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Investissement Publié

Jamal Iddakia mise sur la spiruline made in Maroc

Cet entrepreneur franco-belgo-marocain a lancé en 2008 sa société Vitalina dans la région de Souss-Massa. Même si son projet plutôt original dans une région agricole s’est heurté aux obstacles de l’administration marocaine, il ne regrette pas son choix.

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Des bassins de culture de la spiruline. / Ph. Facebook Jamal Iddakia

«Je pense que l’on peut affirmer sans conteste que le Maroc peut maintenant se prévaloir de produire une des meilleures spirulines au monde.» En 2012, Jamal Iddakia, entrepreneur franco-belgo-marocain, n’était pas peu fier de nous raconter le chemin accompli depuis son arrivée au Maroc en 2008, dans la région Souss-Massa. Cette année-là, il a décidé de créer son entreprise dans la région d’origine de ses parents en commercialisant une algue «miracle» : la spiruline.

Une fois traitée, cette micro algue d’eau douce, qui se cultive en bassins sous serres, est utilisée comme complément alimentaire. «Elle est l’aliment le plus riche de la nature en protéines essentielles, 60% de son poids, en fer, plus riche que le soja ou les épinards, et en bêta-carotène, 15 fois plus que dans la carotte !», expliquait-il. La spiruline est effectivement naturellement riche en bêta-carotène et en fer, d’après le site Futura Santé. Elle peut être utilisée pour diminuer la consommation de viande ou pour remplacer certains légumes. Mieux encore, les Nations unies l’envisagent comme un «superaliment» dans la lutte contre la malnutrition. «Le marché des compléments alimentaires est en pleine croissance et est énorme au Maroc. Il n’y a qu’à voir la floraison des parapharmacies dans les villes marocaines, il y a encore beaucoup à faire», se réjouissait le chef d’entreprise.

Avec sa société Vitalina, Jamal Iddakia a trouvé le bon filon. «Il fallait un climat chaud pour pouvoir cultiver cette algue. Mes parents étant originaires du Souss, je suis revenu ici pour investir car le climat y est propice», nous dit-il aujourd’hui. Mais avant les réjouissances, ce natif de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), 52 ans, a dû ronger son frein. «J’ai monté ma société en 2008 mais ça a vraiment démarré entre 2010 et 2013. En attendant, j’ai connu pas mal de galères», raconte-t-il aujourd’hui.

Des obstacles mais pas de regrets

Les «galères» dont parle Jamal Iddakia sont probablement celles de nombreux entrepreneurs qui se heurtent aux aléas de l’administration marocaine – et plus encore aux porteurs de projets étrangers qui n’ont aucune attache avec le Maroc et doivent s’adapter à un tout autre fonctionnement que celui auquel ils sont habitués en Europe. «Rien que pour avoir les autorisations nécessaires, on est toujours confrontés aux mêmes problèmes avec l’administration, notamment les petites corruptions locales. Mais quand on est chef d’entreprise, on ne peut pas se permettre de s’arrêter sur ça, sinon on fait faillite. Ce qui est dommage, c’est qu’on n’encourage pas assez les exportateurs. On a tendance à prendre les Marocains résidant à l’étranger pour acquis. Or, les deuxième, troisième et quatrième générations ont un attachement au pays de plus en plus ténu», observe Jamal Iddakia.

Reste que quelques exceptions ont retenu l’attention de l’entrepreneur : «A l’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, ndlr) et à la douane, j’ai rencontré des gens formidables qui m’ont vraiment aidé. Globalement, avec les grandes agences nationales, ça se passe plutôt bien.»

Aujourd’hui, Jamal Iddakia n’a pas de regrets. «Le Maroc est un pays où tout reste encore à faire, mais il ne faut pas oublier que le potentiel en reste toujours un si on ne le travaille pas. J’ai appris à naviguer ici, développé mon produit à l’export… Même en interne, notre produit est demandé.» Après quelques années de croissance maitrisée, Vitalina passe à la vitesse supérieure. Son équipe de cinq salariés va doubler et l’exploitation de spiruline actuelle trop petite doit s’étendre sur un nouveau terrain. 

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