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Grand Angle

Maroc : Une ONG dans le viseur pour terrorisme après son soutien à Israël dans la bande de Gaza

Un groupe d’avocats au sein du Parti libéral marocain (PLM) se constitue pour saisir la justice, après que l’association Maroc Coexistence a exprimé son soutien à l’armée d’Israël, dans sa guerre d’occupation dans la bande de Gaza. Un communiqué de l’ONG a en effet inscrit cette position dans le cadre d’une lutte «contre toute forme de haine et d’antisémitisme». Pour les plaignants, les propos appuyant le gouvernement israélien «dans sa lutte juste et nécessaire pour la sécurité de ses citoyens» constituent un appel au meurtre, sous le coup de la loi nationale.

Publié
Deux adolescents au milieu des ruines après des frappes israéliennes à Khan Younès dans la bande de Gaza, le 9 avril 2024 / Ph. Yasser Qudih - Anadolu - AFP
Temps de lecture: 3'

Le secrétaire général du Parti libéral marocain (PLM), Isaac Charia, a annoncé, lundi, qu’un groupe d’avocats de sa formation politique saisirait la justice pour incitation au terrorisme, contre l’association Maroc Coexistence et son président. Dans une publication sur ses réseaux sociaux, l’avocat au barreau de Rabat a appelé «toutes les personnes honorables» à coordonner avec le comité, afin de «faire front face aux tentatives de pénétration et aux projets de division et de meurtre». Cette sortie intervient après un communiqué de soutien à Israël, publié par l’ONG le 7 octobre dernier. Dans sa déclaration écrite, l’organisation souligne que cette date est «marquée par la terreur, la barbarie, et l’indicible souffrance», un an plus tôt, en allusion à l’action du mouvement Hamas, dans les colonies mitoyennes à la bande de Gaza.

Sans avoir un mot pour les 42 010 palestiniens tués par l’occupation israélienne dans la bande de Gaza, depuis le 7 octobre 2023, le président de l’association, Faiçal Marjani, décrit «l’horreur de ces attaques [du Hamas, ndlr] qui ont frappé, sans pitié, des civils innocents» du côté israélien. «Ce jour, sacré pour le peuple juif, le Shabbat, et en pleine célébration de Sim’hat Torah, s’est transformé en cauchemar, alors que les festivités de Soukoth venaient à peine de se terminer», ajoute-t-il, qualifiant l’action de la résistance palestinienne d’«attaques ignobles, filmées et diffusées avec une cruauté inouïe».

Sur sa lancée, l’ONG évoque «les pages les plus sombres de l’Histoire» et tente un rapprochement avec «les atrocités commises par les nazis durant l’Holocauste» (sic). Selon la même source, «les massacres, les humiliations et les actes inhumains perpétrés ce jour-là nous rappellent que la haine n’a pas de frontières, et que le mal, lorsqu’il n’est pas combattu, se répète». A ce titre, l’association exprime ouvertement son «soutien indéfectible au gouvernement israélien dans sa lutte juste et nécessaire pour la sécurité de ses citoyens et pour la défense de son territoire face à la menace terroriste».

Alors que la bande de Gaza, sous les bombardement israéliens depuis un an, fait partie intégrante des Territoires palestiniens occupés reconnus par le droit international, Maroc Coexistence estime que dans le contexte du 7 octobre, «Israël a non seulement le droit, mais le devoir de se protéger et de préserver son peuple contre toute menace existentielle qui cherche à le détruire», tout en avançant que «la paix doit triompher de la haine».

Un groupe d’avocats pointe un appel au meurtre et une incitation au terrorisme

A la suite de cette sortie, Isaac Charia a ainsi annoncé la constitution d’un comité d’avocats du PLM, afin de saisir la justice pour «appel au meurtre et incitation au terrorisme». Il estime que l’affirmation de «solidarité absolue avec le gouvernement israélien dans sa guerre contre le peuple palestinien sans défense» et «le soutien à l’armée sioniste, de l’intérieur du territoire marocain, à davantage de massacres et de déplacements» dans les territoires palestiniens confirment «un parti pris favorable à des opérations terroristes».

