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CUBA & DEVELOPPEMENT DURABLE
Moreau [ MP ]
6 mars 2005 20:43
CUBA & DEVELOPPEMENT DURABLE

Durabilité d'une révolution ou dictature insoutenable ?

Notes et impressions de voyage.

Jean-Yves MORGANTINI, agronome.

Contexte : Du 05 juillet au 07 Août 2004, 5 semaines dont trois dans le
cadre d'un voyage avec un groupe UNESCO à 15 personnes et deux semaines en
voyage « privé », non préparé, à trois personnes. Présence pendant les 5
semaines, de Jaïmé, ethnologue Argentin vivant en France depuis 30 ans, qui,
entre autre, a assuré la traduction dans sa langue maternelle et apporté une
connaissance précieuse de l'histoire de Cuba.

Ces notes ne résultent pas d'une étude scientifique de la société cubaine
mais rendent compte de ce que nous avons vu, entendu et perçu au cours de ce
voyage.

Itinéraires et rencontres :

1- DURABILITE SOCIALE :

- EQUITE :

C'est peut-être ce qui est le plus remarquable pour un occidental de pays
dit démocratique : il n'y a pas d'extrême pauvreté ni d'exclusion.

- Alimentation : L'Etat assure à chacun un minimum alimentaire (carte
donnant droit aux produits de base à des prix très bas).

- Santé : accès aux soins gratuits pour tous quelque soit l'importance de
l'intervention (consultation ou chirurgie lourde) dans un système performant
: 1 médecin pour 120 familles, programme de suivi obligatoire pour les

femmes enceintes et les jeunes enfants, des hôpitaux et cliniques
apparemment plus nombreux que les casernes. Les compétences médicales
cubaines s'exportent (par exemple, 3 000 médecins cubains assistent les
populations des zones retirées au Venezuela) . Les difficultés sont dues au
blocus qui empêche l'approvisionnement en certains médicaments, et à
l'ouverture au tourisme qui augmente les problèmes de drogue et de
prostitution dans les grandes villes.

- éducation : école gratuite et obligatoire pour tous jusqu'à 16 ans. Les
formations bsupérieures sont également gratuites y compris repas et
hébergement. Il n'y a plus d'illettrisme qui touchait encore 40% de la
population en 1961 et les cubains nous sont apparus plutôt cultivés et
qualifiés dans tous les contacts (chantiers, campagnes.) que nous avons eus.

- travail et salaires : c'est l'Etat aussi qui assure les emplois sous
différentes formules (administrations, entreprises coopératives, activités
individuelles.). Tout le monde à accès à un travail mais pas toujours celui
qu'on voudrait, c'est pour ça qu'il y a environ 3% de chômeurs. Il n'y a pas
d'indemnité de chômage mais la couverture sociale est maintenue. L'éventail
des salaires est très resserré, de 10 à 30 dollars par mois (du manoeuvre au
médecin ou directeur). Pour gagner plus, il y a des primes en fonction du
travail fourni et certains cumulent deux emplois. L'ouverture au tourisme
est en train de bouleverser cette organisation sociale car ceux qui sont au
contact des touristes peuvent gagner beaucoup plus en dollars ce qui
dévalorise les enseignants, médecins et autres cadres qui abandonnent leurs
postes pour faire guide, hôtesse ou chauffeur de taxi.

- logements : ils sont aussi attribués par l'Etat et
le prix de location est faible, voire nul, l'électricité est distribuée
presque gratuitement, entre les coupures.. A la Havane, les conditions de
logement sont loin d'être équivalentes, il y a un monde entre la promiscuité
et l'insalubrité dans la vielle Havane et les quartiers « riches ». Mais ce
n'est sans doute pas par désintérêt car, prévoyant quelques évolutions
possibles, Castro a délivré l'équivalent de titres de propriétés aux
personnes occupant les logements de la vieille Havane pour qu'ils ne
puissent pas être expulsés sans compensation si un jour ces bâtiments
prenaient de la valeur et suscitent des appétits.



- TOLERANCE / RACES, RELIGIONS, AUTRES PAYS :

Les métissages entre amérindiens d'origine, blancs conquérants et noirs
importés comme esclaves, donnent toutes les nuances de couleurs de peau. Les
luttes contre l'esclavage, pour l'indépendance ensuite et pour la révolution
récemment, donnent une société actuelle qui ne fait pas de différence
raciale.

