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Culture   Publié Le 19/03/2017 à 10h00

Le Cromlech de Mzora au Maroc, un «Stonehenge» en miniature

Le site de Stonehenge est connu à l’échelle mondiale. Figurez-vous qu’au Maroc nous disposons d’un site tout à fait semblable. C’est l’article de la semaine dans notre série consacrée à la découverte du charmes du royaume.

Le Cromlech de Mzora, le «Stonehenge» marocain. / Ph. Skyscrapper

Qui aurait cru que le Maroc disposait de son propre site préhistorique à l'image de celui de Stonehenge. Et pourtant, le Cromlech de Mzora en est bien un. Plus précisément, un site mégalithique préhistorique d’une grande importance, laissé à l’abandon. L’endroit est un connu mondialement par les archéologues et pourrait attirer beaucoup de touristes s’il était mieux mis en valeur.

Le Cromlech se situe à une quinzaine de kilomètres de la ville d’Asilah (région de Tanger), dans la commune rurale d’Ayyacha. Il fait une cinquantaine de mètre de diamètre. Les monolithes (pierres) vont en s’effilant vers le sommet, et font en moyenne 1,5 mètre de hauteur. Le plus grand d’entre eux nommé «El Oueted» fait cinq mètres de hauteur. Le site est situé au milieu de nulle part, mais quelques familles ici et là vivent dans la petite bourgade, principalement en travaillant dans l’agriculture.

Ph. DRPh. DR

Le professeur Youssef Bokbot qui enseigne l’archéologie au sein de l’institut national de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) livre à Yabiladi quelques détails concernant le site «unique de ce type-là en Afrique du nord», déclare-t-il, «vu le gigantisme des menhirs, avec des tailles que nous ne sommes pas habitués à trouver». Il le compare aux sites connus au niveau international, tel que Stonehenge en Angleterre, d’autres en Irlande ou en Bretagne… Le site de Mzora a une influence de l’Europe, plus spécifiquement de l’Atlantique nord.

Le Cromlech selon le professeur, est un «terme breton qui désigne un cercle de pierres érigés -des menhirs- liés à l’astronomie, c’est aussi un monument religieux culturel. Des rites et cérémonies étaient célébrés dans cet endroit-là», explique-t-il. Il faut ajouter qu’au centre du monument se trouve une tombe, «qui a été saccagée par les fouilles espagnoles durant les années 30», précise Youssef Bokbot. Cette dévastation a du coup enlevé tout ce qui permettait de dater l’endroit.

Toutefois, «d’après les témoignages oraux des ouvriers marocains qui ont travaillé avec César Luis de Montalban (chercheur espagnol qui a fouillé l’endroit en 1935/1936,ndlr), il y’avait un coffrage mégalithique -une tombe funéraire avec des aspects colossaux dont des pierres de grandes tailles», raconte le professeur. Il y avait aussi «un squelette avec des épées, mais on ne peut pas se prononcer puisqu’il n’existe pas de preuves matérielles, que des témoignages oraux», dit l’archéologue. Selon l’allure du site et une comparaison avec les sites semblables en Europe, des chercheurs anglais ont évalué la date de création du Cromlech entre -1800 et -900 avant Jésus-Christ, en se basant sur des calculs astronomiques.

Vue aérienne du Cromlech de Mzora. / Ph. DRVue aérienne du Cromlech de Mzora. / Ph. DR

«Une famille a installé une cabane adossée au monument»

Malheureusement, le site est à l’abandon. «Une famille a installé une cabane adossée au monument», s’indigne Youssef Bokbot, «les autorités n’ont rien fait pour déloger cette famille et les indemniser», ajoute-t-il. La présence de cette famille risque d’endommager le monument. L’Etat ne s’intéressait pas au site de Mzora, jusqu’à une dizaine d’années. Une route goudronnée devait passer sur le Cromlech de Mzora.

«Le délégué régional du ministère de la culture s’est opposé à la construction de la route en risquant sa vie pour stopper les pelles mécaniques. Heureusement, il a pu arrêter les choses.»

Depuis cet incident, le ministère de la culture avait aménagé une cloture autour du monument et en a profité pour construire un centre d’interprétation de d’information à coté. «Le centre est vide, personne ne s’en occupe», conclut Youssef Bokbot.

Plan général du site de Mzora. / Ph. Mission préhistorique française au Maroc et INSAPPlan général du site de Mzora. / Ph. Mission préhistorique française au Maroc et INSAP

Historiquement, le monument aurait été fouillé dans l’antiquité par Quintus Sertorius, général romain qui pensait que c’était le tombeau d’Antée, légendaire roi de Libye nord occidentale. Ce dernier aurait été tué par Hercule. Le Cromlech a été découvert en premier par un riche voyageur anglais, Sir Arthur Coppel de Brooke en 1831. Ce n’est qu’en 1875 que le docteur Bleicher a publié la description complète du site en entier. Par contre l’espagnol Cesar Luis de Montalbán a fait des fouilles désastreuses dans les années 30, défigurant complètement le monument.

Article modifié le 20.03.2017 à 18h39

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