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QUI TIRE LES FICELLES DISENT ILS
oussama [ MP ]
13 janvier 2004 16:07
Défilés islamistes : la « base » s'organise, mais qui tire les ficelles ?

Le 21 décembre 2003, 1500 femmes musulmanes, sévèrement encadrées par autant de « frères » aux allures salafistes, défilaient « spontanément » dans les rues de Paris. Après ce galop d'essai du 21 décembre, les sites islamistes francophones appellent à d'autres manifestations, le 17 janvier et le 7 février. Si le défilé parisien du 17 janvier est bien organisé par l'organisation politique extrémiste et antisémite du Parti des Musulmans de France, avec plusieurs défilés en province, c'est une nouvelle « base » qui compte frapper un grand coup le 7 février 2004.
Les organisations
La manifestation du 7 février est organisée par un « collectif » d'associations hétéroclites et peu connues. Principalement : AVERROES, ConneXion (une association « artistique » islamique), DSF (Dignité Sans Frontières), FARES (Face Au Racisme Ensemble et Solidaires), JID (Justice-Islam-Dignité, qui distribuait déjà des tracts pro-hijjab au congrès de l'UOIF d'avril 2003), LIDIM (Ligue internationale pour la Défense de l'Islam et des Musulmans, groupuscule d'habitués d'oumma.com qui tente vainement d'intervenir sur le plan juridique), MJD (Mouvement Justice et Dignité), UFCN (Union Française pour la Cohésion Nationale, « parti politique » créé par Mustapha LOUNES qui masquait jusqu'à présent son côté exclusivement musulman, mais qui se « dévoile » aujourd'hui pour percer aux prochaines élections cantonales).

Les personnes
Derrière ces organisations, on retrouve des habitués des sites oumma.com et saphirnet.info, et aussi les principaux organisateurs de la manifestation du 21 décembre. N.K., alias Abdelnour alias Le Rappel, qui officiait en « grand maître », rempile malgré la méfiance de certains de ses coreligionnaires par rapport au passé F.N. de l'intéressé, et de la surveillance policière dont il est l'objet. S.M., converti, qui a fondé la LIDIM après un court passage au Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevenement. S.M. se prétend « expert juridique » de la LIDIM et à ce titre écrit des lettres signées pompeusement d'un pseudonyme « Docteur B. Makhlouq » à tour de bras : Cour Européenne des Droits de l'Homme, procureurs, proviseurs (pour demander l'exclusion de professeurs jugés « islamophobes »), etc. « Makhlouq » sera candidat de l'UFCN en Ile de France, mais d'autres « oummistes » se présenteront également à ces élections. Farid, alias « Beaugosse 59 » (quelle modestie…) lui aussi « Lidimien » et « oummiste », fait partie du « collectif » organisateur.

Un collectif de 20 personnes
Les passerelles entre ces organisations semblent donc nombreuses. La « base » se cherche, et envisage de créer une nouvelle « association », pour se démarquer d'oumma.com jugé trop « modéré » par certains, trop « européanisé » par d'autres, ou tout simplement trop « grillé ». Mais derrière cette nébuleuse, il existe un véritable collectif d'une vingtaine de personnes qui se réunit régulièrement à l'institut de formation « Avenir » (siège de ConneXion) à La Courneuve, pour organiser la manifestation du 7 février, en évitant toutefois l'infiltration par les « réseaux Ramadan ». Ce groupe respecte une parité exemplaire entre femmes et hommes. Mais à étudier la composition de la demi-douzaine de « commissions » mises en place, on constate que les femmes ont plutôt des tâches de « communication » et « d'animation », sans doute pour éviter de répéter certaines erreurs du 21 décembre, où les « frères » empêchaient justement les « sœurs » de communiquer. Mais les postes sensibles de cette organisation sont toujours réservés aux « frères » : relais avec des organisations islamistes locales, financement, et, bien entendu, « sécurité ».

Des moyens importants
Des « commissions », un plan de travail précis et nominatif, des réunions hebdomadaires : le « collectif » semble très organisé et cette rigueur tranche avec l'amateurisme constaté jusqu'à présent chez les principaux intéressés. On ne peut donc pas exclure l'hypothèse de « consultants » déjà rompus à ce genre de travail, dans des organisations politiques ou idéologiques. Le fait que l'UOIF appelle les musulmans à participer à ce rassemblement, sans s'y associer officiellement, ainsi que la méfiance du collectif par rapport aux « officines Ramadan » donne une première piste de recherche du vrai manipulateur.

L'ambition du projet montre aussi qu'il existe des mécènes derrière cette opération. Le « collectif » prévoit la distribution de 500.000 tracts et de 10.000 affiches, imprimés par un professionnel. Un Numéro Vert sera mis en place. Et les organisateurs « spontanés » pensent aussi diffuser des spots publicitaires payants sur des radios « communautaires ».

Même les banderoles du défilé sont sous-traitées à des professionnels. Fini le temps des tags sur des draps ! La communication est particulièrement soignée, avec des envois massifs à toutes les organisations « amies », et une cellule « presse » chargée d'analyser les réactions des médias et de les contrecarrer. Mais le plus étonnant que la « sécurité » du défilé sera elle aussi prise en charge par des organisations professionnelles « musulmanes », qui seront dûment rétribuées pour ce service.

Devant tant de prévisions de dépenses, on peut se demander : qui financera ? Apparemment, la vingtaine de copains ne semble pas trop préoccupée par ce souci financier. Etrange pour un « comité » qui planifie quasi professionnellement cette opération.

Mot d'ordre : islamophobie
Dans les tracts et « la comm », les organisateurs ne veulent pas « braquer » le public français sur le « foulard », tirant là aussi les leçons du 21 décembre. Ils mettront donc le classique « non à l'islamophobie et au racisme » déjà usé par le MRAP et l'UOIF, et la loi « de discrimination et d'exclusion » n'intervient que plus loin dans le texte, comme illustration de « la haine anti-musulmans », au même titre que les « tombes profanées » (même si elles l'ont été par des musulmans…) et d'hypothétiques « mosquées brûlées ». Les textes sont très durs : on y parle de « lois scélérates », de « circulaires discriminatoires ». Mais on conclut par un appel faussement républicain : « Liberté, Egalité, Fraternité ! », « droits de l'homme » (sic) et « cohésion nationale ».

Une « marche » nationale
Les textes en cours de rédaction ne parlent ni de « manifestation », ni de « défilé », mais d'une « marche nationale solennelle et pacifique », afin de montrer une image moins « islamiste » que le 21 décembre. Très symboliquement, cette marche devrait se terminer devant l'Assemblée Nationale. La déclaration à la Préfecture de Police est déjà faite, mais le détail du parcours est encore en discussion. Des autocars sont déjà prévus depuis de nombreuses régions de France.

C'est donc « un grand coup » que veulent frapper les islamistes, avec une organisation quasi professionnelle et un financement important, tout en évitant les dérives « salafistes » commises précédemment. Mais ne nous trompons pas : ce sont bien les mêmes « frères » qui encadreront les « sœurs ». Simplement, cette fois, de généreux mécènes ont mis les moyens nécessaires.

Francis Percy Blake
[email protected]

Celui qui marche sur les pas d'un autre ne laisse pas de traces...
 
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