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Le Moyen Age sévit aux abords de New Delhi
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25 décembre 2012 09:15
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a écrit:
Tout cela se passe en lisière de la capitale de l'Inde émergente, cette vitrine d'une modernité à l'éclat trompeur. Là, dans la plaine jaune mangée par l'inexorable béton, dans ce monde semi-urbain où New Delhi dégorge son énergie bridée en ses enceintes, la résistance aux temps nouveaux prend un tour violent. Bordant la mégapole sur ses flancs nord, ouest et sud, l'Etat de l'Haryana est devenu ces dernières années le théâtre d'une authentique guerre culturelle, d'un choc entre les âges d'une violence inouïe, dont seuls les échos étouffés nous parviennent. Les femmes et les castes inférieures en sont les premières victimes.

Il est beaucoup question en ce moment dans la presse indienne d'une "épidémie de viols" dans l'Haryana. En 2011, 733 cas avaient été enregistrés (officiellement). Pour les six premiers mois de 2012, le seuil de 367 a déjà été atteint. En 2004, les chiffres étaient deux fois inférieurs. Le fléau est tel que Sonia Gandhi, la présidente du Parti du Congrès au pouvoir à New Delhi, a tenu à se déplacer le 9 octobre dans un village du district de Jind où, quelques jours plus tôt, une adolescente de 16 ans s'était immolée par le feu après avoir été violée.

Début septembre, dans le district voisin d'Hisar, c'est un homme qui s'était suicidé : non seulement sa fille avait été violée par une douzaine de jeunes gens mais en plus la scène avait été filmée, un détail qui ajoutait la honte au désespoir du père. Hasard ? La fille violée est une dalit (intouchable) et les violeurs appartiennent à une caste supérieure. Le viol, cet instrument de pouvoir social.

ABAISSER L'ÂGE LÉGAL DU MARIAGE

L'Haryana est un bastion du conservatisme socio-religieux hindou de l'Inde du Nord, une sorte d'enclave où les tenants de l'ordre ancien se raidissent d'autant plus qu'ils se sentent menacés par le cours nouveau des choses. Et, dans leur vision du monde, la femme ne vaut pas cher. A preuve, leur réaction à la récente vague de viols.

Des manifestants sont réprimés lors de protestations contre la recrudescence de viols et violences contre les femmes dans l'Etat d'Haryana, près de New Delhi, le 15 octobre.

Alors que les médias nationaux fulminaient d'indignation, les notables de l'Haryana préconisaient des solutions fort différentes. Ils demandaient que l'âge légal pour le mariage des filles soit abaissé de 18 à 16 ans afin de canaliser au plus tôt l'éveil du désir chez les jeunes. Pour le reste, la faute en revient bien sûr à la télévision, au cinéma et aux tenues aguichantes des filles. "Sauf si la fille adresse des signaux, les hommes ne viendront pas à elle", dit un chef de village cité dans l'hebdomadaire India Today.

Il ne s'agit pas d'une coïncidence. Outre sa réputation de terre de viols, l'Haryana s'illustre par un déficit de femmes parmi les plus élevés en Inde. Le ratio y est de 830 filles pour 1 000 garçons, conséquence d'une pratique généralisée de foeticides fondés sur le sexe de l'embryon. La fille, c'est deux bras en moins aux champs et la perspective d'une coûteuse dot.

Il s'y ajoute - dans l'esprit des gardiens de l'ordre patriarcal - une inquiétude sur le désordre social causé par l'affirmation des droits des femmes. En vertu de l'Acte sur la succession de 1956, les filles en Inde sont habilitées à réclamer leur part de l'héritage familial. Les conseils coutumiers de l'Haryana n'ont jamais caché leur hostilité à cette réforme, qu'ils perçoivent comme menaçant le capital patrimonial. Pendant très longtemps, ils ont convaincu les filles de renoncer à leur droit à l'héritage. Mais les temps changent.

UNE VAGUE DE "CRIMES D'HONNEUR"

De plus en plus de femmes revendiquent aujourd'hui leur part. Et c'est là que les choses tournent mal. "En raison de cette possibilité juridique de réclamer l'héritage, la violence s'exerce contre les femmes au plus tôt, dans l'utérus lui-même, afin d'éviter que la propriété ne leur revienne", écrit la chercheuse Prem Chowdhry dans un article consacré à l'Haryana, paru en septembre dans la revue Economic and Political Weekly (EPW).

