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Investissement Publié

Jilali El Agri : Investir dans les cieux de Meknès

Le Franco-marocain Jilali El Agri est récemment revenu au Maroc pour lancer une association de parapente, qu’il espère voir bientôt convertir en TPE.

Temps de lecture: 2'
Jilali El Agri possède une aile pour deux personnes. Les vols peuvent s’étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres ou rester en local / Ph. Jilali El Agri

Découvrir et faire découvrir la région de Meknès à vol d’oiseau… rattaché à un parapente. C’est le projet de Jilali El Agri, ce Marocain qui a quitté très jeune Fès, sa ville natale, pour rejoindre Millau, commune située dans l’Aveyron (sud de la France) et «capitale des sports d’extérieur», se targue ce quinquagénaire – 50 ans depuis quelques jours.

Il y a neuf mois, cet ancien restaurateur, également ex-éducateur auprès de personnes handicapées, a décidé de plier bagage pour rejoindre le Maroc, qu’il a quitté en novembre 1969, un peu plus d’un an après sa naissance. «Mon père était militaire. Il faisait partie des tirailleurs marocains, de ceux qu’on voit dans le film avec Jamel Debbouze («Indigènes», sorti en 2006, ndlr). Je suis considéré comme français – j’ai fait le catéchisme», plaisante-t-il dans un rire contagieux. Depuis qu’il est tout petit, Jilali El Agri voit décoller les parapentistes : «J’habite une maison en face des pistes de décollage. Je les vois voler depuis que je suis né.»

Après vingt-deux ans de parapente dans le ciel aveyronnais, il a eu envie de retrouver un peu de ses racines. «J’en avais un peu marre de la France et de sa météo. C’est à la fois l’amour et le boulot qui m’ont fait revenir au Maroc», dit-il. En 1996, bien avant de revenir sur sa terre natale, il décroche sa première licence auprès de l’Aviation civile pour pouvoir voler : «Le seul endroit où j’ai pu avoir une autorisation, c’est à Moulay Driss Zerhoun, près du site archéologique de Volubilis. Le préfet m’a dit que c’était un super projet. C’est donc là-bas que je me suis installé.»

Son projet ? «Faire partager ma passion pour le parapente et faire découvrir aux gens la région par les airs. C’est quelque chose qui me tient à cœur. Si j’avais voulu faire de l’argent, je serai allé à Chamonix», ajoute-t-il. Le concept ? «J’ai une aile pour deux personnes, donc j’emmène quelqu’un avec moi et on vole au-dessus des airs pendant une trentaine de minutes. On peut faire beaucoup de kilomètres ou voler en local.»

Loin d’être dénuée d’une démarche entrepreneuriale, son association, «Les Ailes de Volubilis», est vouée à terme à se transformer en une petite société pour délivrer des baptêmes de l’air. «On m’a d’abord conseillé de fonder une association pour pouvoir pratiquer le parapente en toute légalité. Mais d’ici quelques mois, à la rentrée de septembre, ce sera une petite entreprise», précise le quinquagénaire.

«Aux petits soins»

Signe que son retour au Maroc avait tout d’une évidence, l’administration lui a ouvert grand les portes. «On m’a beaucoup aidé pour que je puisse développer ce projet. La facilité, c’est quand tu rencontres des gens comme le préfet de Meknès, très enclin à ce que le Maroc se développe dans ce genre de sports, d’autant que dans les années 1980, il y avait déjà eu ici des gens qui volaient en deltaplane. On m’a dirigé vers les bonnes personnes, qui ont été très coopérantes. Les gens ont été aux petits soins avec moi, c’est ce que j’ai remarqué», confie Jilali El Agri. Malgré ses diplômes de moniteur, décrochés en France, il a toutefois dû passer des validations d’acquis au Maroc, à Sidi Ifni, avec l’Aviation civile.

Jilali El Agri est également animé par une volonté d’«apporter quelque chose à [son] pays». En l’occurrence à la région. «Elle possède de grands atouts naturels, mais qui ne sont pas du tout exploités. A part la randonnée, il n’y a rien sur le plan sportif. Surtout qu’ici, le vol libre rentre tout à fait dans les caractéristiques de la région.» De quoi lui donner des ailes.

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