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Politique Publié

Elections parlementaires en Suède : Fini le modèle suédois, l’extrême droite entre au parlement

C’était le dernier pays d’Europe du Nord à avoir su éviter l’entrée d’un parti d’extrême droite au parlement. Aux dernières élections européennes, avec le résultat impressionnant du parti des Pirates, l’on parlait même d’un nouveau souffle qui pouvait balayer l’Europe et faire progresser les paysages politiques. Mais il n’en est, semble-t-il, rien. Les «Démocrates suédois» pourraient même forcer la coalition centre-droit à former un gouvernement minoritaire.

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Le "Riksdag" à Stockholm composera dorénavant avec l'extrême droite

Ni la censure d'un clip ouvertement islamophobe du parti mal nommé des «démocrates suédois», ni la prise de contrôle par des hackers du site web de ce parti d’extrême droite très populiste n’auront enrayé son ascension dans les votes. Le parti de Jimmi Aakesson, que L’Express qualifie de «décomplexé», aurait recueilli 5,7% des voix aux élections législatives suédoises de dimanche dernier (19 septembre), ce qui lui procurera 20 sièges sur 349 dans le «Riksdag» suédois.

Le premier ministre sortant, Fredrik Reinfeldt, ne pourra compter que sur 172 sièges de sa coalition de centre-droit et n’atteindra donc pas les 175 nécessaires pour une majorité absolue, tandis que l’opposition des Socio-démocrates et des Verts n’obtiendrait que 154 mandats dans le parlement suédois. Le parti des Pirates n’aura pas réussi à franchir la barre des 4% pour entrer dans le parlement ; un échec cuisant pour le parti sur lequel beaucoup d’espoirs s’étaient posés dans d’autres pays européens.

Ce manque de majorités claires pourra donner à l’extrême droite une importance jamais vue dans l’échiquier politique suédois. Vraisemblablement, Reinfeldt n’entamera pas de négociations avec ce parti, mais les options qui restent ne promettent que peu de stabilité politique. Les Verts pourraient entrer dans le gouvernement, mais des conflits fondamentaux se profilent déjà à l’horizon si une telle alliance devait se faire. La deuxième option, un gouvernement minoritaire de centre-droit, sera tout aussi instable. Et cela profitera sûrement aux «Démocrates suédois», qui seront en position confortable pour critiquer les politiques sans avoir de responsabilités à prendre.

Si Jimmi Aakesson n’a pas encore la popularité d’un Geert Wilders aux Pays-Bas, peu s’en faut, et les modèles de tolérance que constituaient ces deux pays semblent définitivement appartenir au passé. La capacité des démocraties européennes de combattre des tendances extrémistes lourdes, mais démocratiquement légitimées, est encore une fois mise à l’épreuve.

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