Ces fameux conseils coutumiers portent un nom : les Khap Panchayats. Ils sont l'organe dirigeant des Jats, une caste très influente dans l'Haryana. Leur seule évocation sent le soufre. Dans les milieux libéraux de New Delhi, on les appelle les "talibans" d'Inde. Ils ont établi un véritable système judiciaire autonome rendant des sentences draconiennes. Ce sont eux qui décident, ou légitiment, les "crimes d'honneur" frappant des jeunes coupables d'amours non autorisées. Ils bannissent non seulement les unions inter-castes - ce qui n'est pas très original en Inde -, mais surtout les couples nés à l'intérieur de la même gotra, lignée clanique.

Les gotras des Jats ont beau compter plusieurs centaines de milliers de personnes, elles sont considérées comme une "famille" et tout amour en leur sein porte donc l'infamie de l'"inceste". Résultat : l'Haryana est aussi le théâtre d'une vague de "crimes d'honneur" - lynchages, assassinats à l'arme blanche - dont le but est d'éviter la "dégénérescence biologique" des Jats.

Ces Khap Panchayats sont sûrs de leur bon droit : ils prétendent "sauver" leur communauté contre les périls extérieurs. Ils veulent amender l'Acte sur le mariage hindou de 1955 afin de légaliser la prohibition du mariage intra-gotra pour les Jats. A intervalles réguliers, ils organisent des manifestations de rue. "On peut bloquer New Delhi" en quelques heures, avertissent-ils. Quand le Moyen Age indien campe aux portes de la capitale.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 25/12/12 09:19 par Rastapopûlos II.
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25 décembre 2012 09:20
Un excellent article du Monde Diplomatique : Meurtres en série pour cause de dot
25 décembre 2012 10:25
selon les criteres moderno-humanistes.. SVP
l age legal de mariage pour la femme..
bientot 35 ans
puis 45 ans !














> >> >>>> EXIT
"Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers."
c
25 décembre 2012 10:55
la femme victime du patriarcat, ici comme ailleurs.
l
25 décembre 2012 11:18
En Inde, les situations sont très variables d'une communauté à une autre mais il y a quand même une constante, c'est le mariage arrangé même parmi les milieux les plus citadins et modernes.

C'est un pays qui reste traditionnel et patriarcal et la femme même si elle a fait des études doit être au service de sa belle famille. Officiellement, il n'existe plus de dot à donner car il y a une loi qui a été votée pour l'abolir sauf qu'elle reste encore en vigueur dans certains coins du pays mais plus guère dans les villes. Cependant, même s'il n'y a plus de dot officielle, le mariage est avant tout un arrangement social et matériel qui se fait au profit de la famille de l'époux. Une fois mariée, l'épouse rejoint sa belle-famille et c'est un "capital" perdu pour sa famille à elle, d'ou les problèmes que cela engendre dès la naissance (risque d'infanticides si c'est une fille) , ensuite pour le mariage des hommes (beaucoup moins de filles que de garçons).

Aujourd'hui, à part dans les campagnes reculées, ce ne sont plus les parents qui interviennent pour choisir l'époux ou l'épouse mais les candidats au mariage eux-mêmes et de plus en plus par internet. Les sites spécialisés dans le mariage sont nombreux. Même si le moyen de recherche s'est modernisé, les critères de sélection restent traditionnels. La recherche se fait toujours sur des critères de castes, de situation sociale (en inde, on peut être d'une caste peu élevée mais avoir une très bonne situation sociale ou le contraire), et seulement ensuite de critères privés variables selon les personnes. Et vu que les hommes sont beaucoup plus nombreux, il y en a beaucoup qui ne trouvent pas d'épouse si bien qu'à un moment, il y a frustration sexuelle vu que les relations ne se font que dans le cadre du mariage...d'ou les risques plus importants de viols que cela entrainent . Sans aller jusqu'à cet extrème, les indiens sont experts en "mains balladeuses" dans la rue ou transports publics....

C'est le problème des sociétés traditionnelles et pas seulement en Inde. C'est soit le mariage, soit la prostitution et entre les 2, c'est le vide et la frustration et beaucoup d'indiens sont dans ce vide... Mais c'est le résultat d'une société patriarcale voulu par les hommes eux-mêmes. Cependant l'Inde est un pays démocratique et je pense que l'évolution des mentalités est en cours.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 25/12/12 11:20 par louise.
U
25 décembre 2012 11:27
Le crime "d'honneur" est la marque des sociétés arriérées dans lesquelles on pratique l'endogamie.

Le même type de société pratique la sacralisation de la virginité et, par conséquence, l'obligation pour les mâles de la famille de protéger les filles et les femmes contre des vices qui n'existent que dans la tête des hommes.

