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Marocanité du Sahara : Blinken botte à nouveau en touche

Le 10 décembre 2020, le président Donald Trump a reconnu la marocanité du Sahara. Presque une année plus tard, l’administration Biden n’a pas encore clairement décliné sa position. En témoignent les dernières déclarations d’Antony Blinken.

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Antony Blinken, secrétaire d’Etat américain / BBC Africa
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Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, effectue du 15 au 20 novembre, une tournée dans cinq pays africains. A cette occasion, le chef de la diplomatie a accordé une interview à la chaîne BBC Africa. Sans surprise, la reconnaissance de son pays, sous le président Donald Trump, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental était au menu de cet entretien.

Fidèle à la ligne que l’administration Biden s’est fixée depuis son investiture, le 21 janvier 2021, Blinken s’est refusé à décliner la position de son pays sur ce sujet. «Nous sommes maintenant très concentrés sur le soutien aux efforts de l'envoyé des Nations unies Staffan de Mistura, et à un processus dirigé par l'ONU pour trouver une solution durable et digne. C'est l'objet de nos efforts», a-t-il expliqué. Pour rappel, Blinken avait fait de la désignation d’un successeur au démissionnaire Horst Köhler une priorité de son action. Il a déjà abordé, le 29 mars, la nomination d’un nouvel émissaire lors d’une réunion avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Néanmoins, la langue de bois de Blinken n’a pas réellement convaincu le journaliste de la BBC Africa qui a insisté avec une autre question sur les intentions de l’administration Biden pour réviser le décret de Trump. «Nous nous concentrons sur ce processus de l'ONU, en aidant à le faire avancer. Nous parlons à toutes les parties concernées. Et en ce moment, l'accent devrait être mis sur ce que l'ONU fait, encore une fois, pour trouver une solution durable et digne», a réitéré le chef de diplomatie avec la même prudence.

L’administration Biden ne parvient pas à sortir de la zone grise

«Nous avons été très engagés avec toutes les parties. Et comme je l'ai dit, notre objectif en ce moment est de nous assurer que ce processus peut avancer, d'autant plus que nous avons maintenant un envoyé de l'ONU après une longue attente pour sa nomination. C'est là où se concentrent nos efforts. C'est là où va notre soutien», a précisé Blinken.

Force est de constater que dix mois après son investiture, l’équipe Biden n’arrive toujours pas à déclarer publiquement si elle entérine la décision prise par Donald Trump ou pas. Elle est tiraillée entre ses propres intérêts, les intérêts de son principal allié stratégique, Israël, avec le royaume et les relais de l’Algérie et du Polisario au Sénat, à la Chambre des représentants et au sein des partis Démocrates et Républicains.

Des relais qui accentuent leurs pressions sur cette administration pour qu’elle annule la reconnaissance de la marocanité du Sahara. Ainsi, l’examen du projet de budget des Etats-Unis a donné l’occasion aux partisans du Polisario de faire entendre leurs voix. En témoigne, d’ailleurs, la proposition du sénateur Jack Reed, visant à conditionner le financement des programmes de coopération militaire avec le Maroc à son acceptation d’un plan de paix au Sahara occidental. Une requête finalement rejetée par l'équipe Biden.

Les déclarations de Blinken traduisent cette ligne politique de Washington. Une ligne que le secrétaire d'État adjoint par intérim aux Affaires du Proche-Orient, Joey Hood a clairement expliquée à Rabat le 28 juillet. «Nous soutenons tout processus crédible mené par les Nations unies, devant épargner à la région un conflit, arrêter tous les actes de violence et garantir une paix durable».

Le 29 octobre, à l’occasion de l’adoption par le Conseil de sécurité d’une nouvelle résolution sur la question du Sahara, le représentant des Etats-Unis a affirmé que son pays «continue à considérer le plan d'autonomie du Maroc comme sérieux, crédible et réaliste pour satisfaire les aspirations des populations de la région à un avenir pacifique et prospère». En revanche, point de mention sur la reconnaissance de la souveraineté du royaume sur le Sahara.

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