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Sport   Publié

Diaspo #16 : Sofiane Oumiha, la passion du ring

Le jeune boxeur français d’origine marocaine a disputé les compétitions les plus prestigieuses, allant même jusqu’à monter sur le podium aux Jeux olympiques. Il dit sa passion pour la boxe mais aussi la difficulté de vivre de ce sport, notamment en France.

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Sofiane Oumiha est médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Rio en 2016 et champion du monde à Hambourg en 2017. / Ph. L.Argueyrolles/L'Equipe

22 ans et déjà un palmarès prestigieux. Médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Rio en 2016 (poids légers), champion du monde à Hambourg en 2017 (poids légers), le boxeur franco-marocain Sofiane Oumiha rafle un à un les titres mondiaux. Originaire de Toulouse, où il est né le 23 décembre 1994 - ses parents sont issus de Kasba Tadla (Béni Mellal-Khénifra) -, il débute la boxe à l’âge de 7 ans, s’interrompt deux ans puis, entraîné par ses cousins, renoue avec les salles d’entraînement à 9 ans. «En gros, ça fait 13 ans que j’en fais non-stop. Je m’entraîne deux fois par jour, à raison de 4 heures», raconte-t-il à Yabiladi.  

Le boxeur Sofiane Oumiha à Paris, le 23 août 2016, avec sa médaille d’argent obtenue aux Jeux olympiques de Rio. Ph. I. Harsin / A. Robert / SipaLe boxeur Sofiane Oumiha à Paris, le 23 août 2016, avec sa médaille d’argent obtenue aux Jeux olympiques de Rio. Ph. I. Harsin / A. Robert / Sipa

«Au début, je n’aspirais pas à une grande carrière, j’en faisais parce que j’aimais bien ça. Je jouais également au rugby en parallèle», ajoute-t-il. C’est sans compter les victoires qui s’enchaînent les unes après les autres et lui donnent à voir toujours plus haut. «J’enchaînais les compétitions et je voyais que ça marchait plutôt bien pour moi, donc je me suis prêté au jeu. Aujourd’hui, je ne fais que ça.»

Évoluant dans la catégorie des poids légers (moins de 60 kg), il décroche la médaille d’or aux jeux méditerranéens de Mersin (Turquie) en 2013, puis intègre l’année suivante l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), fleuron du sport de haut niveau en France. Double champion de France amateur en 2014 et 2015, il représente l’Hexagone lors des jeux européens de Bakou (Azerbaïdjan) en 2015 et remporte la médaille d’argent.

«Je ne pense pas m’être sacrifié»

Au premier tour du tournoi olympique, en 2016, il montrera ses capacités athlétiques dominant l’Américain Teofimo Lopéz par décision unanime des trois juges, relate Wikipédia. Opposé au vétéran thaïlandais Amnat Ruenroeng en huitièmes de finale, Oumiha perd le premier round avant de prendre le dessus jusqu'au 3ème round lorsque l'arbitre arrêtera le match. Ce succès contre l’ancien champion du monde professionnel IBF ouvre à Oumiha les portes des quarts de finale. Il remportera les deu combats suivants pour arriver en finale face au Brésilien Robson Conceição. Il s'inclinera pour ce dernier combat décrochant ainsi une médaille d’argent.

Sofiane Oumiha lors d’un entraînement à l’INSEP. Ph. B. Desprez/L’ExpressSofiane Oumiha lors d’un entraînement à l’INSEP. Ph. B. Desprez/L’Express

«Tous les boxeurs sont dangereux, je n’en crains pas plus que d’autres», confie Sofiane Oumiha. Un aplomb que le jeune homme a dû cultiver à force d’entraînements et de sacrifices, quoi qu’il reconnaisse ne pas avoir eu le sentiment de se priver. «Des sacrifices… Oui et non. Je ne pense pas m’être sacrifié parce que tout ça, je l’ai voulu. Bien sûr qu’il m’arrive de me priver pour pouvoir performer à haut niveau, ça demande énormément de travail, mais c’est moi qui l’ai voulu», insiste-t-il. A un âge où on apprécie volontiers les virées nocturnes, Sofiane Oumiha est catégorique : «La fête ne m’a jamais attiré, je ne suis pas un fêtard donc ça m’aide à conserver une bonne hygiène de vie. Le sommeil, l’alimentation, la récupération ; ce sont tous ces petits détails qui font la différence.»

Des «petits détails» qui lui ont fait gravir les sommets du sport de haut niveau, mais ne lui permettent pas pour autant de vivre de sa passion. «La boxe, ce n’est pas un sport qu’on pratique pour l’argent, mais pour le plaisir avant tout. Rares sont les boxeurs qui arrivent à en vivre. En France, il y a peut-être moins de moyens que dans d’autres pays, comme les Etats-Unis, mais la qualité des boxeurs est là», assure Sofiane Oumiha.

En attendant, le boxeur nourrit un projet qui lui tient à cœur : l’ouverture d’une salle d’entraînement à Toulouse en mars 2018 «pour pouvoir m’entraîner et entraîner». Parallèlement, il passe son diplôme d’éducateur-entraîneur. Pour pouvoir, peut-être, donner la possibilité à d’autres de culminer les sommets.  

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