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Covid-19: Des députés contestent la «légalité» des marchés publics, défendue par Ait Taleb

Cet après-midi à la Chambre des représentants, le ministre de la Santé a tenté de défendre la «légalité des marchés» conclus par son département entre le 16 mars et le 30 août. Une défense qui n’a pas convaincu des députés. Une parlementaire de l’USFP a même demandé la démission de Khalid Ait Taleb.

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Khalid Ait Taleb, ministre marocain de la Santé / DR.
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Comme prévu, le ministre de la Santé s’est exprimé, ce jeudi 17 septembre, devant la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants. Les achats effectués, sans appels d’offres, par son département durant la phase du confinement strict a largement volé la vedette à l’évolution inquiétante de la situation épidémiologique au Maroc.

Face aux députés, Khalid Ait Taleb a défendu la «légalité» de toutes les acquisitions réalisées par ses services, arguant qu’une commission technique a veillé au respect de la loi en vigueur. «Tous ces contrats ont fait l’objet de négociations par les membres de la commission technique, sanctionnées par des procèq verbaux», a expliqué le ministre. Et de souligner que l’autorisation accordée à son ministère, conformément au décret n°2.20.270, publié au Bulletin officiel du 16 mars, s’inscrivait dans un «contexte exceptionnel qui dicte naturellement de prendre des mesures exceptionnelles».

Ait Taleb a estimé que l’autorisation spéciale pour conclure des marchés sans passer par la traditionnelle procédure des appels d’offres a permis d’une part au ministère de «gagner du temps dans une conjoncture exceptionnelle», rappelant que «75 à 80 jours» sont nécessaires pour l’examen des offres, et d’autre part «d’économiser jusqu’à 20% des coûts de ces marchés».

Les députés contestent la version du ministre

Khalid Ait Taleb a également défendu son département en indiquant que ses services ont conclu «247 contrats avec 98 sociétés» entre le 16 mars et le 30 août, date de la fermeture de la parenthèse lors de la réunion du conseil du gouvernement.

«Il n’y a pas de monopole», a-t-il également martelé. Il a abordé la polémique concernant la société ayant remporté le marché des tests sérologiques, révélant que son département a «reçu deux offres à ce propos». «Une commission technique les a examinées et en a sélectionné une. Le coût global de ce contrat est de 212 millions de dirhams et non pas 412 millions, comme cela a été véhiculé», a-t-il expliqué.

Aït Taleb a même estimé que «le coût d’un seul test sérologique au Maroc, 99 DH, est inférieur à ce qui prévaut ailleurs». Une affirmation immédiatement contestée par le député du RNI, Noureddine Lazrak, par ailleur médecin. Celui-ci a donné des exemples de prix de ces tests en vigueur en France et aux Pays-Bas. Une position partagée également par les parlementaires de l’Istiqlal et du Mouvement populaire.

Les explications du ministre technocrate n’ont pas convaincu certains députés. Le représentant du groupe PJD a demandé, avec diplomatie, de soumettre «les contrats négociés à des audits menés par le ministère de la Santé ou les experts de la Cour des comptes». Le PAM a placé la barre un peu plus haut, sollicitant «qu’un organisme indépendant effectue une enquête sur tous les marchés».

Pour sa part, une députée de l’USFP a balayé d’un revers de la main les explications du ministre. Ibtissam Maras a exigé de Khalid Ait Taleb de fournir des documents appuyant ses affirmations. La députée a même invité le ministre de la Santé à présenter sa démission «pour sa mauvaise gestion» du dossier.

Les groupes de députés, de la majorité comme de l'opposition, ont sollicité la constitution d’une commission temporaire pour examiner le secteur.

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