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Maroc : L’AMDH appelle à la libération de Soulaiman Raïssouni, après 120 jours d’incarcération

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Le journaliste Soulaimane Raïssouni / DR.
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L’Association marocaine des droits humains a réitéré ses appels, ce jeudi, à la libération du journaliste Soulaiman Raissouni. Dans un communiqué, l’ONG a exprimé «colère et grande déception» de voir le détenu gardé en prison depuis quatre mois, sans que l’instruction à son sujet ne soit enclenchée par le tribunal.

En effet, l’AMDH rappelle que le journaliste a été interpellé à son domicile le 22 mai dernier, pour comparaître, trois jours plus tard, devant le procureur général qui a décidé son renvoi, sans qu’il ne soit interrogé par un juge d’instruction.

L’association pointe du doigt une «ingérence des services administratifs dans le domaine de la justice, la perturbation du cours du traitement d’un dossier et la prolongation de la période de détention en raison du report des séances d’enquête».

Pour l’ONG, il s’agit ici d’«une violation de la constitution, un coup flagrant à l’indépendance de la justice et une violation injuste des droits du journaliste». Elle ajoute que ces manquements «ne peuvent être justifiés par les risques d’infection à la covid-19» pour que la procédure ne s’ouvre pas.

L’AMDH réitère aussi son indignation face à «une arrestation arbitraire et une violation grave du droit à un procès équitable, ainsi que le non-respect de la nécessité de garantir les conditions de celui-ci» à travers la mise en place de délais raisonnables.

Dans ce sens, le tribunal a rejeté les «requêtes répétées de mise en liberté provisoire de Soulaimane Raïssouni, formulées par sa défense, dont la plus récente a été refusée le 23 septembre, bien qu’il remplisse toutes les conditions pour en bénéficier», rappelle-t-elle.

Malgré ces garanties présentées par la défense, le journaliste reste «dans l’isolement complet», selon l’AMDH, qui fustige les interdictions de visite, de téléphone sauf pour deux appels par semaine sous surveillance et pendant une période ne dépassant pas dix minutes, en plus de l’interdiction de sortie ou encore d’aborder d’autres détenus.

«Même derrière les murs de sa cellule d’isolement, il est privé d’eau chaude, ce qui lui a causé des maladies», ajoute encore l’association, précisant qu’il est également «interdit de prendre ses médicaments malgré sa maladie chronique d’hypertension, et interdit de papiers sur lesquels il écrit pour briser la monotonie».

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