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Politique Publié

Sommet UA-UE : Le Maroc a fini par crever l’abcès

La participation du roi Mohammed VI au sommet UA-UE conforte davantage la présence du royaume en Afrique. Une décision annoncée alors que le carré des alliés du Polisario réunis au sein de la South African Development Community fait face à des changements, notamment au Zimbabwe et en Angola.

Temps de lecture: 2'
Le roi Mohammed VI accueilli par le président Alassane Ouattara dimanche 26 novembre 2017. Ph. Service presse de la Présidence ivoirienne

Le Maroc a fini par crever l’abcès. Le spectre des «projets du royaume semant la division au sein de l’Union africaine», maintes fois brandi par le Polisario et ses alliés n’a désormais plus lieu d’être.

Et pour cause, l’annonce par le cabinet royal de la participation du roi Mohammed VI au sommet UA-UE qui se tiendra les 29 et 30 novembre à Abidjan l’a complètement éclipsé. Une décision pragmatique totalement conforme avec la demande de Rabat d’adhérer sans condition à l’organisation continentale.

La présence du chef de l’Etat à la réunion intervient dans une conjoncture politique plutôt favorable au Maroc, d'autant que des bastions du Polisario en Afrique australe connaissent des changements.

Cap sur la South African Development Community ?

Au Zimbabwe, la sortie par la petite porte de Robert Mugabe permet au Maroc de s’approcher davantage d’un pays-clé dans le tour de table de la South African Development Community (SADC), le groupement régional économique mené par l’Afrique du Sud. Le royaume a déjà tendu la main aux nouveaux dirigeants de Harare. En témoigne le message de félicitations du souverain adressé au président Emmerson Mnangagwa quelques heures seulement après son investiture.

Si le Zimbabwe a été au cœur de l’actualité ces dernières semaines, un autre Etat membre de la SADC est lui aussi en train de vivre une «révolution» à l’abri des radars médiatiques.

En effet, le nouveau président angolais, Joao Lourenço, présenté avant son élection en août dernier comme le docile successeur de Dos Santos, a fini par montrer ses griffes. Il a lancé une vaste campagne de limogeage à l'encontre de responsables proches de son ancien mentor. La fille de son prédécesseur, 44 ans, n’a pas non plus été épargnée par cette vague. Elle a été démise de ses fonctions à la tête de la société pétrolière étatique Sonangola. 

Ces changements en Angola, au même titre que ceux opérés au Zimbabwe, sont prometteurs pour le Maroc. Ils ont contraint des présidents séniles, de surcroît farouchement opposés au royaume, à se retirer du pouvoir. Des départs qui augurent nécessairement l’adoption de nouvelles approches économiques et politiques en rupture avec celles préconisées pendant des décennies par Robert Mugabe et José Eduardo Dos Santos, et qui ne soient pas l'otage des restes de la Guerre froide et du Safari Club.

De toute évidence, l’ouverture du royaume sur la South African Development Community sera suivie de très près par la Namibie, le Mozambique et l’Afrique du Sud. Un trio qui apporte un appui précieux au Polisario tant en Afrique que sur la scène internationale.

