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suicide et désespoir des musulmans européens
c
4 février 2010 10:47
Lors de leur scolarité ou en fin de cycle d’études, pour des raisons rarement apparentes ou identifiables, les jeunes Européens entre 15 et 25 ans assument mal leur idéal d’insertion estudiantine et professionnelle. La société leur impose de plus en plus de contraintes sans pour autant que les perspectives d’avenir ne soient attrayantes ni prometteuses. Le spleen s’installe, isolant l’adolescent de sa famille et de ses amis, ce qui peut le conduire à des actes désespérés qui sont des appels au secours. Ce triste schéma est reproduit dans le contexte de familles musulmanes issues de l’immigration, dont les membres devraient en principe être plus « soudés » face à des sociétés d’accueil qui les acceptent avec une réticence manifeste. Certains jeunes perdent alors le goût du défi. Le rêve d’Occident se brise lors de la quête d’une intégration où ils puissent se reconnaître véritablement. Les motivations de leurs aînés ne sont plus les leurs. Le rempart religieux a perdu de son pouvoir dissuasif. Ils cherchent alors à en finir, à l’instar des adolescents et jeunes adultes européens.

n 2002, plus d’un million de personnes sont mortes de suicide dans le monde. Tous pays confondus, le suicide est une des trois causes principales de la mort des 15-34 ans . Au regard de la carte ci-contre, nous constatons que tous les pays ne disposent pas de statistiques, ou parfois, pas de statistiques fiables. Cependant en Europe le suicide des jeunes est en pleine recrudescence et constitue un vrai souci pour de nombreux parents. Les États tentent de se mobiliser en finançant des travaux de recherche sur l’ampleur du phénomène, les raisons de sa croissance et comment y remédier. La plupart des États de l’UE financent des associations et institutions pour faire face et prévenir dans les cas où c’est encore possible. La rapidité des services d’intervention s’est améliorée et les répercutions sont quantifiables. Les actions de groupes comme « Prévention suicide » sont aussi des outils qui ont un impact mesurable. Mais ce qui n’est pas quantifiable, c’est le mal-être grandissant des jeunes et la diversité des réponses qu’ils trouvent pour le résoudre, ou plutôt, ne trouvent pas.

Au sein du Conseil de l’Europe, le rapport de la Commission des migrations, des réfugiés et de la démographie sur les « Conditions sanitaires des migrants et réfugiés en Europe » témoigne de dépressions et suicides chez les nouveaux arrivants. Il admet un manque de connaissances en termes de santé mentale des migrants « L'incidence relativement élevée de la dépression parmi les immigrés s'associe à des taux élevés de suicide, le risque touchant particulièrement les enfants. Aux Pays-Bas, où le taux de chômage parmi les migrants, en 1994, était de 31 % contre 13 % pour les ressortissants nationaux (de Jong, 1994), le taux de suicide parmi les enfants d'immigrés était lui aussi considérablement plus élevé que dans la population générale. A Rotterdam, les enfants de migrants turcs et marocains apparaissent plus susceptibles de se suicider que les enfants néerlandais. »



