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Azrou : Sous le cèdre Gouraud, l'histoire d'un général français

Peu de personnes connaissent son nom, si ce n’est en lisant une pancarte accrochée sur son corps qu’ils saisissent l’appellation que l’arbre porte depuis bientôt un siècle. Le cèdre Gouraud, dont l’âge est estimé à 800 ans, doit son nom au Général français Henri Joseph Eugène Gouraud. Baptisé depuis 1917, les versions divergent sur l’origine de ce nom, mais il est utile de rappeler que le célèbre cèdre est mort depuis 2003. Histoire.

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Le cèdre Gouraud. /DR
Temps de lecture: 3'

«Monument» historique et naturel de la région d’Azrou, l’endroit ne passe pas inaperçu. Au beau milieu du «Royaume des cèdres», forêt qui regorge d'un grand nombre d’espèces végétales, se tient un arbre célèbre. Il porte le nom de «Cèdre Gouraud», un nom qu’il partage avec le général français Henri Joseph Eugène Gouraud, né en 1867 et décédé en 1946. On le situe dans une zone en bordure de la piste reliant Azrou à Ifrane par le Tizi-n-Tretten, dans une petite clairière entourée d’échoppes pour touristes, à en croire les détails indiqués par «les Têtards Arboricoles», blog sur les arbres vénérables, et l’arbre en général.

Patrimoine exceptionnel qui souffre et se dégrade au fil des années, la cédraie de l’Atlas n’est pas seulement une forêt d’arbres et de cèdres, mais recelle en elle une histoire qui se transmet d’une génération à l’autre. Celle du cèdre Gouraud n’est connue que par les habitants de la région, alors que deux histoires se mélangent pour enfin donner un récit sur les vraies raisons derrière ce nom, partagé avec l’une des figures du protectorat français.

Pour la première, racontée par Michel Tarrier, le nom du cèdre Gouraud a été donné suite au passage des troupes du général Henri Joseph Eugène Gouraud dans la région pendant la Première Guerre mondiale. Henri Gouraud avait perdu un bras pendant la Guerre des Dardanelles en 1915, ayant opposé des troupes britanniques et françaises à l’armée de l’Empire Ottoman dans l’actuelle Turquie.

Le célèbre cliché de Henri Gouraud à proximité du cèdre qui porte désormais son nom. / Cigalou - DafinaLe célèbre cliché de Henri Gouraud à proximité du cèdre qui porte désormais son nom. / Cigalou - Dafina

La deuxième version, elle, donne plus de détails sur ce déplacement. Alors qu’il s’est rendu dans la région d’Azrou, le général aurait tenu de prendre une photo au côté d’un cèdre dont la branche latérale fait penser que l’arbre aussi… n’a qu’un bras. Le cèdre «manchot» prend ainsi le nom de Gouraud. 

«C'est en avril 1917 que le Général Gouraud, Résident général au Maroc, fait une tournée à Meknès, Fès, Moulay Idriss, Aïn leuh et la région d'Azrou où il est impressionné par un immense cèdre. Il fait alors la pose en compagnie du colonel Poeymirau au pied de ce magnifique cèdre du Moyen-Atlas et c'est le photographe Ratel qui prend un cliché qui parait dans la presse», indique pour sa part le site Dafina. Les deux versions restent, donc, similaires en fin de compte.

Un cèdre vieux de 800 ans et mort en 2003

Mais le cèdre Gouraud n’est pas célèbre que grâce à son nom ; il l’est aussi pour son destin tragique. L'arbre multicentenaire est, en effet, déclaré mort depuis 2003 pour des raisons qui restent encore floues. Monumental Trees pense que cette mort est causée par «les travaux de terrassement à proximité des racines» de l’arbre réputé comme l’un des plus gros cèdres du royaume.

Le cèdre est alors conservé debout où il est encore visible jusqu’à aujourd’hui. Pour ce qui est des mesures de circonférence, on l'estime entre 8,30 et 8,40 mètres sur écorce. Sa hauteur totale serait comprise entre 40 et 42 mètres alors que son âge serait de presque 800 ans, ajoute «les Têtards Arboricoles».

Espèce assez rare, certains avancent même que cette variété de cèdre ne se trouve que dans une zone très restreinte. Ils la situent même entre Ouguemas au nord-est, puis vers Hebri au sud et au-dessus de Toumliline à l’ouest, dans un rayon de 10 à 15 km vers le sud et l’ouest à partir du fameux cèdre de Gouraud.

Le cèdre Gouraud en 2015. / MonumentaltreesLe cèdre Gouraud en 2015. / Monumentaltrees

Les 150 000 ha de cèdre marocain sont répartis sur trois massifs : le Rif, le Haut-Atlas mais l’essentiel se trouve dans le Moyen-Atlas (50 km au sud de Fès et Meknès). «Les Têtards Arboricoles» ne manque pas de souligner que la cédraie de l’Atlas est «en danger». Il cite notamment la surexploitation, le surpâturage et la coupe des branches basses pour nourrir le bétail comme principales causes. En 2013 déjà, l’Union internationale pour la conservation de la nature a classé dans sa liste rouge le cèdre marocain comme l’un des conifères menacés d’extinction.

