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Environnement   Publié

L'Ibis chauve, une espèce en danger qui pourrait être sauvée grâce au Maroc

Les acteurs de la protection des espèces en voie de disparition à travers la planète ont désormais les regards braqués sur le Maroc. Et pour cause ! Le royaume chérifien abrite actuellement la population sauvage d’Ibis chauve la plus viable au monde. Le programme BirdLife Maroc lancé il y a quelques années, pour la sauvegarde de cet oiseau suit son cours et les ONG sur le terrain sont fortement encouragées par la forte reproduction de cette année. 

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Encore appelé Ibis érémite, l’Ibis chauve, cet oiseau autrefois très répendu à travers Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe du Sud, est aujourd’hui répertoriée, par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), comme étant «en danger critique» d’extension, d'après l'ONG SEO/BirdLife, responsable du Programme Maroc lancé par BirdLife International, il y a plusieurs années.

113 paires reproductrices ont niché au Maroc cette année

Cet oiseau est en effet suivie de près depuis la disparition soudaine, des forêts chérifiennes, de plusieurs espèces rares. D'autant plus qu'à ce jour, les populations sauvages d’Ibis chauve sont réduites à un groupe semi-captif en Turquie et une très petite population extrêmement menacée et redécouverte il y a quelques années en Syrie. La colonie marocaine «est la seule grande population qui reste au monde. Le succès de la reproduction de cette année est [donc] la meilleure nouvelle que nous pouvions espérer», a affirmé M. Jorge F. Orueta, technicien à SEO/BirdLife.

En effet, 113 paires reproductrices d’Ibis chauve au total ont niché dans les localités du parc national du Souss-Massa et Tamri, cette année, d'après les données de l'ONG. Il s’agit de la meilleure saison en terme de couples nicheurs depuis le début des années 1980, période à laquelle SEO/BirdLife a commencé à mener des enquête sur cette espèce dans la côte atlantique marocaine, près d’Agadir, note la même source.

Cela pourrait s’expliquer, d’après l’Organisation, par «les bonnes conditions météorologiques depuis l'automne 2012, avec des précipitations bien réparties entre septembre et avril 2013», telles que relevées dans un rapport du personnel du parc national de Souss-Massa où réside toute la population d’Ibis érémite.

Pas de risque de trafic,…ou presque

Afin de garantir la pérennité de la colonie marocaine, une équipe de cinq personnes, dont une femme, est chargée d’en assurer la surveillance. «La surveillance et la sensibilisation qu’effectuent les gardes forestiers du programme de conservation de l’Ibis émérite, ainsi que les efforts de l’administration marocaine sont essentiels pour obtenir ces résultats», relève M. Orueta. Par ailleurs, l’équipe marocaine réalise un suivi sur le terrain et assure la disponibilité de l’eau douce aux alentours des colonies dont l’influence positive sur la productivité a été vérifiée.

Il faut dire que les espèces en voie de disparition au Maroc sont souvent menacées par le trafic, et parfois, malgré la surveillance. Mais «l’Ibis chauve ne risque rien, car le contrôle est bien assuré par les gardes forestiers», assure à Yabiladi Adel Bouajaja, responsable de la conservation à l’ONG marocaine GREPOM (Groupe de recherche pour la protection des oiseaux au Maroc), affiliée à BirdLife International et également engagé dans le Programme Maroc. «En tout cas, nous n’avons jamais entendu parler de trafic sur cette espèce», nuance-t-il, soulignant qu’en plus, «cet oiseau est difficile à attraper».

Toutefois, quelques temps après la reproduction, les poussins s’envolent. «Certains reviennent et d’autres non. C’est pourquoi en 2010, nous avons désigné deux individus servant de balise, pour voir un peu jusqu’où les poussins peuvent voler. Avec les efforts communs des différentes ONG travaillant pour la protection de cette espèce, nous avons pu sauver beaucoup d’oiseaux», explique M. Bouajaja.

La sauvegarde de l’Ibis chauve marocaine est d’une réelle importance sur le plan international. Outre SEO/BirdLife et GREPOM, plusieurs autres organismes se sont engagés dans cette lutte. Parmi elles, la Fondation Prince Albert II de Monaco, qui assure en partie les salaires et frais de déplacement des gardes forestiers.

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