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Grand Angle

Fitch Solutions : Les risques budgétaires du Maroc maîtrisés malgré la hausse des dépenses

Le royaume continuera de réduire son déficit budgétaire malgré la hausse des dépenses prévues par le gouvernement pour apaiser les tensions sociales, alors que la privatisation d’entreprises publiques permettra au gouvernement de renflouer ses caisses, selon l’analyse établie ce jeudi par Fitch Solutions.

Publié Temps de lecture: 2'
Photo d'illustration. / Ph. DR
Photo d'illustration. / Ph. DR

La réduction marginale du déficit budgétaire du Maroc se poursuivra en 2019 et en 2020 et les risques de troubles sociaux inciteront le gouvernement à adopter des mesures de dépenses plus généreuses au cours des prochains trimestres, ralentissant ainsi le rythme de réduction du déficit. C’est ce qui ressort de l’analyse effectuée ce jeudi par le groupe Fitch Solutions, filiale de Fitch Ratings, pour évoquer la situation économique du pays et notamment le recours du gouvernement marocain à la privatisation.     

Ainsi, Fitch Solutions estime que «les mesures de privatisation entraîneront l'essentiel de la croissance des revenus au cours des prochains trimestres». Evoquant le cas de la vente de 8% du capital du géant des telecoms, Maroc Telecom, l’analyse prévoit que le mouvement générera des gains de revenus substantiels, «probablement près de un milliard de dollars selon les estimations du gouvernement». «Il représente l'un des nombreux actifs que le gouvernement est sur le point de privatiser à court terme. Ces efforts vont temporairement augmenter les revenus, permettant ainsi d’augmenter les dépenses sans augmenter les impôts de manière significative», estime-t-on.

Pour Fitch Solutions, l'imposition de nouvelles taxes en 2019 aura également un impact positif, bien que légèrement plus limité, sur les revenus. 

«Les estimations préliminaires indiquent une croissance des recettes fiscales de 4,5% au premier semestre de 2019 par rapport à l'année précédente. Cela résulte principalement d'une série de taxes nouvellement introduites, telles qu'une contribution de solidarité sociale de 2,5% aux entreprises dont les revenus dépassent les 40 milliards de dirhams (en vigueur jusqu'à la fin de 2020) et des taxes sur les boissons sucrées et le tabac.»

Fitch Solutions 

Risques limités pour la trajectoire budgétaire malgré la hausse des dépenses

La filiale de Fitch Ratings dit croire que le gouvernement continuera d'introduire des mesures de dépenses plus généreuses afin d'atténuer les contestations sociales. «Le gouvernement marocain a rapidement réagi aux récentes manifestations syndicales en introduisant une hausse des salaires dans le secteur public et une augmentation des allocations familiales», rappelle-t-elle.

C’est dans son sillage que ses analystes disent s’attendre à ce que les dépenses salariales augmentent avec le service militaire obligatoire que le Maroc a récemment rétabli. «Couplé au budget 2019 déjà expansionniste, nous pensons que cela augmentera considérablement la croissance des dépenses à court terme (…) qui empêchera à son tour le déficit de se résorber plus rapidement», font-ils remarquer.

La différence entre le niveau des recettes et le niveau des dépenses constatées dans le budget de l'État. / Ph. Fitch SolutionsLa différence entre le niveau des recettes et le niveau des dépenses constatées dans le budget de l'État. / Ph. Fitch Solutions

Mais dans l'ensemble, les risques resteront limités pour la trajectoire budgétaire du Maroc. «Le ratio dette publique / PIB du Maroc représentait 65,3% du PIB en 2018. Nous ne prévoyons qu'une augmentation modeste, à 66,7% en 2019 et à 68,0% en 2020, impliquant une augmentation très progressive de la dette», explique Fitch Solutions. 

Et au-delà de la lente augmentation de la dette publique, le calendrier des échéances de la dette marocaine reste, selon le groupe, «assez uniformément réparti avec seulement 29,0% de la dette venant à échéance d’ici fin 2020». En plus du fait que l'encours de la dette libellée en devises du royaume représente actuellement moins d'un tiers de la dette totale, la ligne de précaution et de liquidité du Maroc de trois milliards de dollars, signée avec le FMI en décembre 2018, contribuera à maintenir la confiance des investisseurs, conclut Fitch Solutions.

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