De l'Espagne à l'Inde, de nombreuses sociétés pratiquent la "fierté" et "l'honneur", des formes de bassesse déguisée en noblesse.

L'endogamie va souvent de pair avec le mariage arrangé, la dot et les crimes pour non-paiement de la dot.

Il faut relever que l'endogamie n'écrase pas que des femmes: Des hommes aussi en sont victimes.
Quand l'être humain montre la Lune, Bôfbôfbôf le chien regarde le doigt. Les chiens aboient, la caravane passe. ***********************************************************************
X
25 décembre 2012 13:07
Il y a peu de pays au monde ou les filles finissent sur des bûchers pour ne pas devenir esclaves de leur belle famille.

Ces crimes ne touchent pas seulement la castes défavorisées. Bengalore, Bombay et Delhi sont des villes. Et ces pratiques y sont aussi fréquentes.

Les viols seront de lus en plus fréquents en Inde et en Chine, dans les années à venir, quand la génération "échographie" et "enfant unique" se rendra compte qu'il n'y a plus de femme à épouser.

Normalement, les femmes devraient être plus nombreuses que les hommes. Ce n'est le cas ni en Chine ni en Inde.
25 décembre 2012 18:36
Les us et coutumes sont souvent plus puissante que les croyances religieuses.
Au Pakistan qui est pourtant musulman, mais culturellement de souche indienne, le meurtre de nouveaux nés féminins est courant, et les parents ne sont pas inquiété par les autorités.
La raison ? La dote astronomique pour les marier plus tard.

L’excision aussi dans de nombreux pays africains, musulmans ou non. Même en Égypte, pays de El Azhar.
Pourtant ce n'est pas islamique mais un usage qui date de bien avant.
Fort heureusement cet usage n'a jamais eu lieu chez nous. Pas plus que celui d’enterrer les petite fille vivante...
X
25 décembre 2012 18:44
Le Pakistan étant majoritairement Musulman, je doute que le problème de la dot amène au meurtre de filles. Sauf si vraiment, ils ne connaissent absolument rien de leur Religion, puisque la dot est à la charge de l'époux.
Ce problème est surtout présent en Inde et les Musulmans Indiens en sont le plus souvent épargnés.

Pour ce qui est du fait d'enterrer les filles vivantes, cette pratique avait cours chez les Arabes, avant l'Islam.
25 décembre 2012 19:15
Citation
Rastapopûlos II a écrit:
Le Pakistan étant majoritairement Musulman, je doute que le problème de la dot amène au meurtre de filles. Sauf si vraiment, ils ne connaissent absolument rien de leur Religion, puisque la dot est à la charge de l'époux.
Ce problème est surtout présent en Inde et les Musulmans Indiens en sont le plus souvent épargnés.

Pour ce qui est du fait d'enterrer les filles vivantes, cette pratique avait cours chez les Arabes, avant l'Islam.

Et pourtant cela à bien lieu au Pakistan.
J'ai vu un reportage sur ARTE, me semble-t-il, où on l'on voyait qu'à Islamabad même, c'est pratiquement tous les jours que les éboueurs trouvent des nourrissons filles dans les poubelles.
Les journalistes suivaient la fondatrice (pakistanaise) d'une association qui se chargeait de récupérer les bébés quand elles étaient encore vivantes.
Elles expliquait que c'était à cause de la dote que le père de famille devait pratiquement économisez dès la naissance pour marier sa fille.
Chez nous c'est la famille du garçon qui casque, là bas c'est celle de la fille. Comme autrefois en Europe.
X
25 décembre 2012 19:27
C'est invraisemblable. Tout le monde sait que chez les Musulmans, la dot est à la charge de l'époux et non de la femme.
25 décembre 2012 19:51
Et tout le monde sait que l’excision n'est pas musulman. Et pourtant...
X
25 décembre 2012 20:09
Non, mais l'histoire de la dot, c'est un fondement du mariage chez les Musulmans. A la limite, que l'on ignore l'existence de la dot, soit. Mais qu'on l'impose à la femme, là c'est autre chose. Certains pakistanais ont du garder cette pratique de leur vie commune avec l'Inde d'avant 1947.
25 décembre 2012 20:14
Cela rejoint ce que je disait plus bas ; les us et coutumes sociale et ancestrales sont si bien enracinées dans les usages que parfois ils l'emportent sur la religion
Et l'inde et le Pakistan ne sont séparé que par la religion.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 25/12/12 20:17 par piducas.
 
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