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Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté, vendredi 23 février à Lille, le plan national de prévention de la radicalisation. @EPHILIPPEPM

Mieux vaut prévenir que guérir ; l’adage semble être le crédo du gouvernement français en matière de lutte contre la radicalisation. Le Premier ministre Edouard Philippe a réuni, ce vendredi 23 février à Lille, le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) afin de présenter le nouveau plan national de prévention de la radicalisation annoncé par le président Emmanuel Macron, rapporte Le Monde. Une dizaine de ministres l’ont accompagné, notamment Gérard Collomb (Intérieur), Nicolle Belloubet (Justice) et Jean-Michel Blanquer (Education nationale).

A la mi-journée, le Premier ministre a dévoilé soixante mesures qui constituent ce plan national de prévention de la radicalisation, baptisé «Prévenir pour protéger». Ces dispositions s’articulent autour de cinq axes, indique le gouvernement sur son site : prémunir les esprits face à la radicalisation ; compléter le maillage détection / prévention ; comprendre et anticiper l’évolution de la radicalisation ; professionnaliser les acteurs locaux et évaluer les pratiques ; adapter le désengagement.

Conformément à l’angle préventif privilégié par l’exécutif, ce dernier souhaite identifier le plus tôt possible les signes de dérives personnelles, précise Le Monde, alors que près de 11 000 personnes sont actuellement «prises en compte» par les services sur les 19 745 inscrites au 20 février dans le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.

Pour élaborer des critères d’analyse sans toutefois virer à la paranoïa, les services de Matignon s’inspirent de la décision du Conseil constitutionnel du 6 octobre 2010, qui avait validé la loi sur le voile intégral en introduisant la notion d’«exigences minimales de la vie en société».

Spécialiser des équipes d’inspecteurs académiques

Pêle-mêle, le gouvernement suggère d’investir en premier lieu l’école, en l’occurrence le collège et le lycée. La mesure n°2 de ce premier champ d’action prévoit ainsi de «développer plus particulièrement dans les quartiers sensibles les plans ‘devoirs’ et ‘mercredis’ pour mieux accompagner les élèves dans leurs apprentissages y compris en matière d’éducation aux médias, sur les temps scolaires et périscolaires».

Le rapport prévoit également de renforcer les contrôles des écoles hors contrat, ces établissements n’ayant pas signé d’accord avec l’État et, par conséquent, ne recevant aucune subvention. Il s’agit notamment, «au niveau national, [de] spécialiser des équipes d’inspecteurs académiques et [de] diffuser au niveau territorial un guide de bonnes pratiques sur les contrôles des établissements d’enseignements privés hors contrat». En France, ces écoles hors contrat restent minoritaires : elles scolarisent tout au plus 60 000 élèves de primaire et secondaire sur les 12,5 millions d’élèves scolarisés en France, soit 0,5% des effectifs, d’après Libération.

Réinsertion sociale

En matière de prise en charge des personnes susceptibles de présenter un risque, le gouvernement devait mettre en place un modèle alternatif au centre de «déradicalisation» de Pontourny, lancé en septembre 2016, dont l’expérience a été un échec.

Cette fois-ci, le ministère de la Justice va chapeauter la création de trois centres de prise en charge des personnes en voie de radicalisation à Marseille, Lyon et Lille. Ces structures s’inscriront dans le sillage d’une expérimentation menée à Paris depuis quatorze mois par l’Association de politique criminelle appliquée et de réinsertion sociale, et baptisée RIVE. Des équipes pluridisciplinaires composées d’éducateurs, de psychologues, de psychiatres et de référents religieux, entre autres, effectueront un suivi personnalisé.

Le dispositif, onéreux, semble toutefois avoir accouché de premiers résultats encourageants. Les personnes qui y seront admises seront sous contrôle judiciaire avant un jugement, ou après une condamnation dans le cadre d’un sursis avec mise à l’épreuve ou, enfin, comme aménagement de fin de peine.

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