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Grand Angle

«Violeur de Tinder» : Salim Berrada condamné à 18 ans de réclusion avec interdiction du sol

A l’issue de huit journées à la cour criminelle de Paris, le photographe marocain Salim Berrada a écopé de 18 ans de réclusion, avec une interdiction du territoire français. Dans le cadre de cette affaire dite du «violeur de Tinder», le tribunal a reconnu la culpabilité du mis en cause dans 15 sur 17 plaintes pour viol et agression sexuelle.

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Le Cour criminelle de Paris a condamné, vendredi soir, le photographe marocain Salim Berrada à 18 ans de réclusion, assortie d’une interdiction définitive du territoire français. L’homme de 38 ans a été reconnu coupable de 12 viols et de 3 agressions sexuelles, sur la base de 17 plaintes concernant des faits datés entre 2014 et 2016. Faute de preuves à charge et partant du principe du bénéfice du doute, il est acquitté pour deux viols, dont les plaignantes ne se sont jamais présentées à la cour.

Lors du réquisitoire, le ministère public a requis 19 ans de réclusion avec interdiction du sol français. La cour a retenu le «caractère particulièrement organisé» des faits incriminés, un «mode opératoire éprouvé» et le «caractère sériel de ces crimes et délits», qualifié de «particulièrement inquiétant», selon le président Thierry Fusina.

En effet, le profil psychologique du mis en cause a montré un risque réel de récidive, selon les experts auditionnés lors de ce procès. Dans les faits, malgré sa mise en examen, Salim Berrada a fait de nouvelles victimes, dès sa remise en liberté en 2019.

Un hameçonnage déguisé en shootings offerts

Les faits pour lesquels Salim Berrada est désormais reconnu coupable se sont déroulés à son studio à Paris, lors de séances de shooting durant lesquelles il a drogué les plaignantes pour abuser d’elles. La prise de contacts avec les victimes commence sur une application de rencontres ou sur un réseau social. S’ensuit une séance photo, souvent offerte, une consommation de plusieurs verres d’alcool, une suspicion de soumission chimique, puis un rapport sexuel non consenti.

Rejetant tout en bloc depuis sa première mise en examen en 2016, Salim Berrada a cependant reconnu le non-consentement total de ses victimes, à travers ses déclarations lors de sa dernière audience du procès. «Il y a des personnes qui ont couché avec moi pour faire bonne figure alors qu’elles n’en avaient pas réellement envie. Il y en a qui ont couché avec moi pour avoir leurs photos et quand elles ne les ont pas eues, elles ont dit avoir subi un abus», a-t-il soutenu.

Arrivé en France à 18 ans, diplômé d’une école d’ingénieur, Salim Berrada s’est lancé dans la photographie en 2013. Installé à Paris, il s’est fait connaître sur les réseaux sociaux à travers des groupes de photographes et d’apprenties modèles. Celles-ci se sont vu proposer des shootings, à travers des messages flatteurs du mis en cause.

Au studio, le photographe incite les jeunes femmes à boire de l’alcool avant la séance photo. Lors du shooting, les plaignantes ressentent des «vertiges», «l’impression de ne plus contrôler leurs muscles», des «souvenirs flous», ou encore «un trou noir».

Selon elles, Salim Berrada change subitement de visage et leur impose des actes sexuels violents, malgré leurs refus. Des traces de MDMA et des substances sédatives ont été trouvées dans les cheveux de plus de la moitié de victimes.

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