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Grand Angle

Rabat revendique le droit d’adopter des positions différentes de celles de Riyad et Abou Dhabi

Le Maroc revendique son droit à adopter des positions que ses «alliés» saoudiens et émiratis ne partagent pas. Une position exprimée cet après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

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Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères / DR
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Le ministre marocain des Affaires étrangères a tenu, cet après-midi, avec son homologue jordanien, Ayman Safadi, un point de presse. Une occasion pour Nasser Bourita de revenir sur les liens entre Rabat et les autres capitales du Conseil de Coopération du Golfe, citant tout particulièrement Riyad et Abou Dhabi.

«Du point de vue du Royaume du Maroc, les relations avec les pays du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, ont toujours été des relations historiques profondes. Le Maroc a toujours tenu à les préserver et les renforcer», a rappelé le chef de la diplomatie.

«Il peut arriver qu’on ne soit pas d’accord sur certaines questions, la politique étrangère étant une affaire de souveraineté. Au Maroc, elle est, en outre, fondée sur des principes et des constantes», a-t-il précisé.

Il est clair que le royaume ne se prive plus de manifester publiquement son droit à adopter des positions sur des dossiers internationaux que ne partagent pas nécessairement les actuels responsables saoudiens et émiratis.

«La coordination devrait se faire dans les deux sens»

Pour mémoire, Nasser Bourita a eu l’occasion, dans une interview accordée à la chaîne Al Jazeera le 23 janvier dernier, d’annoncer que le Maroc «a changé sa participation» au sein de la coalition arabo-islamique, sous commandement de l’Arabie saoudite, qui mène depuis mars 2015 la guerre au Yémen. Ce retrait, non encore officiel, ne constitue pas le seul sujet de divergence avec ses deux «alliés» du CCG.

«La coordination devrait se faire dans les deux sens. Elle ne doit pas être à la carte, elle doit couvrir toutes les questions importantes au Moyen Orient comme en Afrique du Nord, à l’instar de la crise libyenne.»

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères

Un reproche indirect de la part de Rabat aux politiques de Riyad et Abou Dhabi dans ces deux régions. Sur le dossier libyen par exemple, le Maroc a toujours soutenu le gouvernement d'union nationale, présidé par Fayez El Serraj, reconnu par la communauté internationale. En revanche les Emirats financent et arment les forces du maréchal Khalifa Haftar. Le militaire a déjà, rencontré en juillet 2017 le prince héritier Mohamed Ben Zayed à Abou Dhabi. L’Arabie saoudite est également sur la même voie : le roi Salmane a reçu le maréchal Haftar, hier à Riyad.

Outre la Libye, la Mauritanie est un autre terrain où les Emirats commencent à tisser leur toile. Leur influence chez le voisin du sud va crescendo. Et si l'on ne compte plus les voyages du président Mohamed Ould Abdel Aziz à Abou Dhabi, les médias de ce pays du Golfe ont couvert la semaine dernière d’éloges son successeur, le général Ould Ghazouani en tirant à boulets rouges sur les islamistes.

Article modifié le 28/03/2019 à 18h56

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