IMAN abandonne à 18 ans

La structure sociale à la base de ce mal-être est tellement rigide qu’il s’étend à toutes les couches de la société, et on le retrouve au sein des communautés issues de l’immigration. Parce qu’il est difficile de catégoriser en fonction de l’origine ethnique ou religieuse, nous ne disposons pas de statistiques exhaustives, cependant l’on sait que la dépression et le suicide des jeunes sont de plus en plus fréquents dans les communautés musulmanes établies en Europe, et même dans les familles arrivées plus récemment. Samira est venue de Tunisie avec son époux dans les années 80. Ils avaient tous deux à peine plus de vingt ans. Ils se sont installés à Paris où ils ont prospéré dans le commerce vestimentaire. Ils ont eu deux enfants, Iman et Ahmed, qui ont fait toute leur scolarité dans les écoles publiques du 18ème arrondissement, où ils avaient acheté leur appartement. A la fin du parcours scolaire d’Iman, l’aînée, les parents divorcent. Iman en est affectée mais elle semble dépasser cette souffrance sans trop l’extérioriser, passe son bac et entreprend des études supérieures. Bien qu’elle soit ravissante, son corps un peu potelé la complexe dans son rapport aux autres et particulièrement aux garçons. Elle a beau savoir que ce surplus de chair est un critère de beauté en Tunisie, elle le vit comme un rempart qui la sépare de son monde d’adoption ; un rempart qu’elle aurait créé elle-même. À la maison, on parle indifféremment arabe et français.
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4 février 2010 10:47
Iman comprend bien l’arabe, mais s’exprime plus aisément en français. Pour les vacances, ils partent avec leur mère en Tunisie et renouent avec la famille élargie. Iman et Ahmed sont choyés, adulés. S’ils se prêtent au jeu, ils sentent bien tout ce que la situation a d’artificiel : au fond, ce n’est pas à leurs qualités personnelles que l’on est sensible, mais à l’aura du monde idéal qu’ils font miroiter avec leurs histoires, cédant parfois à la tentation de maquiller un peu les feux de l’Occident. En Europe, la vie d’Iman est en rupture avec cette identité fondatrice, dont elle sent confusément le caractère factice. Le drame, c’est qu’Iman n’est pas encore équipée psychologiquement, ni suffisamment (et ouvertement) soutenue par sa famille du fait du divorce de ses parents, pour se forger l’identité unique qui l’ancrerait à ses propres yeux dans le monde. À Paris, elle cache sa différence tout en la vivant comme une injustice ou pire encore, une honte. Les moments de tendresse de l’été en Tunisie se lovent au fond de son esprit en quête d’harmonie. Elle essaye d’être conforme, de développer son sens d’appartenance à son entourage. La mythification des racines, et avec elle l’amplification subjective du décalage avec sa culture d’origine, donnent lieu à un sentiment de culpabilité. Iman souffre d’avoir une part de son identité plus vivante que l’autre, et ne sait pas à qui s’en ouvrir.

Facteur aggravant dans le cas d’Iman : au moment de l’assaut des questionnements intérieurs et des difficultés relationnelles, elle vit avec sa mère et son frère et il lui arrive de se retrouver seule à la maison. La confrontation à la solitude dans son appartement parisien, dans cette ville trop agressive pour une jeune fille fragile, avec son lot de SDF, de dragueurs, de clochards, de rues sales, avec ses cafés débordants de cris, son métro bondé, etc. achève de lui faire perdre force et espoir. Elle va élaborer méticuleusement, et avec un sérieux déconcertant, sa stratégie de suicide. Sa mère qui sait qu’Iman ne va pas très bien, la fait suivre par un psychothérapeute, faisant confiance à la force des savoirs qu’elle admire en Europe. Le médecin l’accompagne mais n’a pas les éléments culturels en main. Il n’est pas encore familier des contradictions qui déchirent Iman. Elle ne sait pas mettre en mots sa tristesse, ni sa révolte d’ailleurs. Cette tourmente s’exprime lors de légères crises avec sa mère. Iman est paralysée par son amour pour sa mère et sa volonté de lui faire plaisir. Madame Samira Mlaoueh a adopté un style résolument européen. En conformité avec le modèle avant-gardiste de Bourguiba, la génération des parents d’Iman s’est lancée sur la voie de la « modernité ». Ils ont gardé la fibre tunisienne pour leur intimité. Seulement eux sont nés et ont grandi là-bas, ils ne craignaient pas d’être acculturés. Ils savent se fondre corps et âme dans le cocon local. En Europe ils ont intégré les codes pour être « acceptés ». Ils ont réglé les problèmes de compatibilités, les difficiles questions autour des vêtements, de l’alimentation, des rituels de vie (horaires) en choisissant « progressiste » à chaque fois. Ils clament fièrement leur identité tunisienne, mais ne l’affichent pas
c
4 février 2010 10:48
La réalité arabo-musulmane autre qu’affective est volontairement inhibée. Ils vivent leur identité d’émigrés comme une parenthèse indéfinie, qui ne remet pas en cause leur identité tunisienne. Aux yeux de la jeune Iman, leur attitude semble ambiguë. Se mentiraient-ils à eux-mêmes ? Elle, par contre, a l’impression d’être en phase avec l’impossible réel : elle n’est plus vraiment tunisienne, mais sera-t-elle jamais française ?

