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Investissement Publié

Zakarya Kartti, un entrepreneur à cheval entre la France et le Maroc

Si c’est bien au Maroc que ce trentenaire a créé sa boîte de développement informatique, Zakarya Kartti garde pourtant un lien solide avec la France, où il a étudié et commencé sa carrière d’ingénieur.

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Zakarya Kartti, un entrepreneur à cheval entre la France et le Maroc. / DR

A son retour au Maroc en avril 2017, Zakarya Kartti n’a qu’une ambition : créer son entreprise. Depuis mi-décembre dernier, c’est désormais chose faite. Le jeune homme de 32 ans est le patron de Insijam IT, une entreprise de développement informatique spécialisée dans trois domaines : le développement d’applications Web «avec une forte composante front», précise-t-il ; le design front, notamment le «design de l’expérience utilisateur et la présentation de sociétés» ; et l’accompagnement des startups dans leur stratégie marketing, de croissance et digitale – même si ce dernier volet n’est pas encore tout à fait opérationnel.

Avant de revenir à Casablanca, sa ville natale, Zakarya Kartti passe d’abord par Limoge, où il sort diplômé de l’Institut d’ingénierie informatique (3IL). Il débute sa carrière à Paris en tant que développeur junior pendant quatre ans dans une société de services informatiques, le Groupe CGI, anciennement Logica, un groupe canadien spécialisé dans les services en technologies de l’information et de la communication et en gestion des processus d’affaires. «J’ai démissionné pour créer ma propre société, toujours à Paris, où je faisais principalement de l’automatisation de process des grandes entreprises. En gros, j’essayais d’automatiser tout ce qui est fait manuellement», précise le trentenaire.

C’est à cette époque qu’il commence à envisager son retour au Maroc, déjà prévu de longue date. «Je savais que je rentrerai un jour ou l’autre. Simplement, je n’avais pas fixé de date particulière. Quant je suis allé en France, c’était avec des objectifs bien définis : décrocher mon diplôme, avoir une expérience professionnelle et me constituer un réseau. Je me suis dit qu’une fois ces objectifs atteints, je pourrais rentrer au Maroc», se remémore-t-il.

A cheval entre deux pays

Son retour, Zakarya Kartti l’effectue pour des raisons surtout pragmatiques : «Ici, la main d’œuvre est moins chère qu’en France. Mais surtout, la compétition pour acquérir des talents n’est pas la même que dans les pays anglosaxons, où elle est beaucoup plus rude sur le marché du développement informatique», observe l’entrepreneur. «Les seuls pays, disons qui partagent le même langage que le marché français et ont une proximité géographique avec la France, ce sont le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Le fait d’être rentré au Maroc me permet ainsi de rester proche de la France», souligne-t-il également.

«Je me sens aussi proche de la France, qui reste un pays que j’aime beaucoup. Je n’aime pas dire que je suis rentré définitivement au Maroc, mais plutôt que je suis entre la France et le Maroc.»

Zakarya Kartti

Et ce ne sont pas les «échos négatifs» sur la création d’entreprise au royaume qui l’ont dissuadé de revenir. «On a parfois des difficultés en termes de management du temps… On attend une réponse à telle date et on la reçoit plus tard que prévu… Mais ça s’est plutôt bien passé pour moi. Pour avoir été en France et rencontré d’autres problèmes classiques… On va dire que c’est la vie d’un entrepreneur», relativise-t-il.

Parallèlement à ses activités entrepreneuriales, Zakarya Kartti enseigne depuis un an au Wagon, à Casablanca, une école de coding qui, en neuf semaines, «permet à des personnes qui n’ont jamais codé d’apprendre à créer elles-mêmes leur site web et leur application». Une manière pour lui d’accrocher plusieurs cordes à son arc.

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