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Ceuta et Melilla : El Othmani déclenche la colère du gouvernement espagnol

Coup de tonnerre sur les relations maroco-espagnoles. Le gouvernement espagnol a convoqué l’ambassadrice du Maroc pour des déclarations d’El Othmani sur la marocanité de Ceuta et Melilla. Des propos que tous les responsables au Maroc ont pourtant déjà tenus.

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L’ambassadrice en Espagne a été convoquée, ce lundi, d’ «urgence» par la secrétaire d’Etat au ministère des Affaires étrangères, Cristina Gallach, pour lui signifier la protestation du gouvernement espagnol suite aux déclarations de Saad-Eddine El Othmani sur Ceuta et Melilla. La n°2 de la diplomatie de Madrid a demandé des «explications» à la diplomate marocaine, précisant que l’«Espagne attend de tous ses partenaires qu'ils respectent sa souveraineté et son intégrité territoriale».

Dans une interview accordée à la chaîne saoudienne Acharq, El Othmani a réitéré que «Ceuta et Melilla sont marocaines, comme pour le Sahara». Le chef du gouvernement a affirmé sur un ton diplomate que «le statu quo depuis cinq ou six siècles» ne peut durer éternellement. «Le jour viendra pour ouvrir» ce dossier.

Des propos qui ne constituent pas une nouveauté. D’autres responsables marocains avaient revendiqué la marocanité des deux villes sans que l’exécutif espagnol n'ait procédé à la convocation du représentant du royaume à Madrid. En témoigne, la colère de l'ancien Premier ministre, Abbas El Fassi, suite à la visite de l’ancien roi Juan Carlos à Ceuta et Melilla en novembre 2007.

Le gouvernement espagnol sous pression de l’opposition de droite

«L'Espagne doit comprendre que le temps du colonialisme est révolu», avait-il martelé dans une allocution présentée lors d’une session extraordinaire de la Chambre des représentants consacrée à dénoncer ce déplacement royal. «Ceuta et Melilla font partie intégrante du territoire national et leur récupération se fera par des négociations directes comme ce fut la cas pour Tarfaya, Sidi Ifni et pour le Sahara marocain», avait martelé El Fassi.

Certes la donne a depuis changé. La reconnaissance du président Donald Trump de la marocanité du Sahara a pris de court le gouvernement espagnol au point que la cheffe de la diplomatie parie sur le président Joe Biden pour réviser cette décision. Dans une interview, Mme Arancha Gonzalez a souligné que c’est au prochain locataire de la Maison blanche que «revient d’évaluer la situation et voir de quelle manière il va se positionner et travailler en vue d’une solution juste et durable qui ne dépend pas d’un alignement d’un moment sur un camp ou sur l’autre».

La convocation est destinée, par ailleurs, à apaiser la colère de l’opposition de droite en Espagne. «Le Maroc réitère qu'après le Sahara, il ira à Ceuta et Melilla. Les revendications expansionnistes de la tyrannie marocaine sont un danger pour notre souveraineté. L'ennemi sent la peur et la lâcheté de ce gouvernement. Nous exigeons une réponse ferme à cette menace», a ainsi écrit Vox, la formation d’extrême droite.

Même son de cloche auprès du Parti populaire. «Sanchez doit répondre immédiatement aux déclarations du Premier ministre marocain. La souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla et l'intégrité territoriale nationale sont inaliénables. La division interne et la faiblesse internationale du gouvernement PSOE-Podemos coûtent trop cher», a estimé pour sa part le secrétaire général du PP, Pablo Casado.

Ce coup de tonnerre sur les relations maroco-espagnoles se prolongera-t-il en temps maussade ou en simple averse passagère ? 

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