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Société   Publié

Réfugiés syriens au Maroc : Entre intégration et mélancolie de l'exil [Reportage 2/2]

Les Syriens qui viennent trouver refuge au Maroc sont nombreux. Ils représentent la plus grand nombre de réfugiés dans le royaume. Leur choix n’est pas anodin, le pays les attire et leur plait. Détails.

Temps de lecture: 2'
Quatre réfugiés syriens témoignent de leur sentiment d’intégration et dépaysement au Maroc. / Ph. Sarah Mokadader

Hussam Eddine, Diyaa Kheir-Eddine, Mohamed Al Smiti et Lutfi Mohamed ont décidé de trouver refuge au Maroc pour fuir les ravages de la guerre en Syrie. Depuis leur installation dans le royaume ils ont découvert un pays ouvert, chaleureux. Ils ne l’ont plus quitté. Ils témoignent aujourd’hui de leur sentiment d’intégration malgré la mélancolie de l'exil.

Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais rencontrés, pourtant tous les quatre ont la même vision du Maroc. Ils dépeignent un pays où ils se sentent chez eux. Lutfi Mohamed, basé à Kénitra depuis trois ans et trois mois raconte :

«Je n’ai jamais senti le dépaysement, la seule chose que me disaient les gens c’est “bienvenue dans ton pays“.»

La natif de Draâ habite au Maroc avec toute sa famille : «Nous sommes douze dans ma maison», précise-t-il. «Plus le temps passe, plus je me rends compte qu’il est possible que je finisse ma vie ici», confie le père de famille, avec un sourire qui lui creuse des rides d'expression.

Diyaa Kheir-Eddine a une usine de chaussure à Derb Sultan (Casablanca), il met en lumière une réalité. Selon lui, dans les autres pays, les réfugiés ne se sentent pas à leur place : «J’ai pleins d’amis en Jordanie, au Liban et en Europe. Ils me racontent au quotidien leurs difficultés. Là-bas, on combat les Syriens parce qu’ils travaillent», confie l’homme de 37 ans, «ici, les gens nous accueillent chaleureusement», ajoute-t-il.

Depuis trois ans, il s’est complètement intégré à la société marocaine. La preuve, sans s’en rendre compte il glisse des mots en darija tout au long de ses réponses. «Nous sommes considérés comme des Marocains à part égale», dit Diyaa Kheir-Eddine. L’atmosphère de bienveillance de la population marocaine le rassure dans son choix. Il avoue que ça l’a encouragé à rester.

«Le Maroc est devenu une partie de moi et je fais partie de lui à présent»

Hussam Eddine, 30 ans s’est retrouvé au Maroc pour finir son doctorat. La guerre éclate et il ne peut plus revenir en arrière. Il s’installe dans le pays : «Le Maroc est devenu une partie de moi et je fais partie de lui à présent», souligne le Syrien. «Je ne ressens pas le dépaysement, mais plutôt l’éloignement de mes proches, mes amis d’enfance», confie l’homme de 30 ans. Selon lui, son pays d’accueil est riche en opportunités, «mais si les choses s’arrangent en Syrie, je rentrerais. Mon pays a besoin de personnes éduquées. Trop de guerre et trop de sang a coulé», avoue-t-il.

Mohamed Al Smiti, quant à lui évoque les forces du royaume. Selon lui, trois choses sont primordiales : La sécurité, le travail et la tranquillité d’esprit. Il retrouve tout cela au Maroc. «Les autres pays arabes n’ont pas ces qualités là», dit-il. «Le peuple syrien aime les Marocains, et vice-versa. Tout est fait pour que nous nous entendions», ajoute-t-il.

Il raconte ne s’être jamais senti dépaysé, pas une seule fois. Il compare les villes marocaines à Damas avant de porter les cicatrices de la guerre. Selon Mohamed Al Smiti : «Tu n’aurais pas senti la différence en te baladant dans les rues de Damas, nous nous ressemblons énormément», conclut-il. Dans un monde où les différences sont exacerbées pour en faire des motifs d'exclusion, la solution tient peut-être à cette attitude optimiste ne voyant que ce que nous avons en commun.

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