Les religions s'expriment peu à l'extérieur et les cubains qui mélangent
facilement catholicisme et rites africains ne semblent pas avoir de
problèmes pour exercer ou non la religion de leur choix.

Très solidaires entre eux, les cubains n'ont qu'un ennemi déclaré :
l'impérialisme qu'ils dénoncent et redoutent quotidiennement chez leur plus
proche voisin, les USA. Cependant ils ne font pas d'amalgame et n'ont rien
contre les citoyens et la nation des Etats-Unis, ce sont les politiques
impérialistes et les dirigeants responsables qu'ils combattent. Les cubains
font remarquer que Cuba est sans doute le seul pays ouvertement hostile aux
USA où le drapeau américain n'a jamais été brûlé. Et si un jour le peuple
américain veut se débarrasser de ses dirigeants, les cubains sont prêts à
les aider. Ils sont d'ailleurs spécialement solidaires des peuples qui
luttent pour plus de liberté ou pour leur indépendance : les campagnes de
Che Guevara au Congo ou en Bolivie en sont une illustration militaire. Mais
aujourd'hui, plus pacifiquement, les médecins au Venezuela ou l'accueil et
la formation gratuits d'étudiants sahraouis en littérature ou argentins en
éducation physique et médecine, que nous avons rencontrés, témoignent de
cette solidarité même pendant les difficultés économiques.



- DEMOCRATIE, LIBERTE D'EXPRESSION ET DE CIRCULATION :

Dans ce domaine, rien n'est organisé sur le modèle de nos pays européens.

Il n'y a qu'un seul parti politique : le Parti Communiste Cubain
et aucune expression ou opposition politique n'est possible en dehors du
parti. Les journaux d'information et la télévision sont sous le contrôle de
l'Etat (il existe une presse culturelle et artistique plus diversifiée mais
qui est actuellement restreinte faute de moyens économiques).

Il ressort de nos nombreuses conversations sur ce sujet avec des personnes
de différents horizons sociaux, que les cubains ne se reconnaissent pas
victimes d'une dictature. Pour eux, la liberté d'expression existe au sein
du parti. Dans les comités de quartiers, la parole est libre, on peut
exprimer un désaccord, c'est là qu'on discute concrètement des conditions de
vie sur un territoire proche et qu'on élit des représentants pour faire
remonter les attentes. Bien sûr Fidel CASTRO est régulièrement réélu
président du Conseil d'Etat mais les cubains disent que c'est parce qu'ils
le veulent bien, qu'il ne pourrait pas se maintenir contre la volonté
populaire. Effectivement, il n'existe pas de milice armée chargée de
surveiller et contraindre les individus. La présence policière n'est visible
que dans les grandes villes, là où il y a du tourisme. Les cubains en
compagnie de touristes sont fréquemment interpellés, ils doivent pouvoir
justifier leur présence. Officiellement, c'est pour protéger les touristes,
il y a sans doutes d'autres raisons « internes » à ce contrôle, comme la
prostitution ou le souci de contrôler les flux de devises qui sont
nécessaires à la survie économique mais ne doivent pas déstabiliser
l'organisation sociale.

Nous avons pu circuler librement sur tout le territoire avec les moyens de
transports utilisés par les cubains sans qu'on nous demande où et pourquoi
nous voyagions. Nous avons pu rencontrer et discuter de tous les sujets avec
les cubains dans les lieux publics comme privés, sans jamais être inquiétés.

Les 74 prisonniers politiques sont considérés par les cubains comme des
mercenaires des USA qui reçoivent une rémunération pour participer à la
déstabilisation de la république socialiste. Les opposants non directement
liés aux USA ne seraient pas inquiétés. Nous n'avions pas les moyens de
vérifier ce point de vue mais la présidente du programme Man and Biosphère
de l'UNESCO nous a expliqué que tant que les Etats-Unis n'avaient pas réinté
gré l'ONU, l'UNESCO donnait des avis plutôt favorables sur Cuba, prenant en
compte les résultats en matière de santé et d'éducation. Depuis que les
Etats-Unis sont revenus, l'UNESCO critique régulièrement Cuba sur les droits
de l'Homme. La désinformation semble assez fréquente de la part des
Etats-Unis, pendant notre séjour au moins deux insinuations de G. BUSH ont
fait réagir les cubains : l'une portait sur la nécessité d'une campagne de
vaccination envers les enfants alors que nous avons vu que c'est chose faite
régulièrement et obligatoirement depuis longtemps, et l'autre évoquait un
paradis du tourisme sexuel pédophile, problème non visible au grand jour
comme en Asie par exemple et que les autorités ont traité dès son émergence
dans les années 90 et poursuivent la vigilance en interpellant tous les
cubains qui s'affichent avec des touristes par exemple ou en interdisant l'
accès de certaines zones touristiques aux cubains qui n'ont pas de travail
déclaré sur ces sites.

