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Pour le PJD, le courant conservateur au sein de l’entourage royal tire le pays vers le bas

Pour Abdellah Bouanou, le PJD a un problème avec le courant conservateur au sein de l’entourage royal qui retarde la mise en application de la stratégie de réformes du gouvernement Benkirane. En revanche, selon e député de Meknès, les islamistes modérés s’entendent avec «les modernistes» du Palais.

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Le député Bouanou à la MAP / DR
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Petite révolution au PJD. Les mois passés au gouvernement ont, bien, modifié le langage des frères de Benkirane. Désormais, les islamistes n’attaquent plus l’ensemble de l’entourage royal mais seulement les membres conservateurs. C’est Abdellah Bouanou, le président du groupe parlementaire de la Lampe qui a été chargé de révéler au grand public cette distinction. Et c’était hier, au siège de la MAP. Le choix du lieu, un des temples du Makhzen, est hautement symbolique. Un message à qui de droit.

«Il existe un courant conservateur pour l’immobilisme dans l’entourage royal qui tire le pays vers le bas» et un autre « moderniste qui pousse la monarchie à la réforme», souligne Bouanou. Bien entendu, le PJD n’arrive pas à s’entendre avec le premier parce qu’il «prétend soutenir la monarchie» mais en vérité il «retarde les réformes pour garder ses privilèges», explique-t-il. Benkirane ne peut pas dire cette fois que les propos de Bouanou n’engagent pas le PJD, sachant que depuis une semaine la direction de la Lampe veille aux passages de ses cadres dans les médias.

Bouanou a défendu le bilan de Benkirane

Pour le député de Meknès, les conservateurs du palais sont logés à la même enseigne que les «perturbateurs», un autre terme en vogue chez les PJDistes pour désigner l’opposition, selon eux, de mèche avec une frange de l’entourage royal, qui s’agitent chaque fois que le gouvernement s'apprête à «entreprendre les grands chantiers de réforme, tels la caisse de compensation, la justice ou encore les finances publiques». En revanche, Abdellah Bouanou a bien défendu l’équipe Benkirane, estimant qu’elle a une «vision économique claire», grâce à laquelle «les investissements étrangers se sont diversifiés» et «les transferts des MRE et des recettes touristiques ont enregistré des augmentations», rapporte le site du PJD! 

Répartition des rôles au sein du PJD

Depuis que Abdelilah Benkirane est nommé chef de gouvernement, à l’issue des législatives du 25 novembre 2011, c’est Abdellah Bouanou et Abdelaziz Aftati, classés au rang de faucons au sein de la Lampe, qui ont pour mission de critiquer l’entourage royal ou de répondre aux attaques de Hamid Chabat, le secrétaire général de l’Istiqlal. Le président du groupe parlementaire des islamistes modérés à maintes fois menacé de descendre dans la rue, comme c’était le cas, l’an dernier, lors de la polémique sur la première mouture du cahier des charges de l’audiovisuel. Quant au député d'Oujda, il est l’un des rares PJDistes à critiquer nommément, Fouad Ali El Himma, le conseiller du roi, qu’il qualifie de «grand vizir».

Cette répartition des rôles, entre faucons et colombes, n’est guère propre au seul PJD au Maroc mais est partagée par l'ensembe des formations islamistes, sunnites ou chiites, celles qui sont au pouvoir dans le monde arabe ou dans l’antichambre. Au moins un point commun, qu'elles ont avec les partis israéliens.

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