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Grand Angle

La pression familiale et scolaire, facteurs déclenchant des suicides d’étudiants marocains

Entre lundi et mardi, deux jeunes lycéennes ont mis fin à leur jour, installant un malaise bien plus profond sur un mal qui gangrène la société. Les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont implacables : un jeune sur sept, âgé de 10 à 19 ans, souffre d'un trouble mental. Le suicide s'inscrit comme la quatrième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 19 ans. Analyse du phénomène sociétal par le psychosociologue marocain Mouhcine Benzakour.

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©DR
Temps de lecture: 4'

«Le suicide se conçoit et se perçoit à travers la socialisation» primaire et secondaire, introduit le psychosociologue Mouhcine Benzakour. En effet, les normes sociales rigides et les attentes élevées imposées aux jeunes par leur famille, leur communauté, l'école et la société en général, peuvent exercer une pression écrasante. De même, la qualité de la vie familiale, en particulier la violence intra-familiale (physique, psychologique, sexuelle), ainsi que les difficultés socioéconomiques, favorisent un climat anxieux.

Les jeunes sont souvent confrontés à des tensions entre leur identité culturelle et les valeurs traditionnelles véhiculées par leur famille et leur environnement. Ce sont «des personnes en phase de développement», précise le psychosociologue. Ainsi, les conflits intergénérationnels peuvent surgir lorsqu’ils cherchent à s'affirmer individuellement tout en respectant les normes culturelles préétablies. Ce conflit de loyauté pour concilier les deux peut entraîner un sentiment de désorientation voire de solitude.

De plus, la valorisation de la réussite académique, professionnelle et sociale peut conduire à des sentiments d'inadéquation et de désespoir chez ceux qui se sentent incapables de répondre à ces attentes. «Les adolescents laissent paraître une image devant leur famille. Ils s’infligent une autopression afin d’être à la hauteur du défi qu’on leur a lancé», affirme l'expert.

La pression autour du baccalauréat, perçue comme une attente absolue, en est un exemple probant. Ils doivent atteindre un «seuil de réussite au risque d’être en bas de l’échelle sociale dans la société», illustre M.Benzakour. Cette volonté d’ascension sociale est accentuée par la famille, qui martèle constamment des exigences élevées, poussant les adolescents à se conformer et à se surpasser.

La pression scolaire 

L’école, parfois, vient avec son lot de facteurs de stress et d’exclusion. « La pression scolaire est un facteur de risque de passage à l’acte suicidaire, notamment à l’occasion de burn out », indique un rapport sur «l’État des lieux du risque suicidaire à l’adolescence», publié en 2018. Effectivement, ce dernier précise que l'échec scolaire mène à une diminution de la confiance en soi. Les jeunes qui abandonnent leurs études ont deux fois plus de chances de se livrer à des comportements à risque que ceux qui restent scolarisés, comme le démontre le drame de la jeune lycéenne, qui s'est produit ce mardi 11 juin. 

S’ajoutent à cette charge, la pression pour « se conformer à ses pairs » et l’exploration de l’identité. La difficulté à s’inscrire dans un groupe d'amis à l’école peut entraîner un sentiment d’isolement, au risque de subir du harcèlement, qu’il soit réel ou virtuel (cyberharcèlement). Pour rappel, le harcèlement désigne une forme de violence répétée qui peut prendre diverses formes : verbale, physique et/ou psychologique. Quand ce phénomène se manifeste à l'école, la victime se retrouve dans l'incapacité de se protéger face à son ou ses agresseurs. «Il augmente par deux le risque d’idées suicidaires et par trois le risque de tentatives de suicide», indique l'étude. 

Ainsi, la pression exercée par les premières instances de socialisation, à savoir la famille et l’école, provoquent de «l’anxiété, du stress et exposent les jeunes à l’adversité », insiste Mouhcine Benzakour. Toutefois, il tient à nuancer ces facteurs, affirmant que « ce sont des éléments déclencheurs et non pas des causes».

Réformer pour prévenir

Dans de nombreuses cultures, la santé mentale est encore entourée de stigmatisation et de tabous. Les jeunes peuvent hésiter à rechercher de l'aide en raison de la peur du jugement ou de la honte associée à la maladie mentale. Une telle stigmatisation peut entraver l'accès aux services de santé mentale et empêcher les jeunes de recevoir le soutien dont ils ont désespérément besoin.