Si la liberté de circulation est totale pour le touriste, ce
n'est pas aussi simple pour les cubains. D'abord pour des raisons
économiques, le pouvoir d'achat faible à l'intérieur du pays est quasiment
nul vis-à-vis des pays étrangers. Ensuite pour des raisons administratives,
les demandes de visas peuvent durer des mois voire des années et doivent
être accompagnées d'une invitation émanant du pays sollicité. Les
déplacements intérieurs eux sont limités par le manque de moyens physiques
de déplacement, il faut donc faire des queues de plusieurs jours voire
plusieurs semaines pour obtenir un billet, ce qui relativise les retards de
plusieurs heures régulièrement dus aux défaillances techniques.

- les murs ont la parole : cette formule de Mai 68 pourrait
s'appliquer à Cuba mais pour traduire une réalité différente. Les murs
servent de support à des slogans choisis par les dirigeants pour édifier la
population. Les plus anciens de ces slogans sont des louanges aux martyrs de
la révolution ou cherchent à entretenir la motivation et l'élan
révolutionnaire mais le plus souvent ils rappellent des idées humanistes de
José Marti, philosophe qui a inspiré le mouvement d'indépendance puis la
révolution. Dans la diversité des héros évoqués seuls le CHE et José MARTI
reviennent plus souvent sans donner l'impression d'une volonté d'instaurer
un culte de la personnalité et la présence de Fidel CASTRO est des plus
discrètes. Les slogans les plus récents orientent résolument la population
vers le développement durable ou commentent les évènements de géopolitique
marquants pour Cuba.

2 -DURABILITE ECONOMIQUE :

VIABILITE : nous avons vu que les fonctions vitales, alimentation, santé,
logement, éducation sont assurées à un niveau décent pour l'ensemble des 11
millions de cubains. Ceci posé, la rémunération du travail est très faible
et ne permet pas un enrichissement personnel progressif comme nous en avons
l'habitude pour les classes pas trop défavorisées de nos sociétés libérales.
C'est une des raisons pour lesquelles certains jeunes bien formés et donc
avec un potentiel, peuvent avoir envie de s'expatrier. Le tourisme les met
devant la vitrine d'un magasin bien achalandé dans lequel ils voudraient
bien rentrer. Cette raison est sans doute plus réelle qu'une hypothétique
oppression dictatoriale.

EFFICIENCE : l'efficience c'est lorsque l'on est efficace avec un minimum de
moyens. Le contexte particulier de Cuba sous embargo depuis 40 ans et sans
aide extérieure significative depuis 1992 (effondrement du bloc soviétique)
fait qu'il n'y a que très peu d'intrants dans les activités économiques
cubaines qui ont du se fonder sur l'économie de moyens et l'autonomie. De ce
point de vue on peut dire que l'économie cubaine a gagné en durabilité, ce
qui est vrai en agriculture par exemple où les intrants industriels et
énergétiques peuvent être remplacés par des ressources naturelles. Mais ce
n'est pas aussi facile dans tous les secteurs comme dans le transport par
exemple où l'économie de moyens et l'autonomie ne résultent pas de
l'innovation mais plutôt du rafistolage et du recyclage de l' existant,
au-delà du durable.les résultats en sont un service très insuffisant par
rapport au besoins, une pollution évidente et une sécurité relative.
Pourtant l'innovation existe aussi dans les transports avec le co-voiturage
obligatoire pour ceux qui bénéficient des véhicules d'Etat, les camions-bus
de grande contenance, les transports en communs à traction animale.mais le
transport reste un problème à La Havane et sur les longues distances.

DIVERSIFICATION / AUTONOMIE

Pendant longtemps l'économie cubaine a reposé principalement sur les
exportations de sucre et un peu de tabac. L'essentiel des produits
alimentaires étaient importés. L'embargo avait laissé le bloc soviétique
comme unique débouché, ce qui n'a plus fonctionné à partir de 92. Obligé de
mettre fin à cette dépendance fragilisante, l'Etat a réduit considérablement
la production de sucre pour développer une agriculture vivrière.
Pourmaintenir un minimum de rentrée de devises, l'île s'est ouverte au
tourisme.

