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Routes rurales : Critiqué par les parlementaires, le PNRR applaudi par Banque mondiale

Mardi, la Banque mondiale s’est félicitée de sa contribution au programme national des routes rurales, affirmant que le projet a eu un impact positif sur la population des zones défavorisées. Seulement, le même programme avait fait grincé les dents d’une commission parlementaire dédiée à ce grand chantier.

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Photo d'illustration. / DR

En 1995, le gouvernement du Maroc lançait le programme national des routes rurales (PNRR) avec l’ambition de désenclaver les régions les plus défavorisées du royaume. Un projet soutenu depuis 2005 par la Banque mondiale qui, 13 ans après sa mise en œuvre, fait un bilan des importantes réalisations.

Dans un article paru mardi, l’institution financière internationale se félicite des 15 500 km de routes rurales, réalisées ou améliorées, en particulier dans les régions les plus défavorisées du Maroc. Un chiffre qui augmente de près de 80% l’accès de la population à des routes rurales.

Une enquête récente auprès des bénéficiaires de ce programme a montré que le taux de scolarisation dans ces zones rurales a «sensiblement augmenté». La Banque mondiale se félicite particulièrement de «l’augmentation de 7,4% de la scolarisation des filles en milieu rural», la qualifiant d’«encourageante». 

«De même, les femmes ont largement bénéficié du programme : pour elles, cela s'est traduit par une augmentation significative du nombre de visites dans les établissements de santé et une réduction substantielle des tâches fastidieuses, le gaz butane étant désormais livré à domicile.»

La Banque mondiale

Pour des routes accessibles toute l’année

Au-delà de l’impact sur la population, l’institution financière indique que son appui -sous forme de prêts en 2006, 2010 et en 2014- a permis de rationaliser le suivi et l’évaluation tout au long des phases de mise en œuvre du programme pour permettre une évaluation régulière des résultats. «En clôturant son projet à la fin de 2017, l’équipe de la Banque mondiale a observé l’impact positif du programme, même sur des voies et des domaines insoupçonnés, et en a tiré une leçon importante : La voie vers les opportunité commence par une route praticable par tous les temps», estime les rédacteurs de l’article.

En effet, en 2005, la qualité du réseau routier rural a été entravée par une fiabilité inadéquate, car de nombreuses routes ont été coupées pendant plusieurs jours et parfois des semaines en raison de conditions météorologiques difficiles, en particulier dans les zones montagneuses. «En raison des faibles densités de population et des mauvaises conditions routières, les sociétés de transport privées limiteraient leurs services à une prise en charge simple et quotidienne».

Et c’est la raison pour laquelle la deuxième phase du programme a concerné trois volets : élargir la densité du réseau de routes rurales toutes saisons dans tout le royaume, réduire l'écart d'accessibilité entre les provinces et assurer la création d'un environnement propice à de meilleurs services de transport dans les zones rurales. La deuxième phase visait également à «donner une plus grande voix aux populations et aux autorités locales pour la sélection des routes prioritaires et une plus grande autonomie pour gérer tous les aspects de la mise en œuvre sur le terrain».

Un programme critiqué par les parlementaires

Mais si la Banque mondiale s’est félicitée de sa contribution à un programme ayant permis de changer des vies, le Programme national des routes rurales n’a pas échappé, en février 2018, aux critiques des parlementaires. «Jusqu’au 31 juillet 2016, soit un an après la fin de la deuxième phase, le programme n’a pas été mis en place comme prévu initialement et n’a pas réalisé de grandes avancées», indiquait en début d’année le rapport d’une commission parlementaire thématique sur le PNRR.

Evoquant les dysfonctionnements ayant empêché ledit programme de réaliser ses objectifs, les députés ont estimé que le taux annuel de réalisation de routes rurales n’a pas été respecté alors que le coût globale a augmenté de 27,44%, dépassant la barre de 15,5 milliards de dirhams. Les routes, elles, n’ont guerre dépassé 13 370 kilomètres, soit 85% du total prévu initialement.

Tout en reconnaissant que l’impact positif du programme sur la population locale, les conditions de la vie rurale, le transport et le commerce, le rapport avait suggéré de «revoir les normes et l’audit», en adoptant une approche qui «met l’accent sur l’élément humain sans tenir en compte les données économiques et sociales ou les gains économiques générés par ces routes». La commission avait aussi suggéré «plus d’implication des acteurs, à différents niveaux, y compris la population et les acteurs sociaux des zones rurales».

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