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Santé   Publié

Journée mondiale du rein : L'urgence de la prévention et la transplantation au Maroc

En 2017, la journée mondiale du rein a pour emblème : «Le rein et l’obésité, un mode de vie sain pour une meilleure santé rénale». L’obésité est en effet, l’un des facteurs de prévalence les plus importants causant l’insuffisance rénale chronique. Retour sur la sensibilisation aux maladies rénales et sur la greffe, sésame rare et sous-développé au Maroc.

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Après le diabète, l’hypertension artérielle et les maladies cardiaques, la campagne de prévention et de sensibilisation aux maladies rénales s’attaque à un facteur impliquant le régime alimentaire et l’hygiène de vie : l’obésité.

L’insuffisance rénale chronique est une maladie silencieuse touchant 5,9 % de la population nationale, un chiffre avancé par une étude nationale, (MaReMar), explique Dr. Tarik Sqalli Houssaini, néphrologue au CHU Hassan II de Fès et secrétaire général de la Société marocaine de néphrologie. Cette même étude montre qu’en amont 13% de la population est atteinte de diabète, une personne sur cinq est hypertendue et un quart des Marocains est touché par l’obésité.

La maladie rénale évoluant par stades est plus visible au stade finale : celui des personnes nécessitant une dialyse ou une transplantation, le cas de 20 000 personnes au Maroc où 350 centres d’hémodialyse existent. Ces chiffres explosent selon le néphrologue, puisqu’en 2005, il y avait moins de 5000 dialysés, un chiffre multiplié par quatre donc en seulement 12 ans. Si le RAMED prend en charge la dialyse, les traitements et médicaments ne suivent pas et ce malgré les efforts faits par l’Etat et les secteurs privé, universitaire et militaire, explique notre interlocuteur.

Les besoins de la population atteinte ne sont donc pas totalement couverts. La double solution préconisée par le médecin repose sur la prévention et la transplantation.

La culture du don est à développer

La transplantation est structurée au Maroc depuis 1998, date de la loi n° 16-98 qui définit les limites du don de la part du milieu familial du receveur ou de la part de donneurs décédés qui ont préalablement déclarés être donneurs. Depuis cette date, le total de transplantations rénales a été comptabilisé entre 500 et 600 au Maroc.

Ces dernières années 50 transplantations sont effectuées chaque année, ce qui est largement en-deçà des besoins, une différence énorme souligne Dr. Akesbi. Il rappelle que dans d’autres pays le chiffre est supérieur par centre hospitalier.

«Il reste beaucoup à faire malgré les avancées enregistrées, à savoir les transplantations réussissent aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, les enfants sont également transplantés. La culture du don reste à développer, on a très peu de donneurs au Maroc où l’on fait l’éloge du bien avec la religion qui aide, ce qui ne se traduit pas en pratique.»

Le don d’organe de personnes décédées n’est pas systématique, toute personne qui souhaite être donneuse doit s’inscrire dans un registre disponible au tribunal de première instance de toutes les villes, un accord qui n’est pas irréversible. Le spécialiste exhorte les familles des personnes décédées à faire don des organes : «Un donneur ou une famille qui accepte de faire un don sauve plusieurs vies, non seulement les reins qui iront à deux personnes, mais aussi le foi, le cœur, la cornée. Si on développait ça, ce serait extraordinaire».

Le mesure bien ficelée administrativement permet d’éviter tout soupçon de trafic, une transparence totale essentielle pour motiver les gens à devenir donneur. Une liste nationale est gérée par un service central au sein du ministère de la santé définissant les priorités. Pour sensibiliser les citoyens à cette cause, il faut en parler, renchérit le docteur : «En transplantation, on a trois messages clairs : une transplantation rénale donne une plus grande espérance de vie pour le receveur, une meilleure qualité de vie qui lui permet de retrouver une insertion sociale qui est souvent perdue et c’est finalement beaucoup moins onéreux que la dialyse et ce dès la première année, une économie pour les familles des patients, pour l’Etat et pour le contribuable.»

Cependant le don des personnes vivantes qui ne sont pas proches du receveur est interdit par la loi : «C’est une bonne chose à long terme. À court terme, il faut développer le don sans trop élargir cette brèche pour garder la crédibilité de cette transplantation, l’asseoir pour que la population ait confiance et éviter les réticences et les rumeurs infondées», conclut le médecin.

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