13 commentaires
FATEM95
Date : le 28 novembre 2017 à 17h54
Le problème du Sahara nous le trainons depuis 42 ans. Si tu veux dire que c'est une victoire du Polisario, je veux bien l'admettre mais c'est très mince. Les choses sont cependant très claires si tu es un lecteur assidu de Yabiladi et d'autres sites. Dlamini Zuma avait laissé cet résolution ou article (je ne connais pas le terme exact) qui imposait la participation de tous les membres de l'UA. L'objectif du Maroc est plus ambitieux par rapport à ton analyse. Face à lui il a l'Algérie et l'Afrique du Sud, deux géants qui lui donnent du fil à retordre. Une seule solution: prendre le leadership de l'UA. On s'en fout de Belani c'est un détail, l'enjeu c'est le leadership de l'UA et ce leadership est économique et il passe par le leadership de la CEDEAO. Dans une balance, d'un côté la participation du Polisario à un sommet sans lendemain et de l'autre l'entrée dans un ensemble économique pour que demain devenir le patron et attirer le Nigeria et une partie de l'Afrique de l'Ouest de son côté. Au passage il asphyxie l'Algérie mais c'est un autre sujet. La balance penche lourdement du côté de la CEDEAO. Si le Maroc fait capoter le sommet de la Côté d'Ivoire il se fait un tas de pays à dos et il passe pour un intrus qui divise. Il donne des billes pour ses deux ennemis. Donc le Maroc a fait de la Politique et assumé une situation imposée par Zuma il y a un an. De toute façon dans un mois tout le monde aura oublié ce sommet comme les précédents. Les structures restent. Et c'est où auront lieu les prochaines batailles.
Citation
snasseni à écrit:
Que le roi Mohamed VI participe à ce sommet UE-UA me semble être la moindre des choses pour mieux pouvoir préparer le RDV de l'intégration du Maroc à la CEDEAO, en évitant ainsi au pays d'apparaitre comme un troublion au sein de la communauté africaine. Ceci dit, il faut reconnaitre que ce sommet UE- UA est une séquence catastrophique pour le Maroc. Elle révèle, me semble-t-il l'impréparation de la diplomatie marocaine sur le dossier saharien donnant ainsi l'impression d'être une machine lourdement réactive contrairement ce que laisse penser le disours officiel. Au commencement du problème, se présente la décision du Maroc de rétégrer l'UA. Il en découle naturellement la présence du Polisario à toutes les réunions de l'organisation africaine, et de là, une visibilité problématique risquant de se transformer en crédibilité mortelle pour la cause marocaine. Pourquoi n'a-t-on pas "border" cette situation lors de cette integration avec les "amis" du Maroc? La relabellisation du sommet à Bruxelles n'est que la conséquence de cette integration du Maroc à l'UA. Belani, l'algérien a mené une politique très active pour faire admmettre ses amis du polisario au sein du sommet d'Abidjan. Le Maroc a, par contre, été complétement aphone, se contentant, à travers sa presse, de nous rassurer que la présence du polisario au sommet d'Abidjan n'était pas à l'ordre du jour. Il a donné peu d'importance à l'accord de relabellisation de Bruxelles, en nous laissant, par ailleurs, croire que la France était à la manoeuvre pour faire échouer les agissements de la coalition algéro-sud-africaine en faveur des indépendantistes. Il faut reconnaitre notre échec, acté d'ailleurs par le revirement du discours officiel: "On siège avec l'ennemi, et on fait face!....En attendant de le dégager de l'UA". Le Maroc connait, me semble-t-il, une situation difficile, qu'il ne peut résoudre qu'avec le temps en jouant sur un lobbying tout azimut. Mais pendant ce temps, le polisario ne se privera pas de cette opportunité "membre UA" pour mieux vendre sa cause.lors des réunions de cette organisation. Cette légitimation est des plus dangeureuse pour le Maroc.
FATEM95
Date : le 28 novembre 2017 à 17h39
Je ne suis pas d'accord sur le deuxième point. Je le dirai autrement.
Citation
nidrella à écrit:
BLABLABLAAAA
charmeur de serpent
Date : le 28 novembre 2017 à 11h35
Laissons notre diplomatie faire son travail et le Roi sait ce qu'il fait, sinon, il ne participerait pas au Sommet UA-UE. On ne peut pas virer les polisariens de l'UA du jour au lendemain, cela demande beaucoup de travail et de patience surtout que nos ennemis ne ménagent aucun effort pour aider les polisariens. Si notre diplomatie change de tactique, cela ne veut pas dire qu'elle a perdu la bataille diplomatique et on ne sait pas ce qui s'est dit lors de la rencontre entre le Roi et Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union africaine (UA,) qui était en visite au Maroc, début novembre. Juste après cette rencontre, le président de la commission de l’Union africaine (UA) a confirmé la participation de tous les membres de l'UA au Sommet UA-UE et je ne pense pas que cette déclaration n'a pas pris en considération les résultats d'entretien entre le Roi et Moussa Faki Mahamat. Certains intervenants critiquent la presse marocaine et son chauvinisme, mais, cela n'empêche pas ces intervenants d'être trop péssimistes au point d'envisager la défaite même avant la fin de la bataille diplomatique.
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