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Après le Nigéria, le Maroc devient une carte électorale en Zambie

De nouveau, le Maroc sert de carte électorale dans un pays du continent : après le Nigéria, la semaine dernière, c’est au tour de la Zambie. Cette quasi-concomitance n’est pas sans soulever des interrogations. Elle interpelle également la «diplomatie parallèle» du royaume.

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Le président zambien Edgar Lungu, lors de l’ouverture de la cérémonie de la 24e session ordinaire entre les chefs d’Etat et le gouvernement de l’Union africaine (AU) au siège de l’organisation à Addis Ababa (Ethiopie), le 30 janvier 2015 / Ph. Reuters
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Le Maroc alimente la course aux élections présidentielles de 2021 en Zambie. Le chef du Parti socialiste (opposition), Cosmas Musumali, a choisi de pointer du doigt la politique étrangère du président Edgar Lungu, et particulièrement le rapprochement avec le royaume, selon un média local.

S’il a condamné la «déportation» de l’opposant zimbabwéen Tendai Biti vers son pays, alors que l’homme est venu chercher refuge en Zambie, Musumali est vite passé sur cet incident pour se concentrer sur le cas du Maroc. Il souligne ainsi que le pouvoir de son pays n’a pas honoré ses promesses de soutien au Polisario.

Le socialiste rappelle que «le 19 février 2016, le président a assuré Salam El-Mami, ambassadeur du Sahara occidental en Zambie, de nos fermes et collectifs appels à l’indépendance du peuple de la République arabe sahraouie démocratique’».

Après le Nigéria, c’est au tour de la Zambie

Néanmoins, il note qu’en février 2017 le président Edgar Lungu a opéré un revirement. «Après que le roi du Maroc, Mohammed VI, a soudain visité la Zambie et signé 19 accords de partenariat, le ministre des Affaires étrangères, Harry Kalaba (démissionnaire en janvier 2018), a déclaré que la Zambie ne reconnaissait pas le Sahara occidental», a-t-il déploré.

La rupture des liens diplomatiques entre la «RASD» et Lusaka a été confirmée en mars dernier depuis Rabat, par le nouveau chef de la diplomatie, Joseph Malanji. «La Zambie n’interférera pas et maintiendra une position de neutralité» vis-à-vis de ce différend régional, a-t-il déclaré lors d’un point de presse animé conjointement avec son homologue marocain, Nasser Bourita.

Cette position des socialistes zambiens n’est pas sans rappeler l’hostilité d’organisations politiques, syndicales, patronales et universitaires à l’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Cette quasi-concomitance entre les déclarations, du jeudi 16 août, de Cosmas Musumali et la conférence d’Abuja du 10 août, soulève des interrogations. Elle interpelle, également, la «diplomatie parallèle» au Maroc, notamment dans les pays africains anglophones.

Les prochaines élections présidentielles de 2021 pourraient connaître un face-à-face entre l’ancien chef de la diplomatie, Harry Kalaba, et le président actuel, Edgar Lungu. Le premier est connu au Maroc pour ses déclarations sur le retrait de son pays de la reconnaissance de la «RASD».

Article modifié le 18/08/2018 à 12h09

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