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La démocratie dans le monde arabe a-t-elle un label américain ?
2loubna [ MP ]
10 mars 2005 21:23
Après des années d’inertie et de réticence face à toute évolution démocratique, ça bouge dans plusieurs pays arabes. Ce changement est-il une conséquence des pressions américaines – et de ce fait l’oeuvre de George W. Bush ? La presse anglo-saxonne s’arrête sur cette question.

L’effervescence politique et sociale qui, soudain, est en train de balayer le Moyen-Orient - de Bagdad à Beyrouth, du Caire à Casablanca - donne aux Etats-Unis et au reste du monde autant de raisons d’espérer de nouvelles opportunités que de craindre de nouvelles tensions", souligne USA Today.

De son côté, The Independent consacre sa première page à ce sujet. On y trouve une carte du monde arabe, donnant un aperçu du "vent du changement" qui souffle sur onze pays, y compris la Libye et le Yémen. Avec ce titre : "Après tout, Bush avait-il raison ?" En effet, note le journal britannique, "les opposants à la guerre en Irak auront à faire face à cette question difficile".

Question que pose également The Washington Post : "Dans quelle mesure le président George W. Bush a-t-il influencé les événements déclenchés sur le terrain par des forces locales ?" De fait, même les conseillers de Bush ont été surpris par la rapidité des changements. Quant aux sceptiques, ils ont été réduits au silence, moins de deux mois après le discours d’investiture de Bush dans lequel il avait précisé que l’objectif de son second mandat serait de "mettre fin à la tyrannie dans le monde", relève le quotidien américain.

Pour USA Today, la réponse est claire : "L’invasion de l’Irak, suivie des élections dans ce pays et dans les Territoires palestiniens, a incontestablement provoqué un électrochoc dans la région." Actuellement, cet élan démocratique qui prend de l’ampleur est symbolisé par les manifestations qui ont lieu au Liban, poursuit le quotidien. Dans une intervention prévue pour le mardi 8 mars à la National Defense University, "Bush, plein d’entrain, fera le point sur les progrès réalisés. Selon ses proches, il perçoit dans ces changements une validation de sa politique", signale le Post.

Néanmoins, Bush devrait éviter de présenter ces avancées - le repli syrien au Liban, par exemple - "comme un triomphe personnel et le fruit de sa ‘guerre contre le terrorisme’ et de sa ‘campagne pour propager la démocratie’. Une telle approche pourrait provoquer des réactions négatives, et les fruits recueillis deviendraient bien amers", souligne le journal, en citant Ray Close, un ancien officier de la CIA. D’ailleurs, poursuit le quotidien, rien ne prouve que les éventuels successeurs des alliés des Etats-Unis - la famille Al-Saoud en Arabie Saoudite ou Hosni Moubarak en Egypte - ne seront pas "des démocrates locaux sincères, mais dominés par un fort sentiment d’antiaméricanisme".

Une prudence que l’on retrouve dans The Independent, qui titre son éditorial : "Ne soyez pas dupes : la démocratie au Moyen-Orient n’a qu’un lien très faible avec la guerre en Irak." Pour les partisans de cette guerre, "c’était là le point de départ nécessaire". Une interprétation "séduisante" mais "biaisée, dangereuse et surtout erronée", assène l’éditorialiste. Certes, "les élections libres" en Irak n’auraient pas pu avoir lieu sans la chute du régime de Saddam Hussein. "Mais la tenue de telles élections était la moindre des choses que les forces d’occupation devaient à l’Irak. Si un jour quelque chose qui s’apparente à la démocratie survient en Irak, ce sera seulement grâce à la détermination des Irakiens eux-mêmes. Et c’est seulement de cette façon que la démocratie peut émerger n’importe où, et surtout perdurer."

Là où Bush aurait raison, selon le quotidien londonien, c’est "dans sa conviction que le besoin de démocratie concerne beaucoup de pays et que le monde arabe ne doit pas faire exception". Mais les mouvements les plus dynamiques dans la région ne sont pas liés à l’Irak. Ou bien ils trouvent leurs origines dans des événements locaux et imprévus : la mort de Yasser Arafat et l’assassinat de Rafic Hariri ; ou bien ils se situent dans des tendances déjà existantes : c’est le cas des changements en Arabie Saoudite ou en Libye, relève le journal. "Beaucoup d’autres facteurs sont à prendre en considération, comme le développement des communications, Internet, les voyages, l’évolution démographique ou l’éducation."

Toujours est-il que "les nombreux dirigeants non élus au Moyen-Orient doivent mal dormir ces derniers temps".

Hoda Saliby
La liberté des autres étend la mienne à l'infini.
be [ MP ]
10 mars 2005 21:52
Salam
Je ne suis un peu surpris de cette analyse. Plusieurs remarques:
- je ne crois pas que les élections palestiniennes 'démocratiques' soient liées aux changements du moyen orient. Tout le monde a dit bravo à la gestion de la période mort d'arafat jusqu'aux élections et ceci est bien sur du à la maturité politique des palestiniens.
- je ne crois pas que le moyen orient soit dans une transition vers la démcratie. Aujourd'hui tout le monde a peur des frappes américaines et fait de son mieux pour faire bonne figure devant le Boucher américain. Nos pays ont surtout besoin d'instrction. Quand le peuple s'instruira la démocratie viendra de l'intérieur
- Contrairement à ce qui est écrit les américains ont toujours oeuvré pour freiner la démocratie dans les pays arabes
2loubna [ MP ]
10 mars 2005 22:07
Salam Be,

Les américains ont imposé leurs pions dans l’Amérique latine par la force.
C’est ce qu’ils sont entrain de faire dans le moyen orient : une sorte de démocratie à la Bush.
Par contre, je suis entièrement d’accord avec la dernière phrase : « les nombreux dirigeants non élus au Moyen-Orient (Maghreb aussi) doivent mal dormir ces derniers temps ».
La liberté des autres étend la mienne à l'infini.
be [ MP ]
11 mars 2005 21:56
Salam Loubna
Je viens de lire ton écrit d'hier soir. Ce que tu dis me fait vraiment peur. J'espère que les américains n'y parviennent pas. Je préfère encore le désordre de nos pays arabe que la démocratie de Pinochet et ses amis. Si les américains cherchent à faire de nous les Colombiens ou équaotoriens de l'amérique latine je suis inquiet

Amicalement
 
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