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Société Publié

Emission spéciale MRE : Retour sur la longue bataille judiciaire des Chibanis marocains

Ahmed Katim, figure emblématique du combat des Chibanis en France, a raconté un pan de sa bataille pour le droit des cheminots marocains discriminés par la SNCF.

Temps de lecture: 2'
Ahmed Katim, président des associations des chibanis. Ph/ DR

Depuis près de 17 ans, les chibanis ont bataillé dur pour faire valoir leurs droits. Victimes de discrimination, les cheminots marocains sont parvenus à obtenir gain de cause, le 31 janvier dernier. La SNCF a été condamnée en appel pour discrimination envers les 848 chibanis.

Aujourd’hui, lors de l’émission radio hebdomadaire «Faites entrer l’invité» spéciale Marocains du monde, le président des associations des chibanis, Ahmed Katim et Essaadi Driss, qui a joué un grand rôle dans l’association, ont témoigné sur leur long parcours et les épreuves auquelles ils se sont confrontés pendant toutes ces années. A eux deux, ils ont un total de 80 ans d’expérience au sein de l’entreprise ferroviaire française.

«Aujourd’hui, nous avons gagné (…) pour tous les Marocains résidant en Europe. Nous étions en procès avec l’Etat français, pas avec la SNCF, puisque celle-ci dépend de l’Etat», déclare en direct le président des associations des chibanis. Ce dernier se dit reconnaissant «à tous les Marocains qui [leur] ont donné leur confiance totale».

En effet, les chibanis étaient complètement isolés lorsqu’ils travaillaient au sein de la SNCF. «Nous partions à la maison puis nous rentrions chez nous», se souvient l’ancien cheminot marocain. Plusieurs droits ne leur étaient pas accordés, tel que la carte de cheminot, la couverture médicale, les examens pour pouvoir évoluer au sein de l’entreprise.

Bataille pour une retraite paisible au Maroc

«En 2001, un homme est venu me voir, un ami qui travaillait avec moi, né en 1942. L’administration lui a dit que s’il voulait partir à 60 ans avec 33 ans d’ancienneté, il allait recevoir près de 1 900 francs de l’époque, soit même pas l’équivalent de 4 000 dirhams», confie le président des associations des chibanis.

Outré par cette situation, Ahmed Katim décide d’écrire aux responsables en France. Le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, lui répond. Ainsi commence la bataille. Les autres chibanis concernés par l’affaire refusent au début de poursuivre en justice la SNCF, de peur de se faire virer. Toutefois, Ahmed Katim ne baisse pas les bras et engage des avocats. Il persévère année après année, puis réunit autour de lui beaucoup de Chibanis discriminés.

«Une première bataille pour la dignité», rappelle Fathia El Aouni, co-animatrice de l’émission. Désormais, la bataille que mènent les chibanis est celle de pouvoir bénéficier de leur retraite paisiblement au Maroc.

«Ils ne bénéficient pas des mêmes droits que les citoyens français, qui peuvent voyager et qui peuvent passer leur retraite au Maroc. Quand un Marocain dépasse quatre mois, déjà il peut être remis en question dans ses droits. Cette problématique touche aussi les Algériens, les Tunisiens...», rappelle Mohamed Ezzouak, directeur de publication de Yabiladi et co-animateur de l’émission.

Le journaliste ajoute : «La Caisse d’allocations familiales les redresse, s’ils passent plus de six mois au Maroc, ils doivent rembourser 10 000 jusqu’à 20 000 euros, alors qu’ils touchent une maigre retraite de quelques centaines d’euros.»

En revanche, il y a une bonne nouvelle pour les Chibanis. En janvier dernier lors d’une rencontre avec Abdelkrim Benatiq, ministre délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger, Ahmed Katim a appris que dorénavant, les cheminots marocains pouvaient «se faire soigner au Maroc». Les Chibanis partent quand même en France, puisque leurs enfants et petit-enfants y sont installés.

Ahmed Katim, âgé de près de 80 ans, continue la bataille, écrit aux responsables en France, tel que le président de la SNCF, le président de la République et même «à Sa majesté», en espérant avoir une audience avec le roi Mohammed VI. Le président des associations des cheminots prépare d’ailleurs un livre intitulé «Un faux cheminot» pour «raconter les combats des Chibanis», conclut-il.

Pour écouter le replay :

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