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Grand Angle

Maroc : Des ONG appellent à éradiquer la pauvreté et alertent sur la féminisation du fléau

En commémoration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, ce 17 octobre, des organisations de la société civile au Maroc ont appelé à renforcer les piliers d’une justice sociale équitable et inclusive. Dans le pays, le fléau est marqué par une féminisation, d’où l’ADFM appelle à «abolir toutes les dispositions qui créent et/ou accentuent les disparités sociales et territoriales en matière d’éducation, de santé et d’économie».

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Photo d'illustration / Ph. ONU Femmes Maroc
Temps de lecture: 4'

Le 17 octobre marque la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, proclamée le par l’Assemblée générale des Nations unies le 22 décembre 1992. Cette année, l’ONU a placé cette commémoration sous le signe de «Mettre fin à la maltraitance sociale et institutionnelle». A cette occasion, plusieurs organisations de la société civile au Maroc ont appelé à une lutte plus efficace contre ce fléau, qui a tendance à se féminiser avec la baisse de l’emploi chez les femmes, pourtant de plus en plus instruites.

Plaidant «pour une protection sociale et un travail décent», l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) estime en effet que malgré les efforts onusiens pour la lutte contre la pauvreté comme «pièce maîtresse des Objectifs de développement durable» (ODD) depuis 2015, «tous les indicateurs» démontrent une courbe en hausse. Au Maroc, qui adhère à la réalisation des ODD également, les politiques publiques en la matière ont montré leurs limites. Selon l’ADFM, «le nombre de personnes en situation de pauvreté a enregistré une augmentation significative, passant de 623 000 en 2019 à 1,42 millions en 2022».

Dans un communiqué parvenu à Yabiladi à l’occasion de cette Journée mondiale, l’ONG prévient aussi que «les disparités sociales se renforcent en raison de l’inflation et se répercutent sur la progression de la pauvreté et de la vulnérabilité socioéconomique des femmes». «Ceci est confirmé d’une part, dans l’indice de l’écart entre les sexes, où le Maroc occupe actuellement la 137e place sur 146 et d’autre part, par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui annonce que le pourcentage des femmes inactives est passé de 7 millions en 2020 à 11,19 millions en 2022», rappelle l’ADFM.

Un phénomène qui s’accentue en aggravant les vulnérabilités

Pour l’organisation féministe, «la pauvreté constitue une atteinte majeure à la dignité humaine et aux droits fondamentaux», d’où la Journée internationale est «une occasion pour rappeler les engagements du Maroc contenus dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et d’autres pactes et conventions internationaux, ainsi que dans les engagements importants contenus dans le Programme gouvernemental 2021-2026».

Dans ce sens, l’ADFM appelle le gouvernement à honorer son engagement de «porter le taux d’activité des femmes à plus de 30% au lieu des 20% actuels», outre la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement, «en portant le pourcentage de femmes actives à 45% comme un objectif stratégique d’ici 2035». Elle préconise aussi d’«étendre la protection sociale à toutes les femmes urbaines et rurales», en plus de «généraliser la couverture sociale de manière inclusive et équitable à toutes les catégories de travailleuses, y compris pour le travail de soin dispensé par de nombreuses femmes pour le bien-être, la santé et l’éducation des enfants, la prise en charge des personnes âgées, etc.»

Dans cette dynamique, le développement social reste une épine dorsale d’une lutte efficace contre la pauvreté, «sur la base d’une révision de la répartition des richesses productives, d’une amélioration générale des revenus, de la réduction du chômage, de l’universalisation et l’amélioration des services publics ainsi que l’élimination de la corruption à travers le principe de non-impunité», insiste l’ADFM. A ce titre, elle appelle notamment à «garantir à tous les citoyens et toutes les citoyennes un travail décent et un espace de travail exempt de toute forme de violence», en ratifiant la Convention 190 et la Recommandation 206 «pour mettre fin à la violence et au harcèlement fondé sur le genre dans le monde du travail».

La lutte contre la pauvreté passe par la lutte contre la corruption

Faisant également le constat d’une pauvreté accentuée dans le pays, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) estime que la privatisation des secteurs vitaux de la santé, de l’éducation, des transports publics et d’autres services sociaux, aggrave le phénomène, particulièrement au niveau territorial. «Les politiques économiques et sociales suivies jusqu’à présent restent rentières et maintiennent plutôt les équilibres macroéconomiques», ce qui «creuse l’écart des disparités géographiques et celles fondées sur le genre», notamment à travers la dimension de l’emploi. Dans un communiqué à l’occasion de cette Journée mondiale, l’ONG déplore ainsi «le cercle de la pauvreté et de la vulnérabilité» qui s’élargit.

A ce titre, l’AMDH dit partager l’avis du Rapporteur spécial sur la question de l’extrême pauvreté et des droits de l’Homme, selon lequel «la pauvreté est une question de choix politique» et qu’«elle ne peut être éradiquée qu’en revoyant la perception de sa relation avec la croissance, tout en abordant la question des disparités à travers le principe de redistribution des richesses, la promotion de la justice fiscale, la mise en œuvre d’une protection sociale complète, tout en plaçant le rôle du gouvernement au centre du processus, avec une gouvernance participative».

Dans ce sens, l’association souligne qu’«éliminer la pauvreté et la vulnérabilité en luttant contre leurs causes profondes est possible, par l’éradication de la corruption et la consécration d’un système démocratique», garant des droits politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux créant «les conditions favorables au développement durable».

