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Arancha Gonzalez veut-elle copier l’accord sur Gibraltar à Ceuta et Melilla ?

La cheffe de la diplomatie espagnole a émis le souhait de voir Ceuta et Melilla bénéficier d'une «zone de prospérité avec le Maroc» sur le modèle de l’accord conclu entre Madrid et Londres sur Gibraltar.

 

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La ministre espagnole des Affaires étrangères a donné quelques détails sur l’accord, conclu fin décembre, avec le Royaume-Uni sur la frontière avec Gibraltar. Devant la Commission mixte de la Chambre des représentants et du Sénat sur les relations avec l’Union européenne, elle a indiqué jeudi que cet accord permet au Rocher de faire partie de l’espace Schengen. Une bonne nouvelle pour les 13 000 ressortissants espagnols qui entrent quotidiennement à Gibraltar pour y travailler et qui redoutaient d’être assujettis au régime des visas.

«Cette signature est le premier pas vers une zone de prospérité partagée. Seul un développement harmonieux et une prospérité entre les deux rives garantissent l'avenir de chacun», s’est-elle félicitée, rapporte Ceuta Al dia.

Arancha Gonzalez Laya a enchaîné par un passage qui soulève déjà des interrogations de l’autre côté de la Méditerranée. «Comme la prospérité de la rive européenne nécessite cet entrelacement entre Gibraltar et El Campo (de Gibraltar comprenant Algerisas et Tarifa) sur des fondations saines, la prospérité de la rive africaine sera un mirage si une vision similaire n'est pas promue entre Ceuta et Melilla et les régions marocaines voisines», a-t-elle ajouté.

Avec Ceuta et Melilla, le pragmatisme n’est pas encore au rendez-vous

Au lendemain de sa comparution devant la Commission mixte Chambre des députés et le Sénat sur l’UE, les premières réactions ne se sont pas faites attendre. «La cheffe de la diplomatie a laissé planer une incertitude très importante quant à la souveraineté de l’Espagne sur les villes de Ceuta et Melilla», écrit El Faro de Melilla. Le média, qui redoute que la disparition des frontières ne bénéficie qu’au Maroc, a indiqué que «la ministre des Affaires étrangères a ouvert un dossier qui peut être très dangereux et qui nécessite une réponse rapide des deux gouvernements autonomes pour la tranquillité des citoyens et aussi une explication plus claire de la part du gouvernement que préside Pedro Sánchez».

L’accord conclu, fin décembre, entre l’Espagne et le Royaume-Uni a fait tomber les frontières entre le Rocher et les villes andalouses. Il prévoit de confier à l’Agence européenne Frontex les opérations de contrôles d’entrée au port et à l’aéroport du Gibraltar. L'Espagne aura aussi un rôle important dans ce dispositif et sera l'Etat membre de l’UE responsable chargé de veiller au respect des normes d'accès et de visas d'entrée dans l'espace Schengen.

Force est de constater que le pragmatisme de Londres, de Madrid et du gouvernement de Gibraltar a eu raison des obstacles politiques et historiques qui empêchaient la conclusion d’un accord. Un pragmatisme qui n’est pas encore de mise à Ceuta et Melilla ainsi qu’au sein de l’exécutif espagnol. En témoigne le rejet des appels répétés par les plus hautes autorités marocaines à une négociation sereine sur l’avenir des deux enclaves espagnoles qui devrait au final garantir les intérêts économiques du voisin du nord.

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