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Croissance du PIB au Maroc : Lahlimi contredit le wali de Bank Al Maghrib

Les prévisions de la croissance en 2012 sont au cœur d’une controverse. Officiellement, le gouvernement Benkirane maintient toujours ses 4,2%, bien que le ministre des Finances, Nizar Baraka, plus réaliste, opte pour un 3%. Il l’a fait d’ailleurs savoir lors de la dernière rencontre entre patrons français et marocains. En revanche, Ahmed Lahlimi, le Haut commissaire au plan, ne semble guère affecté par la mauvaise année agricole qui se précise de plus en plus.

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Vendredi, devant la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, le patron du HCP a réitéré ses prévisions en croissance de 4,1% cette année. Son argument : une possible «amélioration des activités non agricoles qui vont atteindre ainsi un taux de 5,2%». Les estimations de Lahlimi semblent bien être accueillies par le cabinet Benkirane, ce qui est normal puisqu’elles donnent du «crédit» à ses pronostics. Nous assistons à l’inverse de ce qui s’est passé avec le Wali de Bank Al Maghrib. Abdellatif Jouahri avançait, quelques jours  auparavant, que la croissance ne pourrait guère dépasser les 3%. Une baisse justifiée par «la matérialisation des risques qui pèsent sur la performance du secteur agricole, ainsi que l'affaiblissement anticipé de l'activité dans les pays partenaires, devrait en effet ramener la croissance à moins de 3% pour le PIB global et entre 3% et 4% pour sa composante non agricole».

Les importations des céréales en hausse

Le contexte mondial accorde une crédibilité aux prévisions du Wali de Bank Al Maghrib. Les prix alimentaires ne cessent d’augmenter sur le marché, «tirés à la hausse par l’augmentation du cours des céréales et des huiles végétales» alerte un récent communiqué de la FAO ( Organisation mondiale de l’Alimentation). La baisse de la production mondiale du blé de 1,4% par rapport à 2011 aggrave davantage cette situation. Le Maroc est affecté directement par ces prévisions.  Avec une bonne année agricole en 2011, «les importations marocaines de céréales ont connu une hausse de plus de 16% par rapport à 2010 en s’élevant à 3,77 millions de tonnes», annonce une note, datant de mars, de l’Office marocain de changes. Des approvisionnements qui ont coûté une facture de près de 11 milliards de dirhams. Que dire alors de cette année durant laquelle les précipitations se sont faites rares ?

Dans ce contexte morose, L’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) continue ses importations de céréales. Depuis le début de la campagne de commercialisation 2011/2012, Cet organisme a acquis quelque 36 millions de quintaux constitués à 46% par le blé tendre, 35% par le maïs, 12% par le blé dur et 7% par l’orge. Une tendance appelée à la hausse. Preuve en est, la dernière opération datant d’aujourd’hui, avec l’achat de 74 500 tonnes d'orge, destinées aux éleveurs.

Pétrole, oubliez les 75 dollars

Le cours du pétrole augmente. A la bourse de Londres, le baril de Brent s’est échangé, aujourd’hui, à 123,91 dollars. Le projet de loi de finance de cette année, en cours d’examen à la Chambre des représentants, est calculé sur la base d’un baril de 75 dollars. Un fossé de plus en plus profond sépare, désormais, la réalité du marché de l’estimation du gouvernement. La Caisse de compensation pourrait accuser le coup ? Sa situation alarmante ne semble guère inquiéter, outre mesure, l’équipe Benkirane. Les augmentations des cours des céréales et du pétrole ne soutirent pas de commentaires des ministres, occupés dans des querelles intestines.

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