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France : Youssef, un héros pris pour le deuxième suspect de l’attaque de Paris

Publié
Intervention de la police devant les anciens locaux de Charlie Hebdo / Ph. Thibault Camus - AP
Temps de lecture: 2'

Mis en garde à vue après l’attaque au couteau qui a fait deux blessés vendredi à Paris, Youssef (nom d’emprunt), considéré pendant quelques heures comme le deuxième suspect, a fini par être mis hors de cause, vendredi soir. Pour son avocate, Me Lucie Simon, il a plutôt eu «un comportement héroïque». Cité par l’AFP, le jeune homme dit avoir voulu «être un héros», mais s’est «retrouvé derrière les barreaux», peu après les faits intervenus devant les anciens locaux de Charlie Hebdo.

«J’étais en train d’entrer dans ma voiture, quand j’ai entendu les cris d’une femme. Je regarde dans mon rétroviseur pour voir ce qui se passe, puis je sors de ma voiture et j’entends cette fois un homme qui crie : «Non, non, non !» A ce moment-là, je vois un mec suspect qui court en direction du métro Richard-Lenoir, je suis parti directement pour le suivre», a raconté Youssef au journal Le Monde, après une dizaine d’heures de garde à vue.

«Mon client, qui a fait cela plusieurs fois dans sa vie, se met à lui courir après pour l’arrêter. Il se dit qu’il a dû agresser une femme, sans se douter du caractère terroriste de l’affaire», poursuit son avocate. «Il descend en trombe ans le métro, il voit que (le principal suspect) est sur l’autre quai, il crie ‘qu’est-ce que t’as fait ?’. L’assaillant le pointe avec un cutter et rentre dans le métro. Mon client arrête de le poursuivre parce qu’il est menacé», a-t-elle déclaré.

L’AFP rappelle que l’homme, âgé de 33 ans, de nationalité algérienne et présent depuis moins de dix ans en France, s’est «ensuite présenté aux policiers pour témoigner. Il a été placé en garde à vue», avec une interpellation type affaires de terrorisme : menottes, yeux bandés, ajoute son avocate.

«On traite un jeune homme au comportement héroïque comme un terroriste, on le cagoule, on le menotte.»

Me Lucie Simon

Selon l'avocate, les enquêteurs «avaient déjà tous les éléments», pour ne pas placer en garde à vue le jeune homme. «Ils avaient les vidéos de mon client, qui avait aussi croisé un policier avant d’être interpellé, à qui il avait donné la direction du suspect», a fustigé Me Simon.

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