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Société Publié

Les kamikazes ont encore frappé à Casablanca et ils courent toujours!

Comment traduire, lire, expliquer, les faits qui se sont déroulés, succédés, durant plus de 4 heures en plein cœur de Casablanca ? Tout a débuté à 8 heures 45, ce samedi, au consulat général des Etats-Unis d’Amérique, situé dans le quartier Moulay Youssef (voisin de pallier du siège social de Attijariwafa bank).
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Deux terroristes se dirigent sans complexes vers la porte d’entrée alors que l’antenne consulaire est fermée le samedi. D’après une source policière, ils menacent les agents de sécurité, et l’un d’entre eux, Mohamed Maha, décide d’actionner sa ceinture d’explosifs. Une forte déflagration éclate, les agents de sécurité se réfugient dans le consulat, des cris hantent le quartier, des voix appellent au secours, c’est le début d’une panique qui va gagner l’ensemble du quartier Moulay Youssef durant cette matinale…

Son acolyte ou plutôt son frère de sang, Omar Maha, s’enfuit à toute enjambée et tente de regagner le centre-ville et se fondre dans la population. Un objectif qu’il n’atteindra jamais. A hauteur du Centre de langue américain, basé à environ 400 mètres du lieu de la première explosion, il tombe nez à nez avec un fourgon de police qui se dirige vers le consulat des Etats-Unis. Le kamikaze se retrouve pris en otage entre des poursuivants lancés à ses trousses et des agents de la sûreté nationale. Dès lors, le jeune terroriste glisse sur la chaussée et, dans un geste de désespoir, se fait exploser au nez et à la barbe des personnes présentes sur place. La scène se déroule à 9 heures 05.

Très vite, l’appareil sécuritaire se met en ordre de bataille. La guérilla urbaine est relancée, 76 heures après la journée meurtrière de Hay Farah (5 morts dont 1 policier) ! Tous les corps sécuritaires (police scientifique, forces auxiliaires, tireurs d’élite, policiers, DST,…) sont sur le pont et la tension est extrême. Chaque élément brandit son arme à feu, du simple pistolet, aux fusils à pompe. Le quartier est bouclé, la population (ils étaient plus de 7000 dans la rue) est terrorisée, c’est la panique générale ! Alors que les techniciens de la police scientifique s’attachent à recueillir toutes les pièces à convictions (déchets humains, détritus d’explosifs), l’alerte est donnée quant à la présence d’un troisième kamikaze au sein d’un immeuble en construction. Sans perdre une seconde, l’assaut est donné. Au bout de quelques minutes, des mouvements de foule, amassée sur les barrières de sécurité, indiquent que la chasse a été bonne. En effet, les policiers interpellent un terroriste présumé, tentent tant bien que mal de le protéger de la foule survoltée et le conduisent au commissariat, situé non loin de là, Bd Roudani. La tension monte d’un cran et on assiste à des arrestations plus où moins anarchiques, sur simple dénonciation ou sur la base de critères fort approximatifs (à l’instinct). Selon des rumeurs persistantes, des agents de sécurité auraient découvert une ceinture d’explosifs planquée dans le sous-sol de l’immeuble en question. Pour l’heure, rien ne le confirme.

La traque continuera jusqu’à 12 heures, puis l’ordre sera donné de lever le camp, de fluidifier les axes routiers et la population. En fait, il s’agissait, pour la police, de se redéployer dans des zones qui abriteraient les commanditaires, voire des compagnons de fortune. Cette stratégie allait s’avérer efficiente avec l’arrestation de deux individus à Sidi Moumen, dont l’un d’entre eux serait un des cerveaux de l’organisation du 11 mars 2007 et l’autre, un membre actif. En outre, les frères et sœurs du duo infernal du jour, les Moha, étaient interpellés à leur domicile, quartier de Derb Soltane à Casablanca, pour une série d’interrogatoires…musclés.

Les kamikazes visaient-ils délibérément les intérêts américains ? Pourquoi ont-il agit un samedi matin à l’aube ? Pour adresser un message à la population, celui de ne pas en vouloir au peuple, mais aux représentants de la loi (des policiers étaient postés devant le consulat général américain) ? Autant d’interrogations qui maintiennent une pression psychologique intense, aussi bien pour l’appareil sécuritaire que pour les kamikazes, qui courent toujours.

Tout porte à croire que Casablanca pourrait connaître des actes de barbarie dans les prochaines heures. Le danger est bien réel et la situation de plus en plus critique.

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