3- DURABILITE ENVIRONNEMENTALE

Jusque dans les années 90, Cuba s'était engagé dans un développement « à la
soviétique » sans souci des retombées sur l'environnement. Ce qu'il en
subsiste aujourd'hui continue à « cracher » allègrement comme la torchère de
la raffinerie à La Havane ou les moteurs des camions et des voitures
américaines des années 50 aujourd'hui équipées de moteurs de tracteurs ou
voitures russes.

- LES RESERVES ENVIRONNEMENTALES : dans le cadre du programme Man &
Biosphère de l'UNESCO, Cuba a créé six réserves depuis 1985 qui ont pour
objectif de conserver et d'étudier la biodiversité tout en conciliant
l'usage des ressources par les communautés qui y vivent.

Nous avons visité celle de la sierra de Rosario (Las Terrazas) qui est la
plus ancienne et la plus petite mais reste un modèle international pour son
organisation et l'implication des populations locales.

Dans la réserve de Guanahacabibes, à l'extrême pointe ouest de l'île, nous
avons rencontré et accompagné dans leurs travaux pendant quelques jours, les
étudiants qui suivent chaque année la reproduction des tortues marines. Nous
avons eu la chance de croiser la route d'un boa (dite « Santa Maria ») de
plus de deux mètres dans l'après midi et d'assister à la naissance d'une
couvée de cent vingt cinq tortues au petit matin. Sur cette même plage de
sable blanc, ourlée de récifs coralliens où pullule une multitude des plus
colorée (poissons, éponges, algues, crabes.), nous avons aussi remplir
plusieurs dizaines de grands sacs avec les morceaux de plastiques de toutes
origines apportés par la mer.

Chaque Réserve établit son plan de gestion avec le directeur, les
techniciens et tous les acteurs de la zone concernée qui est subdivisée en
trois parties : le noyau central, sanctuaire où seules les recherches
scientifiques sont autorisées, la zone périphérique où les activités
humaines par les autochtones sont admises mais contrôlées et la zone de
transition où peuvent se développer certaines activités économiques.
L'UNESCO participe à une évaluation décennale mais n'apporte pas de
financement pour le fonctionnement, seulement pour des colloques
scientifiques, des formations et des échanges dans le réseau mondial.

Globalement, les problèmes sont le manque de personnel pour assurer toutes
les fonctions, le manque de moyens de communication et de diffusion. Les
projets s'orientent vers la valorisation des produits issus des réserves et
donc la mise en place de cahier des charges, de démarche qualité et de
labels.

- LE CAS DE L'AGRICULTURE :

A Cuba, les rapports entre l'Homme et la nature étaient plutôt difficiles
car celui qui travaillait la terre, c'était l'esclave. Les salariés ont
remplacé les esclaves chez les planteurs de canne à sucre pour une
monoculture d'exportation qui occupait les meilleures terres. Cette histoire
conditionne encore les mentalités, le travail de la terre est mal considéré
ce qui ne favorise pas amour et relations avec la terre.

La révolution, avec le soutien soviétique, avait choisi l'intensification de
la canne à sucre pour l'exportation, à grand renfort de machines, engrais et
pesticides.

En 1990, la fermeture des débouchés et la pénurie d'intrants résultant de
l'embargo ont conduit à un changement radical de stratégie avec pour
objectifs :

-diversifier les productions pour atteindre l'autosuffisance alimentaire,

-réduire l'utilisation des intrants,

-mieux utiliser l'ensemble du territoire qui est vaste mais avec peu de
terres jugées fertiles.



Ce qui ce traduit par :

- diminution des surfaces en canne à sucre

- augmentation des surfaces en pommes de terre (auto suffisance atteinte
aujourd'hui) et riz (60 % des besoins couverts)

- multiplication des sites et des surfaces consacrés au maraîchage notamment
en agriculture urbaine : les «
organico-ponicos ».

- développement de la lutte intégrée (zéro pesticides sur tabac,
maraîchage.)

- recours à la phytothérapie, l'homéopathie et la radiesthésie pour les
plantes et les animaux.

- généralisation de l'utilisation de la matière organique : compostage et
engrais verts, notamment les légumineuses.

- seules la culture d'exportation de canne à sucre et les cultures
vivrières de base (riz et pomme de terre) reçoivent les engrais disponibles
en complément de la matière organique.

- développement de la traction animale (avec des boeufs) et des outils
adaptés sur tabac, maïs, légumes, arboriculture.

