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Finance Publié

Maroc : Le nouveau régime de change provoquera-t-il une inflation ?

En moins d’une semaine, le nouveau régime de change fait la Une au Maroc avec même des échos à travers le monde. Le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, se dit inquiet quant à l’éventuelle hausse de l’inflation, causée par cette mesure.

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Le Maroc a annoncé vendredi qu'il adoptait un nouveau régime de taux de change / Ph. DR

Quelques jours après l’annonce du ministère de l’Economie et des finances sur l’adoption du système de change flexible par le Maroc, le HCP a alerté quant aux risques d’une hausse de l’inflation dans les mois à venir. Dans sa déclaration à Reuters, Ahmed Lahlimi indique que celle-ci atteindrait «1,6% en 2018», s’étant fixée à 0,2% en 2017. Le responsable explique que ces changements seraient influencés par les cours mondiaux du pétrole, ainsi que la hausse des prix des produits alimentaires.

Commentant la réforme initiée par Bank al-Maghrib (BAM) et recommandée par le Fonds Monétaire International (FMI) pour «renforcer», selon cette dernière, «la capacité d’absorption des chocs et le maintien de la compétitivité», Lahlimi a déclaré à l’agence de presse britannique qu’il fallait «un délai plus long».

«Il devrait y avoir un débat national avec le gouvernement, pour expliquer les facteurs ayant influencé la prise d’une telle décision», soutient le Haut-commissaire au plan. Il explique notamment que le FMI devait mettre en lumière les mécanismes par lesquels le nouveau régime pourrait répondre aux besoins de l’économie nationale. Par ailleurs, Lahlimi redoute un ralentissement de la croissance économique marocaine à 2,8% cette année au lieu de 4% en 2017.

Les prévisions de Fitch

Le nouveau régime de change, géré à travers une fourchette allant de +/- 0,3% à +/- 2,5% et basé sur un panier inchangé composé de l’euro (60%) et du dollar américain (40%), a également été évalué par Fitch, l’une des principales agences internationales de notation. Dans un document publié mercredi, l'agence de notation indique que la décision du Maroc «représente peu de risques pour la stabilité macroéconomique. Mais les bénéfices seront modestes à court terme, car la fourchette de négociatiosn reste étroite».

Cependant et à l’instar des prévisions du HCP, l’agence souligne que l’inflation au Maroc devrait arriver à 2% dans les deux prochaines années, même si elle reste faible actuellement, comparée à novembre 2017 où elle avait atteint 1,3%.

Dans un autre registre, l’agence de notation estime que le projet de la banque centrale marocaine d’élargir la bande de fluctuation permettrait d’introduire un «nouveau cadre de politique monétaire axé sur le ciblage de l’inflation».

Les réactions du ministère des Finances

Lors d’une réunion tenue mercredi entre la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants et celle des finances, de la planification et du développement économique à la Chambre des conseillers, le ministre, Mohamed Boussaid, est revenu sur les conséquences de cette réforme. Se voulant rassurant, il a indiqué que le taux de fluctuation actuel «n’affecterait pas significativement celui de l’inflation et donc le pouvoir d’achat». Par ailleurs, il a déclaré que le contexte économique actuel était propice à cette réforme, compte tenu de la situation du secteur financier et des indicateurs macroéconomiques.

L’entrée en vigueur du nouveau régime de change avait été annoncée par BAM à la fin du mois de juin 2017. Mais finalement elle avait été reportée, suite à la chute rapide des réserves en devise et par crainte d’une hausse sensible de l’inflation.

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