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Où en sont les projets de développement du Sahara, lancés en 2015 ?

L’opération des Forces armées royales à El Guerguerate a permis au gouvernement de mettre la lumière les projets de développements du Sahara, lancés il y a cinq ans, pour la période 2016-2022.

Publié
Place du Méchouar à Laayoune, le 27 novembre 2020 / Ph. Yabiladi
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Le samedi 7 novembre 2015 à Laayoune, le roi Mohammed VI présidait la cérémonie de lancement du nouveau modèle de développement des provinces du sud. Un programme ambitieux d’une enveloppe budgétaire de 77 milliards de dirhams destinée à son financement. Cinq ans après cette présentation où en est-elle la réalisation des grands projets signés ? Une question que les députés de la majorité et de l’opposition se sont accordés à poser au chef du gouvernement lors de son passage mensuel de ce lundi 30 novembre à la Chambre des représentants.

Saad-Eddine El Othmani a commencé son exposé en effectuant un retour, d’une forte tonalité politique, sur l’opération du 13 novembre menée par les Forces armées royales ayant permis la reprise de la circulation civile et commerciale à travers le passage d’El Guerguerate.

Le chef du gouvernement est ensuite passé aux chiffres, assurant que l’enveloppe budgétaire consacré au développement du Sahara a connu une augmentation, passant de 77 milliards de dirhams (MMDH) annoncée en 2015 à 85 MMDH actuellement. «L’exécution des 700 projets avance selon le calendrier établi il y a cinq ans. Dans l’ensemble, le pourcentage de la réalisation est de 70%», s’est-t-il félicité.

236 projets ne sont pas encore lancés

«Dans le détail : 179 projets, ayant nécessité 13 MMDH, ont été complètement réalisés et entrés dans la phase de l’exploitation ; 336 projets sont en cours d’exécution dont certains seront finalisés cette année alors que 236 projets pour un montant de 25 MMDH n’ont pas encore connu le coup d'envoi», a indiqué El Othmani. Il a cité notamment le port de Dakhla atlantique auquel le gouvernement a prévu un financement de 10 MMDH.

Même si El Othmani a appelé au début de son allocution les groupes parlementaires à «éviter de tomber dans la surenchère politicienne», le PAM a tenu à pointer certaines lacunes du modèle de développement des provinces du sud. Le député Rachid El Abdi a ainsi déploré que le modèle en question ait été élaboré avec «une faible participation de la population, des acteurs associatifs et des décideurs du privé locaux». Il a indiqué, également, que le chômage au Sahara «a atteint 25% alors qu’il est de 13% dans le reste du Maroc». Le PAMiste a appelé l’exécutif El Othmani à «accorder des avantages fiscaux aux entreprises souhaitant investir dans les provinces du sud et de les accompagner».

En revanche, l’Istiqlal n’a émis aucune critique. Le président de son groupe, Noureddine Mediane, s'est contenté de jeter des fleurs en direction des élus du Sahara, saluant particulièrement «les efforts» des présidents des régions Laayoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab dirigées par l’Istiqlal.

Le groupement du PPS a quant à lui invité le gouvernement à procéder à «une évaluation» des projets lancés depuis 2016. Pour sa part, le député Omar Balafrej de la FGD a préféré interpeler le chef du gouvernement sur la lutte contre l’économie de rente dans la province, soulignant que ce point a été parmi les principales recommandations du rapport élaboré en octobre 2013 par le Conseil économique sociale et environnemental sur le développement des provinces du sud.

Dans sa brève réponse aux observations des députés, El Othmani a minimisé l’ampleur de l’économie de rente au Sahara, soulignant que d’autres régions connaissent également le même phénomène.

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