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Covid-19 : Khalid Ait Taleb dit tout sur la Chloroquine, les vaccins et les respirateurs artificiels

Invité de l’émission «faites entrer l’invité» sur Radio 2M, Khalid Ait Taleb a abordé ce mardi plusieurs questions liées à la crise sanitaire, dont les tests et les kits de prélèvement made in Morocco, les objectifs des essais cliniques de deux vaccins contre le coronavirus, ainsi que l’efficacité de la Chloroquine.

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Le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb. / DR
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«La situation épidémiologique aujourd’hui est sous contrôle malgré l’inquiétude qui règne», a assuré ce mardi le ministre de la Santé. Invité de Fathia El Aouni dans le cadre de l’émission «Faites entrer l’invité» sur Radio 2M, Khalid Ait Taleb a confié que selon les projections, les autorités «s’attendaient à plus» de cas d’infection au nouveau coronavirus (Covid-19).

«Maintenant, la question qui se pose et qui reste en suspens est en lien avec la saisonnalité de l’épidémie et la grippe saisonnière, surtout avec l’inquiétude pour ce dernier trimestre», a-t-il rappelé. Il a à cet égard annoncé que la campagne antigrippale qui débute à la mi-octobre connaîtra «des vaccinations en masse pour les personnes vulnérables et les professionnels». Et de déclarer que «le Maroc est toujours dans la première vague de la pandémie si nous suivons la suite logique à la situation épidémiologique».

Interpelé sur plusieurs actualités liées à la Covid-19, le ministre s’est dit «réjoui» d’avoir des tests 100% marocains alors que le Maroc devait importer la totalité de ses besoins. «Nous n’avons pas connu de rupture de tests», a-t-il assuré, rappelant que ces produits «sont passés par une procédure» de certification.

«Il fallait en vérifier la fiabilité et la conformité technique et il y a tout un processus pour les valider, chose qui a été faite. De plus, il y a eu un accompagnement de la société marocaine les produisant. Aujourd’hui, nous avons même passé des marchés avec elle.»

Khalid Ait Taleb

Coronavirus, lits de réanimation et respirateurs artificiels

Le ministre, qui a évoqué un «prix raisonnable pour le Maroc» qui ne «risque plus la pénurie», pour ces tests, a rappelé que le royaume produit aussi des kits de prélèvement, ayant connu une pénurie à l’échelle internationale. «Nous avons commencé à en fabriquer et ces kits sont utilisés aujourd’hui sur le terrain», a-t-il noté.

Sur la capacité et infrastructure hospitalière du Maroc face à cette crise, il a reconnu que «l’hôpital de campagne de Casablanca a connu un retard». «Il est aujourd’hui équipé de moyens de réanimation si besoin est», a-t-il fait savoir. D’ailleurs sur le volet relatif à la capacité litière, Ait Taleb a assuré que le Maroc dispose de «1 833 lits dédiés dont 280 lits occupés» actuellement, notant que la valeur d’alerte est de 65% de taux d'occupation.

«Nous avons une létalité de 1,8%, qui est basse. Il est vrai que le nombre de cas positifs inquiète mais pas ceux des décès et de cas graves», a-t-il assuré. «Toutefois, on ne peut pas connaitre l’ampleur d’une deuxième vague et en cas de deuxième flambée, les pays seront dépassés rapidement, y compris le Maroc», a-t-il tempéré.  

Interrogé sur les respirateurs artificiels 100% marocains, le ministre de la Santé a estimé que leur utilisation dans les hôpitaux du royaume «demande du temps et plusieurs étapes, comme les essais cliniques sur les animaux, puis sur l’humain, les tests de solidité et de sécurité,…». «On ne peut pas concevoir un respirateur rapidement et le mettre en utilisation ; il faudra le sécuriser et vérifier sa longévité», a-t-il expliqué. Et d’assurer que le ministère accompagne les concepteurs de cette machine, pour que produit «soit validé, enregistré et obtienne l’autorisation».

Coronavirus, Chloroquine et vaccins

Khalid Ait Taleb est aussi revenu sur le protocole de traitement mis en place par le Maroc et l’utilisation de la Chloroquine qui a «fait ses preuves», selon lui. «Il y a des essais et au vu de certains, elle a une certaine efficacité contre l’entrée du virus dans la cellule et permet tout au début de diminuer la charge virale et la contagion», a-t-il assuré. Et d’ajouter, plus loin, que la chloroquine «permet de réduire la charge virale à partir du 5ème jour et rendre le malade non contagieux».

«Nous avons des résultats probants et satisfaisants et je ne pense pas qu’on va se désister juste sur la base que l’OMS a suspendu les essais cliniques», se justifie-t-il, avant de rappeler que «chaque pays à sa souveraineté» et que «c’est au médecin de dire s’il traite ou pas» avec cette molécule.

Des explications qui permettront à Ait Taleb de passer ensuite au sujet des vaccins, rappelant que le Maroc a fait ce choix de signer avec un laboratoire anglo-suédois et un autre chinois. «C’est la première fois dans l’histoire du Maroc qu’on fait des essais cliniques vaccinaux. Ce processus permet un transfert d’expertise, (…) d’avoir le cœur net sur l’innocuité et l’efficacité du produit (…) et de renter dans un partenariat durable», a-t-il ajouté.

«Parce qu’il ne faut pas mettre les œufs dans le même panier, nous avons choisi plusieurs fournisseurs, car la capacité ne sera pas suffisante pour fournir tous les pays. Ce sont des efforts qui sont faits conformément aux orientations royales : le citoyen est au centre de l’intérêt et il faut qu’il en bénéficie en premier.»

Khalid Ait Taleb

Et de rappeler que «la grande question est quelle sera la durée de protection et on ne le sait pas». «Personne ne peut répondre car on n’a pas assez de recul et chacun essaye de se trouver une solution face à cette grande incertitude que nous vivons à l’échelle planétaire», enchaîne-t-il.

«Le Maroc fait pour le mieux avec ses moyens. Les résultats sont intéressants mais nous comptons sur les Marocains, car nous, seuls, ne pouvons rien faire», conclut-il.

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