- encouragement à la mise en place de petites unités polyculture élevage,
sur les territoires jugés difficiles et délaissés (montagne).

L'Agriculture urbaine : mise en ouvre de façon concertée entre l'Etat, les
ONG et les communautés urbaines. Les Australiens ont apporté l'idée de la
permaculture, système de vie globale et autosuffisant.

Objectifs :

- production supplémentaire d'aliments (fruits et légumes et aussi Ignames,
Manioc.)

- recyclage des déchets organiques urbains.

L'Etat attribue des terrains libres en zone urbaine à condition de ne pas
couper des arbres et d'utiliser ces espaces attribués pour produire.

Les premiers espaces occupés étaient petits et l'Etat a apporté un soutien
pour ces potagers familiaux. Vers 1995, de plus grandes surfaces sont
investies et on passe de l'autoconsommation à la commercialisation. Le
ministère de l'agriculture crée la Direction de l'Agriculture Urbaine. En
1997, la vente qui se faisait sur les marchés ou dans les petits magasins se
fait maintenant sur le site de production : ORGANOPONICO.

Résultats :

- à La Havane, on estime à 20 000 le nombre de producteurs urbains (hors
banlieues) sur environ 2 000 hectares.

- plus grande disponibilité de fruits, légumes, manioc (environ 300 gr /jour
/personne, en plus).

- création d'emplois : producteurs, techniciens d'encadrement.

- épargne supplémentaire.

Aujourd'hui :

- l'agriculture urbaine est prise en compte dans les plans de développement
des villes.

- elle permet de resserrer les liens sociaux

- elle sensibilise les jeunes citadins à l'importance de la terre et de
l'environnement.

Problèmes :

- disponibilité en eau

- ramassage des résidus organiques.

Avenir :

- relier les ORGANOPONICO aux loisirs (jardinage du dimanche) et à
l'écotourisme.

- développer le recyclage des déchets urbains

VALORISATION DU PATRIMOINE

Cuba est un musée vivant. Même s'il existe des musées fermés dans des
bâtiments, l'essentiel du patrimoine est en liberté et participe à la vie
des cubains.

Avec l'ouverture au tourisme, les cubains entretiennent et valorisent les
trois principaux pôles de leur patrimoine : l'architecture espagnole, la
révolution et la musique.

Toutes les villes ont au moins un quartier où l'on peut s'imaginer à
l'époque des grandes familles espagnoles.

Où que l'on soit à Cuba, on peut revivre l'épopée de la révolution chaque
jour dans un musée, au pied d'un monument, sur les murs ou par le témoignage
ému d'un ancien.

La musique est à tous les coins de rue, à toutes heures, pour les touristes
bien sûr mais aussi pour les cubains qui sont soit musiciens soit danseurs :
les racines africaines rythment les sons et les mouvements.

Les cigares et les voitures américaines de 1950 font partie du quotidien
banal pour un cubain.

Impressions :

- il y a des démocraties dites libérales qui permettent la dictature de
l'argent qui fait les riches toujours plus riches et les pauvres toujours
plus pauvres et où la liberté d'expression repose sur « cause toujours,
c'est moi qui détient les médias, la langue de bois et les menaces
extérieures pour garder le peuple dans mon giron».

- il y a un régime socialiste dit dictatorial qui assure l'équité pour tous,
le premier des droits de l'Homme qui est le droit au travail pour vivre
dignement et où la liberté d'expression si elle est limitée n'est pas
confisquée dans le but de privilégier un homme, une famille ou une caste. L'
autoritarisme de l'Etat est en partie contrôlable par la population et il
peut s'expliquer par le fait que Cuba se considère en guerre contre les USA
: il est nécessaire de maintenir la cohésion de la patrie autour des valeurs
de la révolution (qui sont très humanistes au demeurant) et de ne pas donner
de prétexte à une probable intervention étasunienne.

- c'est une succession de portes fermées qui ont amené un pays à ouvrir la
dernière qui donne sur le développement durable. Si on extrapole à la
planète, tant que toutes les portes ne se seront pas refermées, on
n'avancera pas véritablement vers la durabilité. Et parce que les cubains
ont de l'humour, on peut dire qu'ils ont la chance d'être soumis à un
embargo, eux.

- Cuba, avec ses 11 millions d'habitants condamnés à l'autonomie, est un
laboratoire grandeur nature pour le développement durable et les cubains
sont prêts à échanger avec nous sur ce sujet, on y va ?

Jean-Yves MORGANTINI

[www.ruralinfos.org]
 
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