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Grand Angle

Maroc : L’arrestation de Fouad Abdelmoumni fait réagir des organisations de la société civile

L’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques a annoncé, mercredi soir, l’arrestation de son coordinateur, Fouad Abdelmoumni. Le procureur du roi près le tribunal de première instance de Casablanca a confirmé, ce jeudi, le placement en garde à vue de l’associatif, à la suite d’un commentaire publié sur les réseaux sociaux. La justice lui reproche d’avoir diffusé de fausses informations, ce que dénoncent ONG et organes politiques.

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Fouad Abdelmoumni
Temps de lecture: 3'

Aux premières heures de ce jeudi, le parquet a confirmé l’interpellation et le placement en garde à vue de Fouad Abdelmoumni, coordinateur de l’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques, pour «diffusion de nombreuses fausses informations» sur les réseaux sociaux. Dans ce sens, une enquête judiciaire a été ouverte, notamment pour «signalement d’un crime notoirement fictif dont il sait l’inexistence».

Dans son communiqué, le procureur du roi près le tribunal de première instance de Casablanca a fait savoir que la juridiction se chargeait de «gérer l’ensemble des procédures de l’enquête menée par la Brigade nationale de la police judiciaire dans le cadre de cette affaire, et veillera à prendre les mesures légales nécessaires, à la lumière des résultats de l’enquête, une fois achevée».

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques a annoncé l’arrestation de son coordinateur, à Rabat. Dans un communiqué, elle a qualifié l’action de «nouvel acte autoritaire» visant l’ancien détenu politique. Selon la source, l’associatif a été interpellé sur son chemin pour une réunion de l’instance. Il a été conduit au siège de la BNPJ à Casablanca.

Peu avant cette interpellation, Fouad Abdelmoumni a publié un commentaire sur les réseaux, évoquant les relations entre le Maroc et la France, l’affaire Pegasus, ainsi que la précédente crise diplomatique entre les deux pays. Sa réaction est intervenue dans le contexte de la visite d’État du président français Emmanuel Macron, du 28 au 30 octobre.

Dans son communiqué, l’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques a fustigé une «arrestation arbitraire», qui «s’inscrit dans une série de harcèlements visant Abdelmoumni». À ce titre, la structure a dénoncé une démarche contre les «prises de position audacieuses» de l’associatif, «en faveur de la liberté d’expression et des droits humains».

Structures associatives et politiques fustigent une «arrestation arbitraire»

Par ailleurs, l’instance a qualifié cette arrestation de «tentative de limiter» le «rôle central» d’Abdelmoumni, «en tant que coordinateur de l’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques, où il est connu pour sa lutte incessante pour la justice et les droits au Maroc». Par la même occasion, la structure a souligné qu’à la veille de cette interpellation, des médias avaient diffusé des informations annonçant que le parquet avait ordonné d’enquêter sur les propos de l’intéressé.

Selon la structure, il s’agit ainsi d’une «escalade supplémentaire dans la politique de répression menée par les autorités contre les militants des droits humains et les acteurs politiques dans le pays». Dans son communiqué, elle exige «sa libération immédiate».

Du côté politique, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) a exprimé ses «préoccupations», à la suite de l’arrestation de Fouad Abdelmoumni, en tant que membre de la commission éthique du parti, «connu pour son audace de révéler les dossiers de corruption et de dilapidation des deniers publics». Précédemment, l’associatif a été secrétaire général de l’ONG Transparency Maroc.

Cette action «constitue une nouvelle escalade dans le cadre d’une campagne systématique, qui vise les militants engagés pour les causes de liberté, de justice sociale et des droits humains», a fustigé la FGD, dans un communiqué publié mercredi soir. Selon la même source, il s’agit aussi d’«une violation grave de la liberté d’opinion et d’expression, contre ceux qui font front face à la corruption et à l’arbitraire».

De son côté, le bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé «une arrestation arbitraire», tout en exigeant la libération immédiate de Fouad Abdelmoumni. Rappelant que ce dernier est un ancien président de l’ONG, ancien membre de son comité administratif et membre de sa commission consultative actuelle, la structure estime que «cette interpellation est due aux activités politiques, associatives et intellectuelles» du concerné, ainsi que «son rôle dans la dénonciation des détentions politiques et son soutien» aux victimes.

Plus tard, l’association Al Adl Wal Ihsan a réagi aux nouvelles, en déplorant «une violation flagrante des droits humains qui prive un militant de sa liberté d’expression, qui cible son activité et qui tente de le silencier, dans un contexte d’intimidations».

L’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques a fait savoir que Fouad Abdelmoumni devrait être déféré devant le procureur du roi, vendredi 1er novembre 2024 à Casablanca.

