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Société Publié

L’IAV et le ministère de l’Agriculture sourds au jugement en cassation en faveur du docteur Mohamed Faid

Le professeur Mohamed Faid a décidé de sortir du silence qui entourait son déclassement au sein de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV), où il travaillait comme professeur conférencier - un poste qu’il a été contraint de quitter. La décision de la Cour de cassation pour qu’il rejoigne son poste ne trouve pas d'écho auprès du ministère de l'Agriculture et de l’Institut de recherche.

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L’IAV et le ministère de l’Agriculture sourds au jugement en cassation en faveur du docteur Mohamed Faid. / Ph. Agence Anadolu

C’est une épreuve de force qui se joue entre le docteur Mohamed Faid d’une part ; l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV) à Rabat et le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime d’autre part. En juillet 2015, ce nutritionniste n’a pas perçu son salaire après avoir passé 30 ans en tant que chercheur au département des sciences de l'alimentation et de la nutrition de l’IAV. Il a été licencié indirectement, raconte-t-il dans une publication sur Facebook : «On m'a dit que je ne faisais plus partie du personnel de l'Institut où je travaille.»

Informé a posteriori, on lui apprend qu’il a été muté à la Direction régionale de l’agriculture à Rabat, et ce jusqu’à sa retraite. Il explique qu’il a d’abord choisi la voie de la justice, qui est allée jusqu’au bout de la procédure et lui a donné raison. Après le tribunal administratif de Rabat, la cour d’appel et de cassation ont demandé sa réintégration et son indemnisation à hauteur de 2 000 dirhams pour chaque jour de retard sur l’exécution du jugement.

Pourquoi l’IAV et le ministère de l’Agriculture ne se soumettent pas à l'arrêt de la Justice ?

Yabiladi a tenté de joindre l’IAV et le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, en vain. Mohamed Faid a en revanche répondu à nos questions : «Il faut aujourd’hui mettre en relief la non exécution des jugements à la lumière du discours du Roi à ce sujet, pour l’ouverture du mandat législatif. Je ne comprends pas non plus la raison derrière ce retard.»

Sortir son affaire de l’ombre a été son dernier recours, lui qui ne voulait pas interférer avant que la justice se prononce. Son affaire, résolue à ce niveau «de manière civilisée», bloque pourtant. Selon le nutritionniste, les parties opposées prétendent qu’il a pris sa retraite en tant que fonctionnaire de l’échelle 10. Du moins, c’est ce qu’elles souhaitent, dit-il.

Le plaignant, actuellement en arrêt de travail, a présenté tous les documents prouvant qu’il est toujours en activité. En outre, il n’a que 61 ans, la retraite est donc pour quatre ans. «Ils n’ont plus de prétextes pour justifier leur décision», soutient-il. Une décision qu’il décrit comme une punition indirecte qu’on lui inflige, dont les raisons se résument selon lui au fait que certains de ses collègues professeurs n’appréciaient pas qu’un technicien/assistant se hisse au rang de professeur universitaire.

La responsabilité, conclut-il, repose sur les épaules de l’administration de l’IAV et du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime. Le ministre ne serait même pas au courant de cette affaire, d’après le professeur. Connu pour ses interventions sur les thématiques de l'alimentation sur les ondes, ce dernier mène désormais une bataille médiatique sur les réseaux sociaux.

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