L’initiative devant la justice, selon Me Charia, part de la considération que «l’appel au meurtre et l’incitation au terrorisme sont qualifiés de crimes par la loi marocaine, en plus de constituer une apologie à l’insurrection, ainsi qu’une dérogation au cadre global fixé par le Commandeur des croyants, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans le soutien à la cause palestinienne». Dans son annonce, Isaac Charia dénonce «une démarche sioniste flagrante» de la part de l’association, visant à «impliquer le Maroc et son peuple dans des positions étrangères à leurs convictions fidèles, favorables à la lutte juste pour établir un Etat palestinien indépendant avec Al-Qods comme capitale».

Sur le plan officiel, le Maroc soutient «la solution à deux Etats, avec un Etat palestinien sur les frontières de juin 1967 et Al-Qods Est comme capitale» de la Palestine. Cette position a été réitérée hier, lors d’un point de presse du chef de la diplomatie. Dans le contexte de la guerre sur la bande de Gaza et des attaques répétées d’Israël sur le Liban, Nasser Bourita a émis également le vœu «qu’on ne laisse pas les extrémistes des deux côtés contrôler l’agenda au Moyen-Orient», de manière à ce que la région «ne soit pas prise en otage par les extrémistes de tout bord».

Dans ce même sens, Bourita a réitéré les condamnations par le Maroc «des attaques contre des écoles et des hôpitaux, ainsi que cette politique visant à affamer les Palestiniens sur leurs territoires».

Article modifié le 09/10/2024 à 20h10

Blagueur*
Date : le 10 octobre 2024 à 10h13
Salut, L' ouverture d'esprit démocratique a ses limites ceux de la conscience. Au nom de la diversité, de l'alternance, de la continuité gouvernementale peut-on sacrifier nos valeurs ou taire les dérives anti-constitutionnelles verbales ministérielles, d'association ou citoyennes ? L'esprit démocratique prend racine dans la Constitution, dans le respect des valeurs constitutionnelles, dans le contrat social, dans la législation, dans la tradition. Une personne lambda, un parti peut-il discourir sur l'esprit des lois, alors qu'un ministre ne peut le faire car il est tenu de respecter les fondamentaux du consensus commun qui l'ont porté à cette fonction ? L'esprit démocratique implique-t-il responsabilité, reddition des comptes, assumer ses actes et propos, savoir se résoudre à se retirer de l'échiquier politique ou sociétal lorsque la majorité des citoyens se sent lésée ? Assigner en justice en vain à tour de bras finit-il pas discréditer la Justice car les affaires traînent en longueur sans que la Justice tranche ?. Une assignation est-elle souvent instrumentalisée par les uns en vue de faire taire ?. Recourir auprès du Conseil Constitutionnel, recourir auprès de la Cour Spéciale de Justice ou à tout autre institution mais avec quelle qualité ? Un Pouvoir qui s'exerce lorsque les motions de censure ne peuvent être effectives ? Qu'en est-il de la responsabilité solidaire gouvernementale ou associative lorsque seul un membre est désavoué ? Un Pouvoir à l'écoute et réactif, au dessus du jeu électoral, des lobbys et groupes d'intérêts, des associations et des citoyens est-il le seul à même de consolider un véritable esprit démocratique sain, car il peut démettre quiconque de ses fonctions, dissoudre toute association, pour autant que ces derniers ne respectent pas les valeurs constitutionnelles d'un état de droits et devoirs ? Consolider le respect de l'esprit démocratique, c'est l'expurger de toute interprétation anti-constitutionnelle, d'un trop grand degré de liberté immorale au nom des libertés individuelles.
Wajda80
Date : le 10 octobre 2024 à 08h36
A ce niveau la de collaboration, de soumission et de trahison, le mot pourriture est un compliment.
Dernière modification le 10/10/2024 10:13
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