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Le «double-discours» de Zineb El Rhazoui épinglé par le président de BarakaCity

Depuis plusieurs jours, Idriss Sihamedi publie, dans une série de tweets, des questions à l’adresse de Zineb El Rhazoui, l’interpellant sur sa «résidence» aux Emirats, son mari banquier travaillant au «pôle finance islamique dans une banque au Moyen-Orient» et la possession d'un «riad» à Essaouira. La Franco-marocaine refuse, pour sa part, de commenter des «tweets d’un fiché S».

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La journaliste franoc-marocaine Zineb El Rhazoui. / Ph. Acques Demarthon - AFP
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Menacé de mort, censuré par Twitter et pris à partie par des politiques français, dont le ministre de l’Intérieur, Idriss Sihamedi est, depuis une dizaine de jours, au cœur de la tempête. Et pour cause, le président de l’ONG BarakaCity a vissé sa casquette de lanceur d’alerte, pour interroger, dans une série de tweets, la bloggeuse Zohra Bitan ou encore la journaliste franco-marocaine Zineb El Rhazoui.

«Ces personnes sont aux antipodes de leur idéologie. Elles font la promotion de la haine et participent à la stigmatisation des musulmans et des jeunes de quartiers. Mon travail n’était absolument pas d’étaler leurs vies privées, mais de mettre en exergue la duplicité et la double vie, car elles prêchent ce qu’elles-mêmes ne font pas», confie-t-il à Yabiladi ce mardi.

Idriss Sihamedi a ainsi interrogé Zineb El Rhazoui sur son mariage présumé avec un banquier qui se serait converti à l’islam dans une mosquée londonienne, son installation présumée à Dubaï ainsi que l’achat présumé d’un riad à Essaouira en 2019 alors que ses soutiens avaient ouvert une cagnotte pour qu'elle puisse payer ses frais d'avocats.

«Selon les informations, les témoignages et les éléments factuels que j’ai eus, je me suis laissé le droit de poser un certain nombre de questions», nous déclare le président de BarakaCity, qui ajoute vouloir «mettre en exergue le double-discours, de la même façon que les médias ont pu faire dans l’affaire de Tariq Ramadan et qui l’ont justifié comme d'intérêt public».

«Il y a une normalisation de la haine qui se fait par ces personnes qui sont fourbes et fausses et mènent une double vie. Ce ne sont pas des affirmations mais des questions, et moi, je connais la réponse», enchaîne-t-il.

«La seule chose que j’affirme est que Zohra Bitan et Zineb El Rhazoui sont des impostures et des menteuses, porte-paroles d’une idéologie mortifère, anti-islam, antimusulmans et stigmatisante.»

Idriss Sihamedi

Un soutien à géométrie variable

Dans ses explications à Yabiladi, le président de BarakaCity persiste et signe s’agissant de ses tweets à l’égard de Zineb El Rhazoui. «Lorsque je montre de manière factuelle, avec des sites à consulter, qu’elle est propriétaire d’un riad, je me pose des questions pour une femme qui dit ne plus pouvoir vivre dans les pays musulmans à cause de son apostasie et je me demande si véritablement c’est vrai», déclare-t-il.

Et d’affirmer qu’il souhaite savoir si l’ex-journaliste de Charlie Hebdo «qui s’offusque des mauvais traitements des femmes, a sur son passeport français la mention "Housewife/Not Allowed to work" (femme au foyer/interdite de travailler, ndlr)» accompagnant son visa présumé. «Elle est au Moyen-Orient. Elle est à Dubaï et ça je vous le confirme», lâche-t-il, en rappelant le «grand écart entre ce qu’elle dit et ce qu’elle est».

Le président de BarakaCity dénonce aussi les attitudes des médias et de certains politiques, fustigeant Manuel Valls et Francis Chouat, «connus pour leur islamophobie et leur haine de l’islam et des femmes voilées», ainsi que Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur.

D’ailleurs, il confirme qu’une plainte a été déposée contre ce dernier pour «dénonciation calomnieuse et discrimination» près la Cour de Justice. «Au jour d’aujourd’hui, mon avocat et moi n’avons reçu aucune plainte pour diffamation. Si celle-ci était caractérisée dès le début, la justice m’aurait saisi et j’aurai été poursuivi», rappelle-t-il.

«J’ai fait une série de tweets, je n’ai jamais été inquiété par la justice. Comment se fait-il que dans ce timing-là, à ce moment où mes questions sont posées, Gérald Darmanin a annoncé qu’il saisit l’article 40 et donc le procureur pour engager des poursuites judiciaires contre moi pour apologie au terrorisme. Ce sont manifestement des pressions utilisées contre moi», dénonce-t-il.

Zineb El Rhazoui refuse de commenter

Idriss Sihamedi affirme que dans le sillage de cette affaire, il reçoit des menaces de mort. «Pas plus tard d’hier, une personne m’a appelé pour dire qu’elle a mon adresse, mon nom, mon prénom,… juste après, cette personne a appelé ma mère, retraitée de 65 ans et handicapée à 80% pour l’insulter», s’indigne-t-il.

«L’indignation et le soutien de ces politiques sont sélectifs. La vie de Zineb El Rhazoui n’est pas plus précieuse que la mienne.»

Idriss Sihamedi

Pour le président de BarakaCity, le soutien apporté par le ministre de l’Intérieur et certains politiques constitue «un scandale d’Etat». «Il aurait été décent de la part du ministre de l’Intérieur d’apporter, peut-être pas un soutien à l’islamiste comme il me décrit, mais vis-à-vis de ma mère ou condamner les propos et le climat violents qu’il y a sur Twitter», conclut-il.

Contactée par Yabiladi ce mardi, la journaliste Zineb El Rhazoui a refusé de commenter et nous invite à contacter Idriss Sihamedi avant de nous raccrocher au nez.

«Vous êtes sérieux de me poser des questions sur des tweets d'un fiché S ?»

Zineb El Rhazoui

Ancien gérant d'une entreprise de communication, Idriss Sihamedi est fondateur de BarakaCity, association née en janvier 2010. En décembre 2014, il a été fiché par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et les locaux de son association, basée à Courcouronnes, perquisitionnés à trois reprises.

Mais en mars 2019, le parquet de Paris a classé sans suite l'enquête préliminaire ouverte contre l'association. Celle-ci a également bénéficié d’un retour en grâce auprès des médias français, comme Le Parisien qui a médiatisé ses aides aux hôpitaux dans le besoin lors de la crise sanitaire, avant de tirer à nouveau sur son président.

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