Berkshire
Date : le 18 octobre 2024 à 00h30
Ces chiffres mon cher, sont délrants oui, mais ils ont été fournis par le président de l’instance de lutte contre la corruption, instance CONSTTUTIONNELLE, et nommé par le ROI … Ils ont été ensuite adoptés et utilisés par d’autres instances, même par le chef du gouvernement de l’époque Othmani. Alors continue de douter de leur crédibilité. Comment lutter contre la pauvreté ? Tu es sérieux ?? Tu le fais exprès quand tu parles de distribution de denrées pour toujours ? !!! Je reviendrai la dessus si tu veux, mais je te laisse digérer d’abord les chiffres délirants (oui je suis d’accord avec toi), mais crédibles et vérifiés, de la corruption.
AL MASSIRA
Date : le 17 octobre 2024 à 23h58
Je te réponds puisque c'est moi que tu vises. D'abord je ne réponds pas sur les chiffres car en général des chiffres sont avancés mais on ne sait pas ce qu'ils valent, de plus on mélange des chiffres qui ne sont pas du même ordre de grandeur. Le fassad sui couterait 5 milliards de dollars, c'est ahurissant !!! comment on le mesure et sait-on ce que ça veut dire 5 milliards de dollars. C'est du délire. Deuxièmement, on parle de combat contre la pauvreté, c'est le sujet je maintiens qu'on n'a pas les moyens de le faire et là il faut raisonner sur les chiffres qui sont en rapport avec les budgets de l'état et non pas des chiffres de la corruption ou du détournement, il doit y avoir un rapport 1000 si ce n'est 10.000. Comment combattre cette pauvreté ? Sait-on de quoi on parle car ces associations c'est comme les écolos ou les communistes, elles disent n'importe quoi. Comment combattre la pauvreté ? on fournit un salaire au pauvres ? On leur donne des denrées gratuitement ? Et sur combien de temps, éternellement ou les faire manger un mois et arrêter. Donner gratuitement, ça s'appelle de l'assistanat. Certains pays riches le font, ils en ont les moyens mais ça pose un gros problème, c'est que les gens ne veulent plus travailler et profitent du système social. Les chiffres sont faramineux. Il n'y a qu'un seul moyen de combattre la pauvreté, le travail, l'emploi. ça permet de combattre cette pauvreté dans la durée, en laissant aux gens leur dignité. Et en allégeant le contribuable. Certaines régions sont riches et d'autres pas. Comment transférer la richesse d'une région à l'autre ? Il ne suffit pas de remarquer mais il faut proposer des choses raisonnables. Et il ne faut pas penser que c'est un manque de compassion avec ces pauvres ni une non reconnaissance de leur existence.
Citation
Berkshire à écrit:
Quand les pauvres revendiquent des solutions contre la pauvreté, on leur répond que le pays est pauvre, n'a pas de pétrole, Allah Ghalebn Sebro Inna Allaha Maa Sabireen. Mais quand quelqu'un se pose des questions sur certaines dépenses démesurées sans retour sur investissement comme le grand stade de Casa, on lui répond que le royaume est un grand pays millénaire qui joue dans le cours de grands ... cherchez l'erreur !!! La solution contre la pauvreté c'est la répartition équitable des revenus et des ressources, le pay n'a pas de pétrole mais a de nombreuses richesses naturelles et des revenus fiscaux de ces citoyens. Ces revenus ne sont pas investis équitablement entre les régions. Ajoutons à cela le fléau du fassad qui coûte au pays 50 Milliards de DH par an, l'équivalent de plusieurs CHU et centaines d'écoles par an, ou encore de plusieurs milliers de Km de routes, de chemins de fer, de zones d'activités etc ... tout ça PAR AN, donc imaginez sur 10 ou 20 ans . Donc pas besoin de creuser les sols à la recherche de pétrole , la richesse se trouve en surface, en quantités assez correctes et disponible immédiatement.
Berkshire
Date : le 17 octobre 2024 à 22h26
Quand les pauvres revendiquent des solutions contre la pauvreté, on leur répond que le pays est pauvre, n'a pas de pétrole, Allah Ghalebn Sebro Inna Allaha Maa Sabireen. Mais quand quelqu'un se pose des questions sur certaines dépenses démesurées sans retour sur investissement comme le grand stade de Casa, on lui répond que le royaume est un grand pays millénaire qui joue dans le cours de grands ... cherchez l'erreur !!! La solution contre la pauvreté c'est la répartition équitable des revenus et des ressources, le pay n'a pas de pétrole mais a de nombreuses richesses naturelles et des revenus fiscaux de ces citoyens. Ces revenus ne sont pas investis équitablement entre les régions. Ajoutons à cela le fléau du fassad qui coûte au pays 50 Milliards de DH par an, l'équivalent de plusieurs CHU et centaines d'écoles par an, ou encore de plusieurs milliers de Km de routes, de chemins de fer, de zones d'activités etc ... tout ça PAR AN, donc imaginez sur 10 ou 20 ans . Donc pas besoin de creuser les sols à la recherche de pétrole , la richesse se trouve en surface, en quantités assez correctes et disponible immédiatement.
AL MASSIRA
Date : le 17 octobre 2024 à 20h25
Difficile d’être en désaccord avec un appel et un combat aussi noble. Comment financer ce combat contre la pauvreté ? Il faut le financer, c’est à dire avoir une richesse publique à distribuer. Le Maroc n’est pays pétrolier, il n’y a que la création d’emplois qui éradique la pauvreté. Comme d’habitude on transpose des problématiques de pays riches à des pays pauvre ou en développement.
Dernière modification le 18/10/2024 00:30
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