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Hicham Mandari a été enterré à Fès dans la plus stricte intimité

L'homme d'affaires marocain Hicham Mandari, impliqué dans plusieurs dossiers internationaux d'escroquerie et assassiné le 4 août en Espagne, a été enterré vendredi à Fès au Maroc, a-t-on appris lundi de sources officielles.

«Hicham Mandari a été inhumé dans la plus stricte intimité en présence de sa mère Shéhérazade Fechtali», précise cette source qui a requis l'anonymat.
Le transfert de l'Espagne vers le Maroc et l'inhumation de Mandari a été confirmée à l'agence Associated Press (AP) par son avocat parisien, Me William Bourdon.

Cet enterrement a été rendu possible après l'intervention du wali (préfet) de Fès qui a passé outre l'hostilité du maire de la ville qui avait jugé «sacrilège» l'inhumation de Hicham Mandari dans sa ville, capitale spirituelle du Maroc.

Se présentant tour à tour comme «conseiller du roi du Maroc», «cousin germain» du roi Mohammed VI puis enfin comme «fils naturel» du défunt roi Hassan II (1929-1999), Hicham Mandari avait fui le Maroc en 1998 après une jeunesse dorée passée à l'ombre du Palais royal de Rabat dont il connaissait les arcanes.

C'est à cette époque qu'il est accusé par l'entourage du roi Mohammed VI, alors prince héritier, d'avoir détourné à son profit plus de deux milliards de dollars en utilisant des chèques émis par la trésorerie du Palais.

Installé aux Etats-Unis, où il finança une campagne publicitaire menaçant de «nuire gravement» aux intérêts de la famille royale par ses révélations, il avait été extradé en 2002 vers la France dans le cadre de son implication dans un colossal trafic de fausse monnaie libellée en dinars de Bahrein.

Après avoir échappé à une première tentative «d'assassinat», selon Me Bourdon, il avait ensuite été mis en examen et incarcéré dans le cadre d'une tentative de «chantage» commise à Paris à l'encontre du banquier marocain Othman Benjelloun, réputé proche du Palais royal.
Il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire par la justice française en juillet 2004, trois semaines avant sa mort.

Voyageant sous de multiples identités, menant grand train dans les quartiers bourgeois de Paris et sur la Costa del Sol espagnole, et disposant d'un puissant réseau médiatique friand de ses indiscrétions sur la famille royale marocaine, Mandari avait lancé en Espagne en 2003 un «Conseil national des Marocains libres» (CNML), un éphémère parti ouvertement hostile au régime de Mohammed VI alors que les relations diplomatiques entre Madrid et Rabat traversaient une crise grave.

Converti à l'islam chiite, en rupture avec le courant sunnite pratiqué au Maroc, Hicham Mandari multipliait néanmoins les conquêtes féminines. «Il était très croyant et pratiquant (..) Chaque fois que Mandari lançait des campagnes contre le Maroc, la DST (direction de la surveillance du territoire) s'arrangeait pour lui envoyer une fille pour le calmer et essayer de le raisonner. Les femmes c'était le point faible de Hicham», explique Mohamed Ouamoussi, un ex-»collaborateur» de Mandari, cofondateur du CNML, cité samedi par le journal marocain «Tel Quel».

Ouamoussi, qui vit en France et qui affirme «avoir déposé une demande pour obtenir la nationalité française», explique également dans les colonnes de «Tel Quel» que «très fréquemment des agents de renseignement français et des membres du cabinet de Sarkozy déjeunaient avec Mandari».

Son décès aura au moins permis de lever une équivoque sur ce sulfureux personnage: un test génétique ADN réalisé par les légistes espagnols a permis d'établir qu'il était bien le fils de Shéhérazade Fechtali, coupant cours à sa prétendue «filiation naturelle» avec l'une des «favorites» de Hassan II.

La justice espagnole, en étroite collaboration avec les magistrats parisiens chargés des deux précédents dossiers, enquête actuellement sur la mort de Mandari retrouvé tué d'une balle dans la tête dans un parking de Mijas (Andalousie). «Aucune piste n'est exclue», a expliqué à l'Associated Press une source française proche de l'enquête, «la seule certitude, c'est qu'il s'agit d'une exécution, d'un travail de professionnels».

Nicolas Marmié
Source : Associated Press

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