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Politique Publié

«Qui répondra aux revendications du Rif ?» : Une question secondaire selon Al Adl Wal Ihsane

Au lendemain de la grande marche d’Al Hoceima du 20 juillet, interdite par les autorités locales de la province, certains n’ont pas manqué de pointer du doigt l’absence d’Al Adl Wal Ihsane à ce rendez-vous, que le mouvement a pourtant soutenu. Hassan Bennajeh, membre du secrétariat général de la Jamâa, apporte quelques précisions. Interview.

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Hassan Bennajeh, membre du secrétariat général d'Al Adl Wal Ihsane. / Ph. DW - Privat

Récemment, certains ont accusé votre mouvement d’être mobilisé à Casablanca et Rabat et d’être complètement absent du Rif. Êtes-vous absents du Rif ?

Ce sont des personnes connues qui avancent ce genre d’information et qui sont isolées. Ils disent une chose et son contraire en même temps. Lorsque le mouvement Al Adl Wal Ihsane est remarquablement présent dans un événement, comme le 20 février ou encore la marche du 11 juin, ils affirment que la Jamâa profite des événements ou qu’elle politise ces mouvements. Dans une autre situation, où la Jamâa est toutefois présente, ces mêmes personnes affirment qu’elle se désengage, rentre dans des affaires ou qu’elle est absente.

Ils se basent sur leur haine vis-à-vis de notre mouvement pour nous adresser ces accusations. Et nous ne sommes pas obligés de leur répondre.

A Rabat, la Jamâa a été massivement présente à travers ses militants lors de la marche du 11 juin, contrairement aux manifestations à Al Hoceima…

Nous avons répondu à ces questions et ces remarques pas mal de fois. Nous sommes présents d’abord dans la province du Rif qui connaît des manifestations. Il y a des membres d’Al Adl Wal Ihsane qui habitent dans le Rif et sont présents. C’est normal. Ils font partie de la population et sont concernés par les revendications des Rifains.

Le Hirak a choisi une voie et nous n’avons pas de problème avec cela. C’est une forme de protestation, un Hirak populaire sans slogans politiques. Nous respectons cette décision.

Le Jamâa, à l’extérieur du Rif, soutient le Hirak. Cela, on l’a démontré par nos communiqués et par la Coordination de la marche du 11 juin. Cette dernière s’est constituée dans un grand nombre de villes marocaines et continue d’organiser des activités incessantes sous formes de sit-in et de marches. La presse suit de près ces événements.

Votre position de soutenir le Hirak risque-t-elle de changer ?

Je ne pense pas. Nous soutenons le Hirak. C’est une position que nous avons déjà exprimée. Il s’agit de revendications sociales et économiques dont nous sommes convaincus. La Jamâa n’est pas la seule entité convaincue du fait que ces revendications soient justes. Même l’Etat marocain estime que ce sont des revendications réelles, qui nécessitent une réaction rapide. Malheureusement, il ne fait que renvoyer aux calendes grecques la mise en œuvre de ces demandes. D’où la nécessité de soutenir la population.

Nous avons été l’une des parties à soutenir le Hirak. Le jour où toutes les conditions nécessaires du Hirak seront réunies et que l’Etat répondra favorablement et sérieusement aux demandes et aux revendications qui convaincra la population et les manifestations, nous serons heureux et satisfaits. 

Certains avancent que le discours que prononcera le roi Mohammed VI à l’occasion de la fête du Trône résoudra cette crise du Rif. Que pensez-vous ?

Il n’y a qu’une chose qui est importante pour nous : les revendications sont légitimes. Des manifestations ont eu lieu et des violations ont été enregistrées. Il y a eu des arrestations. Tout cela n’a fait que durer. Chacun des responsables de l’Etat assume ses responsabilités, sans exception.

La conclusion qui nous intéresse, c’est qu’une réponse soit apportée aux revendications, ça s’arrête là. L’identité de celui qui répondra ne nous concerne parce que ce ne sont que des questions secondaires. Souvent, on regarde ailleurs alors qu’il faut regarder le problème en face.

C’est-à-dire ?

Cette partie relative à la détermination des responsabilités et des responsables n’est qu’une problématique secondaire imposée par la réalité politique du Maroc. Ce mariage entre tyrannie et corruption, et le fait que le despotisme se cache derrière plusieurs formes et couleurs ne doit pas être un brouillard qui cachera le centre du problème. Répondons aux problèmes du peuple de manière directe.

Récemment, il y a des appels à manifester le jour de la fête du Trône…

Nous ne sommes pas au courant.

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