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Youssef Lemrini : L’entrepreneur qui mise sur le crédo de la centralisation pour une meilleure gestion

Après trois années passées à Barcelone en tant qu’ingénieur informatique, ce Marocain de 33 ans est revenu dans son pays pour participer à la dynamique entrepreneuriale. Il a créé une plateforme pour centraliser la gestion des TPE et PME.

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Youssef Lemrini, l’entrepreneur qui mise sur le crédo de la centralisation pour une meilleure gestion. DR

Une startup tournée vers les petites et moyennes entreprises ? C’est en quelque sorte le concept de Manageo.ma, une solution de gestion d’entreprise lancée par Youssef Lemrini en janvier 2016. «C’est un logiciel de gestion pour les petites et moyennes sociétés au Maroc. Ça leur permet de gérer leurs clients, faire le suivi de leur facturation, leur trésorerie, leur stock», nous explique son fondateur. En somme, ce logiciel permet aux entrepreneurs de centraliser la gestion de leur entreprise sur une seule plateforme.

«Au départ, la vision était de créer un outil de gestion pour des gens qui sont passionnés par leur métier mais pas par la comptabilité, la facturation et toutes les autres tâches en dehors de leur cœur de métier», précise-t-il dans une interview au site The Rolling Notes.

L’entrepreneuriat, Youssef Lemrini, 33 ans, connaît bien. Avec Manageo, il entame sa quatrième expérience dans le milieu de la création d’entreprise. «Bien avant que Facebook soit connu au Maroc, j’avais lancé un site de rencontres lorsque j’étais encore étudiant. Ça a été mon premier projet.» Suivront la création d’un portail d’annonces et de conseils immobiliers et un site de e-commerce, tous deux aujourd’hui fermés.

Avant de revenir au Maroc il y a sept ans, cet ingénieur en informatique a travaillé trois ans à Barcelone au sein d’une entreprise de jeux en ligne, notamment les paris sportifs, le poker et le casino. Une expérience qui a couronné son cursus en informatique entamé en France, à l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard, puis ponctué d’un stage de huit mois au Mexique, à Toluca, capitale de l’Etat de Mexico.

A chaque étape son challenge

De retour au Maroc, la création de son entreprise n’a pas été bien compliquée. C’est à une autre difficulté que le trentenaire, alors jeune entrepreneur, s’est heurté : les ressources humaines. «Toute la difficulté a été de recruter les bonnes personnes. On peut se tromper quand on est une grosse boîte mais quand on démarre, c’est très critique, d’autant qu’on n’a pas forcément les moyens, en tout cas au début, de payer les bons profils. La difficulté, c’est de tomber sur des profils jeunes, motivés et sérieux et de pouvoir les former et les retenir. C’est une vraie problématique au Maroc», témoigne Youssef Lemrini.

«On trouve facilement des gens compétents, mais il y a un manque de sérieux et de professionnalisme. Les gens vont préférer bosser pour des grosses boîtes connues que pour une startup de trois personnes. La stabilité est particulièrement valorisée», ajoute-t-il. L’autre difficulté, propre à chaque entreprise, a été de se faire connaître :

«On vend un produit nouveau, on le commercialise d’une façon nouvelle sur un marché nouveau et avec des sociétés nouvelles. On a dû faire beaucoup de marketing.»

En revanche, le chef d’entreprise dit ne pas avoir eu de difficultés à trouver des financements. Il a d’abord bénéficié d’un prêt d’honneur de 100 000 dirhams du Réseau Entreprendre Maroc. «A peine un an plus tard, fin 2016, on a reçu 2 millions de dirhams de Maroc Numeric Fund», raconte-t-il.

Aujourd’hui, tout l’enjeu est de conquérir les TPE et PME marocaines et de couvrir leurs besoins. «On a actuellement quelques centaines de clients. Le challenge désormais, c’est de nous faire connaître auprès de cette cible et de vendre notre produit. On accompagne les startups, on essaie de changer les mentalités par rapport aux logiciels de gestion car il y a souvent des préjugés par rapport à leur complexité et leur cherté. Les gens pensent que pour installer ces logiciels il faut faire appel à des consultants, installer des serveurs… Bref, que c’est compliqué et réservé aux grandes structures. On essaie justement de casser ces barrières-là, d’expliquer que le logiciel de gestion est simple d’utilisation, pas cher et adapté à la petite entreprise marocaine. Il n’est pas nécessaire d’avoir un chiffre d’affaires de 10 millions de dirhams pour penser à se structurer.» Voilà le mantra de Youssef Lemrini et de ses huit salariés – bientôt neuf...

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