En novembre de l’année en cours, 300 jeunes cèdres ont été plantés à la sortie ouest d’Ifrane par des jeunes marocains et étrangers. Un reboisement que le Maroc doit encourager pour préserver cette espèce. 

mousse111
Date : le 18 décembre 2023 à 06h42
un arbres millenaire baptiser au nom d un ordure
ixel
Date : le 31 décembre 2016 à 19h00
Partie 2 pour vecteur idéologique en guise de vision : un racisme anti-autres peuples , islamophobe, poussé à son paroxysme. Inaugurant une trentaine d’années d’occupation française, l’implacable application de La Loi du Plus Fort, dans la sauvagerie d’une colonisation méprisante face au Peuple Syrien qui jamais ne l’accepta. Révoltes multiples, répressions sauvages. C’est ainsi qu’en 1945, le lendemain de l’armistice de la fin de la guerre mondiale, la France tirait encore au canon sur la population de Damas. Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l’ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d’affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement dont le parlement syrien. Il est vrai que l’encre à peine séchée de l’armistice du 8 mai 1945 avec l’Allemagne, la France tout juste libérée, nos Gouraud de l’époque couraient, fusaient dans tous les sens, pour « reprendre en main l’empire colonial » qui montrait quelques velléités d’indépendance. Ce furent des semaines et des mois d’atrocités depuis l’Indochine au Maroc jusqu’au Cameroun, avec les sommets de l’horreur dans les tueries à Sétif en Algérie et à Madagascar. Des massacres de populations par dizaines de milliers. Le Peuple Syrien ne put échapper à cette folie répressive. Mais, quelle que soit son appartenance ethnique et religieuse, il a toujours résisté. La France ne l’a jamais supporté. N’est-ce pas Mr Fabius.
ixel
Date : le 31 décembre 2016 à 18h54
Partie 1 Une insulte à cet arbre majestueux et aux morts marocains durant l’occupation française. En juillet 1919, le premier geste du général Gouraud, Haut-commissaire de la République en Syrie fut, lorsqu'il entra dans Damas, d'aller profaner le tombeau de Saladin (Salahdin Al Ayoubi) en déclarant "Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant". C’est en ces termes que ce général Gouraud, corseté dans sa morgue, en essuyant la semelle de ses bottes sur la tombe de Saladin.Salahdin Al Ayoubi dit Saladin, Homme d’Etat hors du commun, organisateur méthodique, fulgurant stratège. Implacable face à la lâcheté. D’une immense générosité, mais intraitable à l’encontre des voleurs, corrompus et assassins. Le libérateur de Jérusalem, au XII° siècle. Après en avoir chassé la soldatesque européenne qui prétendait s’être installée en Palestine pour « libérer le tombeau du Christ », au grand désespoir des chrétiens d’Orient qui n’en avaient nul besoin…C’était au Moyen-Age durant ces Croisades. Le Vatican, l’OTAN de l’époque, avait pris l’habitude d’envoyer par vagues successives les armées de tous les pays d’Europe au Moyen-Orient, pour y piller, rançonner, spolier, s’y tailler fiefs, royaumes et colonies, sous les prétextes les plus vertueux et sanctificateurs. L’essentiel étant qu’en Europe ils ne se fassent pas la guerre. Certainement, à armes égales, face à un Salahdine vivant, qui écrasa l’armée des "croisés" à la bataille de Hattin (4 juillet 1187), le général Gouraud n’aurait rien perdu de son abyssale imbécilité, mais beaucoup de son arrogance…Archétype des traîneurs de sabre, analphabètes de l’Histoire. A longueur de guerres coloniales surarmées, massacrant peuples sans défense, terrorisant populations innocentes, ce général était devenu mégalomaniaque comme beaucoup de ses pairs. A vaincre sans péril, on triomphe idiot. Boursouflé de l’indécrottable « habitus colonial » de notre inconscient collectif. Parmi ses faits d’armes : la sanglante répression, en 1912 au Maroc, du soulèvement de la ville de Fès contre le protectorat français. Se croyant au temps des croisades, formaté par les bains de sang des guerres coloniales et les tueries des combats de tranchées, le général Gouraud devint ainsi le « Saigneur » de la Syrie, lors de son "proconsulat" de 1919 à 1923. Un des artisans les plus furieux du dépeçage de la Syrie : le plus gros morceau arraché étant le Liban et la Transjordanie. Dans les massacres, tortures, humiliations ; villages rasés, montagnes incendiées, charniers à profusion, Chars, aviation, bombardements navals.
Hamid
Date : le 31 décembre 2016 à 13h46
« Monument » historique et naturel de la région d’Azrou, l’endroit ne passe pas inaperçu. Au beau milieu du « Royaume des... Lire l'article associé
Dernière modification le 18/12/2023 06:42
Hamid
Date : le 31 décembre 2016 à 13h46
Magnifique et très vénérable arbre. Il faut le débaptiser car il a existé bien avant gouraud et existera bien après.
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