Article modifié le 01/11/2024 à 00h34

wek up
Date : le 31 octobre 2024 à 23h41
Oui en effet lorsqu'il y a diffamation on doit être condamné, par une amende.
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bouza75 à écrit:
Si c'est vrai ce n'est pas juste une fausse analyse, c'est une diffamation qui compromet sérieusement la diplomatie marocaine! Pour qui roule ce monsieur? Il reste à savoir si ces déclarations sont vraies, ne connaissant pas le dossier.
bouza75
Date : le 31 octobre 2024 à 20h31
Si c'est vrai ce n'est pas juste une fausse analyse, c'est une diffamation qui compromet sérieusement la diplomatie marocaine! Pour qui roule ce monsieur? Il reste à savoir si ces déclarations sont vraies, ne connaissant pas le dossier.
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"wek up" à écrit:
Pourquoi la prison? Donc si quelqu'un se trompe dans ses analyses c'est la prison; Dans ce cas il n'y aura plus de journalisme; Aussi pourquoi ne pas mettre en prison les élus ou des ministres lorsque leurs mandats sont désastreux? Vous avez besoin d'une mise à jour.
Sakina2020
Date : le 31 octobre 2024 à 20h11
À ce rythme je vais faire attention à ce que je dis dans Yabi
omarsharif
Date : le 31 octobre 2024 à 19h29
Je suis 100% d´accord avec toi mais je pense que la liberté d´expression a ses limties surtout lorqu´il s´agit du sahara marocain et d´un président d´un pays étranger puissant hôte du Royaume
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Berkshire à écrit:
Si l’objectif c’est de le faire taire c’est tout le contraire qui se produit, ses propos font la une maintenant, et la réputation du pays prend un coup … inutilement et bêtement.
Berkshire
Date : le 31 octobre 2024 à 19h15
Si l’objectif c’est de le faire taire c’est tout le contraire qui se produit, ses propos font la une maintenant, et la réputation du pays prend un coup … inutilement et bêtement.
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omarsharif à écrit:
Apparemment Mr Abdelmouni raconte que le Royaume a fait pression sur Macron en utilisant l´immigration illégale et pegasus ( il court pourqui ? )J´espère qu´il a des preuves pour ses dires sinon c´est directement oukacha pour une petite pause bien méritée où il pourra lire ses livres préférés
omarsharif
Date : le 31 octobre 2024 à 18h00
Si tu aimes BHL ou pas c´est ton avis et tu es libre de l´avoir et de l´exprimer bien que ce dernier a été invité par Macron à ma connaissance. Pour notre cas dire que la Macron est sous pression par le Royaume sous-entendue la reconnaissance du sahara marocain par la France je trouve que c´est très osé alors que tout le pays fête cette victoire
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"wek up" à écrit:
Ce dossier est complexe, nous assistons à beaucoup d'explications et nous saurons jamais la vérité, néanmoins nous devons avoir la liberté d'expression; Personnellement je n'est pas apprécié la présence de certains invités tel BHL..., faudra t'il, pour autant, me mettre en prison?
wek up
Date : le 31 octobre 2024 à 17h38
Ce dossier est complexe, nous assistons à beaucoup d'explications et nous saurons jamais la vérité, néanmoins nous devons avoir la liberté d'expression; Personnellement je n'est pas apprécié la présence de certains invités tel BHL..., faudra t'il, pour autant, me mettre en prison?
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omarsharif à écrit:
Ce ne sont pas des analyses mais des Fake-News
omarsharif
Date : le 31 octobre 2024 à 17h31
Ce ne sont pas des analyses mais des Fake-News
Citation
"wek up" à écrit:
Pourquoi la prison? Donc si quelqu'un se trompe dans ses analyses c'est la prison; Dans ce cas il n'y aura plus de journalisme; Aussi pourquoi ne pas mettre en prison les élus ou des ministres lorsque leurs mandats sont désastreux? Vous avez besoin d'une mise à jour.
wek up
Date : le 31 octobre 2024 à 17h11
Pourquoi la prison? Donc si quelqu'un se trompe dans ses analyses c'est la prison; Dans ce cas il n'y aura plus de journalisme; Aussi pourquoi ne pas mettre en prison les élus ou des ministres lorsque leurs mandats sont désastreux? Vous avez besoin d'une mise à jour.
Citation
omarsharif à écrit:
Apparemment Mr Abdelmouni raconte que le Royaume a fait pression sur Macron en utilisant l´immigration illégale et pegasus ( il court pourqui ? )J´espère qu´il a des preuves pour ses dires sinon c´est directement oukacha pour une petite pause bien méritée où il pourra lire ses livres préférés
omarsharif
Date : le 31 octobre 2024 à 16h24
Apparemment Mr Abdelmouni raconte que le Royaume a fait pression sur Macron en utilisant l´immigration illégale et pegasus ( il court pourqui ? )J´espère qu´il a des preuves pour ses dires sinon c´est directement oukacha pour une petite pause bien méritée où il pourra lire ses livres préférés
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