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Histoire Publié

Vietnam : La Porte du Maroc à Hanoi va être restaurée

La ville de Hanoi au Vietnam a décidé de restaurer la Porte du Maroc, un monument de l'architecture marocaine, destiné à renforcer les relations maroco-vietnamiennes. Seulement, cette porte construite par des soldats marocains ayant participé à la Guerre d'Indochine, apporte un témoignage sur un épidode douloureux de l'histoire. Elle est le symbole de l'épopée de soldats marocains en terre étrangère. Plongée dans cette histoire commune. 

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Bab Al Maghariba avant sa restauration en 2009 / Crédit Photo: Nelcya Delanoë
Bab Al Maghriba après avoir été restaurée (DR)

C’est le vestige d’une histoire presque oubliée mais qui se rappelle encore aux jeunes générations. Sur demande de l’ambassade du Maroc à Hanoi, la ville a engagé un projet de restauration et de conservation de la Porte du Maroc, située dans le district de Ba Vi en banlieue de Hanoi. La restauration de la Porte du Maroc est destinée à renforcer les liens d’amitié entre le Vietnam et le Maroc, rapporte la presse locale.

Petit rappel historique. Pendant la guerre d’Indochine (1946 - 1954), plusieurs membres du corps expéditionnaires français -dont des Marocains- sont faits prisonniers et déportés dans des camps de rééducation implantés dans la jungle par le leader vietnamien Ho Chi Minh qui ne laisse le choix aux soldats que le ralliement à ses troupes. Certains y décéderont alors que d’autres rejoindront leurs compatriotes ayant déserté pour rejoindre les troupes vietnamiennes rebelles. Ils se marieront à des Vietnamiennes, et s'implanteront dans la région à la fin de la guerre. Des enfants d’anciens soldats marocains morts aux combats attendent toujours de retourner dans le pays natal de leur père, comme le résume un poignant documentaire de la chaîne Al Jazeera.

Restaurée pour renfocer les relations maroco-vietnamiennes

Saisis de la nostalgie du pays natal dans cette terre étrangère, des soldats marocains décident d’ériger en 1963, une porte à arcades rappelant celles qui ornent l’entrée des médinas marocaines. Ils l’appelleront «Bab Al Maghariba». Elle leur permet de revivre le souvenir lointain du pays qu’ils avaient jadis connus et dont la guerre les a éloignés. Seulement après le retour des soldats au Maroc, la porte a été assaillie par la jungle, de la végétation a commencé à pousser dessus. Mais la porte est restée debout comme symbole de résistance. En 2009, sous l’impulsion de l’ambassade du Maroc à Hanoi, la porte avait déjà été restaurée.

Aujourd’hui, la ville de Hanoi a décidé de la restaurer en signe de renforcement des relations maroco-vietnamiennes. Elle lui permettra d’effacer ou d’adoucir, le souvenir douloureux de ces soldats marocains qui, pour certains, n’ont jamais revu leur pays d’origine. Mais la porte qu’ils ont construite à laisser une empreinte indélébile dans le temps. Elle se dresse au cœur de la jungle de Hanoi, pour rappeler l’histoire méconnue de ces soldats morts loin de leur pays. La porte répond bien aux deux autres noms qui lui sont attribués : La Porte Immortelle et La Porte Permanente. Immortelle et permanente comme le souvenir de l’histoire tragique de ces soldats marocains.

Pour aller plus loin...

En complément de notre article, nous invitons nos lecteurs qui souhaitent en connaître plus sur l'histoire de ces soldats marocains, à lire le livre "Poussières d'empires", publié en 2002 aux presses Universitaires de France. L'oeuvre est signée Nelcya Delanoë, historienne et ancienne professeure à l'Université de Paris X-Nanterre. Elle y apporte un récit lumineux sur l'histoire méconnue de ces soldats marocains. Récit dont s'est inspiré cet article pour apporter un éclairage sur la construction de cette porte, symbole du Maroc en terre vietnamienne.

Article modifié le 05.05.2016 à 13h10

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