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Environnement Publié

Investissement vert : Que prévoit la BEI pour le Maroc et l’Afrique ?

La Banque européenne d'investissement (BEI) a tenu vendredi à Marrakech un side-event pour présenter son engagement pour le climat, notamment en dehors des frontières européennes et particulièrement au Maroc et en Afrique. La banque de l'Union européenne serait intéressée par plusieurs projets, dont la phase 2 du Plan Maroc Vert et l’initiative triple A. Détails.

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Le siège de la Banque européenne d'investissement au Luxembourg. / DR

La Banque européenne d'investissement (BEI) a confirmé vendredi 11 novembre à Marrakech son engagement à soutenir les investissements liés au climat et à renforcer les efforts depuis l’Accord de Paris. Lors d’une conférence de presse pour présenter les projets d’investissement relatif au climat, la BEI a affirmé, via Jonathan Taylor, vice-président responsable de l'action climatique, qu’elle reste engagée à «soutenir l'action climatique et à accroître l'impact des investissements liés au climat en Europe et en Afrique».

«La Banque européenne d'investissement se félicite de la ratification de l'Accord de Paris de la CCNUCC moins d'un an après la COP21. Elle reconnaît l'importance du financement à long terme pour faire face au changement climatique et le rôle croissant du financement du climat pour stimuler la croissance économique», a-t-il indiqué.

Le chargé de l’action climatique a également souligné que «l'action climatique est une priorité essentielle pour l'institution de prêt à long terme de l'Union européenne. Au cours des cinq dernières années, la BEI a consacré plus de 90 milliards d'euros aux investissements liés au climat dans le monde».

Et d’enchaîner : «Des projets de transformation tels que la centrale solaire Noor à Ouarzazate et le parc éolien du lac Turkana dans le nord du Kenya démontrent comment les investissements privés en Afrique peuvent être débloqués pour renforcer la production d'énergie durable.»

Augmenter les activités destinées à l’Afrique

De son côté, Monica Scatasta, chef de la division Climat, environnement et politique sociétale à la BEI, a rappelé que l’institution financière des Etats de l’UE a approuvé en 2015 une nouvelle stratégie pour l’action climat. «L’un de ses trois piliers est l’augmentation de nos activités en termes de soutien pour la résilience et l’adaptation. Dans l’objectif d’atteindre 35% des activités de la banque destinées à l’extérieur de la zone européenne, nous n’avons pas encore définis de projet mais ce taux devrait être atteint à l’horizon 2020», a-t-elle ajouté.

Qu’en est-il du Maroc ? «Sur les cinq dernières années, on parle de presque 500 millions d’euros sur un montant total de 2 milliards d’euros. C’est le chiffre relatif aux prêts accordés dans le cadre de projets au Maroc.»

Pour sa part, Pierre-Etienne Bouchaud, représentant de la BEI au Maroc, soutient que l’eau, l’assainissement, l’agriculture et l’irrigation sont des secteurs que la BEI regarde avec beaucoup d’intérêt. Il évoque notamment la phase 2 du Plan Maroc Vert, mais aussi l’initiative triple A (adaptation de l’agriculture africaine, ndlr). «Ce sont des choses auxquelles nous nous intéressons même si nous ne sommes pas encore impliqués par des projets», fait-il remarquer. «L’irrigation et l’assainissement font partie de cette problématique d’adaptation. Nos projets existants ou en cours concernent l’atténuation», poursuit-il.

Des lignes de crédits pour des PME marocaines

Sur le front du volet lié à l’atténuation, la BEI compte signer, le 15 novembre, plusieurs lignes de crédits avec la BMCE, notamment. L’une d’elles concerne l’eau et l’assainissement de manière générale. «C’est une ligne de 10 millions d’euros (107,7 millions de dirhams, ndlr) pour atteindre les PME marocaines dans le cadre d’un programme national que nous entamons avec une somme certes modeste, mais qui est amenée à augmenter», confie Pierre-Etienne Bouchaud. Et le représentant d’expliquer que «l’intention est de développer le secteur privé marocain parce que nous considérons qu’attaquer les points de changement climatique au Maroc doit se faire non seulement sous un angle public, mais aussi à travers l’angle privé pour que l’entreprise marocaine puisse aussi participer à cette lutte contre le changement climatique». Une autre ligne de crédit serait en phase de finalisation et sera destinée aux entreprises du royaume spécialisées dans l’efficacité énergétique, apprend-t-on également.

«Au cours des cinq dernières années, nous avons estimé qu’entre 20 et 25% de nos activités et volumes de prêts participent à cette lutte contre le changement climatique. Un montant qui est amené à atteindre 35% d’ici à 2020 en moyenne sur la zone méditerranéenne.»

Pour le Maroc, la BEI serait également intéressée par des projets de développement urbain, particulièrement les tramways de Casablanca et Rabat «Nous sommes en train d’étudier des projets dans ces deux villes, notamment ceux qui contribuent à la lutte contre le changement climatique», conclut-il.

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