Iman n’a pas été bercée au rythme de Carthage la douce. Elle se sent coupable de cette trahison envers les siens, et cela même si au quotidien, le regard de l’autre la renvoie au stéréotype et nie la part européenne, devenue prépondérante, de son identité. Depuis les événements du 11 septembre 2001 et le manque de réponse à l’intérieur de la communauté musulmane d’Europe, l’islam fait l’objet de toutes les méprises. Tous les musulmans sont perçus comme des terroristes. Les médias font vite cet amalgame qu’Iman trouve humiliant. Les « modérés » comme la famille d’Iman forment la masse silencieuse. Iman ne sait plus comment se placer, ni sur le plan religieux, ni dans sa relation à l’islam politique. Croyante et pratiquante, elle est tolérante comme sa mère même si il lui est parfois arrivé de lui reprocher d’avoir bradé certains devoirs religieux au profit du mirage moderniste. Elle n’a jamais porté le voile, a été à la même école que les autres, en sait autant qu’eux si ce n’est plus avec la part tunisienne refoulée, mais voilà, elle n’arrive pas à vivre sa différence. Elle se sent moindre, moins bien que « les autres », qu’elle imagine de plus en plus la montrer du doigt. Ce sentiment développe une hypersensibilité sur laquelle tout échec, toute déconvenue va prendre des proportions exagérées. Iman rate un examen qu’elle doit repasser en session de septembre, et c’est pour elle une humiliation de plus. Avec la pression des examens, elle a rompu avec son petit ami. Sa mère doit s’absenter quelques jours pour Tunis et elle reste à Paris avec son petit frère qui sort souvent et n’est pas un confident. Elle va sur Internet et trouve le site « suicide mode d’emploi » (qui depuis a été interdit), identifie la recette du suicide sans violence, avec des comprimés de Nivaquine. Les comprimés ne sont pas en vente libre donc Iman use de son intelligence lucide et pratique pour réaliser son dessein sordide. Elle imagine un stratagème pour se faire prescrire les comprimés et …………..
la suite:
[www.sezamemag.net]
N
4 février 2010 10:56
Des chiffres et des chiffres ?
Cet article n'est basé sur aucune étude fiable.
Seul le taux de chômage au Pays-bas est mentionné. Aucun autre chiffre ne vient étayer cette affirmation.
Je mets en doute sérieusement cette étude bâclée.
I
4 février 2010 13:12
comme c'est ironique. Regardez donc comment vivent les gens au Japon. Cette étude en comparaison est une rigolade.
g
8 février 2010 00:15
En France , le suicide est tabou , les chiffres dissimulés ,deuis tres longtemps

Il est vrai que l'avenir est sombre pour le travail , sans travail, point de staisfaction

ni flouz , donc pas de vie ,

Nos éminents politiques sont bien incapables de créezr de l'emploi , c'est le marché qui,

crée , le reste n'est que diarrhée verbale .

Bon courage . Partez autour du Monde si vous pouvez , n'attendez rien ,
L
8 février 2010 02:48
Franchement ces histoire d'apartenance culturelle çà m'a saoulé

et si cela finit mal, je regrete de le dire cruement, mais la pauvre fille n'était pas bien dans sa peau tout simplement, et si cela n'avait été cet argument fichtrement tordu, elle en aurait bien trouvé un autre tout aussi biscornu

Je n'ai pas de statistique non plus, mais pour la santé mentale, la raison me semble aussi un bon moyen de se prémunir des valeurs subjectives et de ne pas se laisser noyer dans l'irrationnelle et ensuite etre emporté par des concepts limites pathologiques

_ culture (manque de repères)
_ religion
_ sentiment (fin de liaison sentimentale)
_ aspect physiques=>culte de la maigreur et des apparences
_ sentiment de rejet social (alors qu'en hollande ils sont tolérants mais on une méfiance de l'islam fondamentaliste pour ce qu'on sait)


tout ces choses là sont le cumul trop important de choses qui ont plus a voir avec le subjectif que avec la raison


reste les facteurs favorisants bien plus palpable et plus difficile a gérer bien que trés "palpables"

_ examen + pression accrue sur l'incertitude de l'avenir => stress => fatigue ...
_ facilité d'accés sur les moyens de se suicider

voir un psy qui ne saisi pas les probléme , là, c'est pire que si elle n'en avait jamais vu


elle a cumulé la pauvre
 
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