M.Benzakour critique sévèrement le fonctionnement actuel de l'école et l'insuffisance des mesures prises par le gouvernement, affirmant que l'État marocain «doit sérieusement envisager des stratégies, telles que l'installation de cellules d’écoute, de psychologues, et de conseillers sociaux ». 

«Le gouvernement doit prendre le suicide au sérieux.»

Mouhcine Benzakour

D'après lui, «il est temps de revoir le système éducatif et d'abandonner le modèle qui emprisonne les élèves pendant 8 heures à l’école, qui est tout simplement inconcevable », déclare-t-il. Les adolescents ne prennent plus le temps de s’échapper par l’intermédiaire d’activités extra-scolaires comme «le sport ou les balades», pourtant bénéfiques pour leur bien-être mental, constate l’expert.

Pour contrer efficacement le risque de suicide chez les adolescents, il préconise des mesures d'accompagnement personnalisé et de soutien adaptées. Il insiste sur l'importance d'accéder à des «ressources appropriées » et de rester attentif aux «signes précurseurs de détresse psychologique». Un environnement empathique et moins oppressant est essentiel pour permettre aux jeunes de naviguer tout au long de cette période critique de leur vie avec plus de sérénité. 

Les parents, les éducateurs et la société doivent collaborer pour aider les étudiants à «trouver un équilibre. Sans équilibre, automatiquement on ouvre la porte de la souffrance. Il y a un risque de tomber en dépression, de développer de l’anxiété sociale», avertit Benzakour. 

Le psychosociologue appelle à des actions concrètes et à des réformes structurelles pour répondre aux défis croissants de la santé mentale des adolescents. En améliorant l’approche éducative et sociale, en écoutant les besoins des élèves et en leur offrant un soutien adapté, les jeunes évolueront dans un environnement propice à leur développement sain et équilibré, réduisant ainsi les risques de détresse psychologique et de comportements suicidaires.

Le barreur
Date : le 13 juin 2024 à 19h44
En général, on ne sait pratiquement rien sur le niveau intellectuel des parents, et sur leur disponibilité à suivre, et AIDER , quotidiennement leurs enfants , afin que ceux-ci développent la confiance en soi - indispensable - pour réussir l'année scolaire. Des parents ignares, qui passent leur temps libre dans les cafés, et attendent la veille de l'examen pour faire sur leur enfant une pression , insupportable, et incompréhensible, qui ne fait que le destabiliser, portent une grande responsabilité.
Hanabi
Date : le 13 juin 2024 à 19h01
Que Dieu les fasse Rahma. La responsabilité est partagée entre Les parents Le millieu scolaire La sociéte. Des hommes et femmes en soi. Alors que Notre Créateur nous défini la Réussite comme étant ( entre autre) une personne qui aura purifié son cœur, arrivera avec un coeur sain et aura son fait son entrée au Paradis! Tel est la véritable réussite . Arrêtons de détruire nos enfants! Ils ont droit à la considération et on se doit d'être fierté d'eux. C'est bien s'ils réussissent dans les études mais ce n'est pas grave non plus le cas échéant. C'est très grave, pauvres âmes. La préservation de la vie, c'est l'un des plus grand objectifs de notre Din, où même les Droits d'Allah s'effacent dans certains cas pour préserver la vie humaine. Et là tu vois des jeunes se suicider pour un échec scolaire ou un échec d'emploi? Ya Roib, vois l'état de cette Umma.
mousse111
Date : le 13 juin 2024 à 14h36
y a des pays ou c est pire vu la pression japon core du sud inde etc.....malheureusement euuhhh d'mon temps c etait point parrreillle si tu loupais ton bac t évitais le daron le temps que ca se tasse et tu partais en vacances tranquille sans regret ni remord bon t avais bien une pique au mois d aout quand ton gros kon de tonton de franca te demandais alors que t avais entrepris de faire un sort a la cuisse de djaj m7mmar ""nja7t ade l3am ........"".... et que ton daron embrayait sur un discours fleuve digne brejnev au Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique sur le plan quinquennal auquel repondait adropov de franca par un rass kom te craw bech diro mostakbal oula brito rourjo talbo chouf khadija douwzet ade la3m librivi ou najha pour bien faire bouillir le daron maudite famille maudite franca.......... y peuvent pas rester chez eux ces immigres seul consolation y avais toujours la cousine khadija sur laquelle tu pouvais batir des plans pour l avenir ou plus si affinite pour se venger de qui vous savez
Dernière modification le 13/06/2024 19:44
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